Phonétique | Voilà! Más que francés

Artículos sobre Phonétique

Comment bien prononcer les mots avec un tréma

Le moins connu des accents utilisés en français est certainement le tréma. À quoi sert-il et quelle est la prononciation correcte des mots qui en ont un ?

En français, cet accent est un signe orthographique constitué de deux points juxtaposés que l’on place sur certaines voyelles : e, i, o, u, y. Il indique que la voyelle accentuée ne doit pas former un digramme et qu’elle doit donc être séparée de la voyelle précédente ou suivante dans le découpage syllabique.

Vous savez, par exemple, qu’en français le digramme –ai– se lit « è » ; nous le retrouvons très fréquemment, notamment dans les désinences de l’imparfait aux première, deuxième et troisième personne du singulier ainsi qu’à la troisième personne du pluriel :

Je jouais, tu jouais, il jouait, ils jouaient.

Si le i supporte un tréma, il ne peut plus s’associer avec le a qui le précède pour former le phonème « è », c’est le cas du mot « dadaïsme » : [da/da/ism]. De la même façon, dans « héroïsme », la graphie –oi– ne pourra pas se lire « wa » mais o/i : [e/ro/ism].

Enfin, il est à noter que depuis les rectifications orthographiques de 1990, les mots qui se terminent par la syllabe –gu– prononcée distinctement et suivie d’un e ou d’un i prennent un tréma sur le u : aiguë, ambiguë, ambiguïté, contiguë, exiguë, exiguïté.

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Comment prononcer la graphie oi en français

Quelle est la prononciation correcte de la graphie oi ? le e latin est d’abord devenu, en Gaule, ei. Par exemple, me est logiquement devenu mei. Au début du XIIème siècle, cette diphtongue s’est de nouveau transformée en oi et mei s’est donc écrit moi. C’est d’ailleurs l’orthographe actuelle du français.

Mais si la graphie s’est figée voilà déjà un millénaire, la langue parlée a continué d’évoluer et l’orthographe n’a plus correspondu à la phonétique. À la fin du XIIème siècle oi s’est prononcée « oé » puis « oè ». Si vous allez au Québec, c’est d’ailleurs comme ça qu’on prononce.

À la fin du XVème siècle, le peuple de Paris commence à prononcer « wa » ; cette prononciation se répand bientôt à tout le pays et à la Révolution seuls les aristocrates continuent à prononcer « oè ». Plus tard, un célèbre épisode de l’histoire de France montre à quel point la prononciation « wa » était devenue majoritaire. À la Restauration, en 1814, on raconte que, lors de sa montée sur le trône, Louis XVIII aurait prononcé : « Le Roè, c’est moè », ce qui lui aurait valu bon nombre de railleries.

Mais attention ! à la même époque, oi, dans certains mots, commence à se prononcer non pas « wa » mais « è ». On a alors changé la graphie pour ai. C’est pour cette raison, par exemple, qu’il existe le mot français et le prénom François : le premier, à l’inverse du second, a subi la réforme de l’orthographe, ils se prononcent différemment mais sont d’origine commune.

Bref, depuis cette époque, aucun autre changement de prononciation n’est venu changé le cours des choses, et voilà pourquoi la graphie oi se prononce encore aujourd’hui « wa » !

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Liaison et déformations orales incorrectes en français

La détestation de l’hiatus expliquent bon nombre d’« exceptions » grammaticales (généralement incompréhensibles des étudiants de Français Langue Étrangère). Elle est également la raison d’être de la règle de la liaison. Sans entrer dans les détails (certaines liaisons sont obligatoires, d’autres sont facultatives, les dernières sont interdites), la raison même de la liaison est d’éviter l’hiatus. Dans « Un ami », si nous ne faisions pas la liaison (liaison obligatoire en ce cas), nous prononcerions la voyelle nasale « un » suivie de la voyelle a ; afin de l’éviter, les Français font la liaison et disent : un/na/mi

Éviter l’hiatus explique aussi certaines déformations orales, qui, bien qu’incorrectes, n’en sont pas moins fréquentes dans le discours spontané et familier :

  • En principe, Qu’ est la version du pronom relatif ou interrogatif Que devant voyelle : C’est ce que je dis / C’est ce qu’il fait / Qu’est-il arrivé ? ; mais Qu’ devient aussi, à l’oral, la version du pronom relatif Qui devant un mot commençant par voyelle : « L’homme qui est arrivé hier » se transforme à l’oral en « L’homme qu’est arrivé hier ».
  • De la même façon, Tu devient T’ devant voyelle : « Tu es arrivé hier ? » / « T’es arrivé hier ? ».

Bien évidemment, il existe de nombreux cas où l’hiatus ne disparaît pas (on ne peut tout de même pas multiplier les « trucs » pour l’éviter !), comme dans « Il a eu » ou « Ça a été impossible ». Les Français, qui préfèrent prononcer des syllabes constituées d’une consonne et d’une voyelle (ce qui représente à leurs yeux une régularité équilibrée et harmonieuse), sont même obligés, alors, d’articuler des syllabes se réduisant à une voyelle : « Il a eu » = i-la-eu (c’est à dire voyelle/consonne+voyelle/voyelle).

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La grammaire française expliquée par la phonétique

Comme toutes les grammaires des langues romanes, la grammaire française est « compliquée », c’est entendu. Mais certains petits trucs peuvent vous aider dans votre apprentissage. Ne pas comprendre à quel point les Français détestent l’hiatus, c’est à dire la succession de deux voyellesappartenant à des syllabes différentes, est se condamner à ne pas comprendre une multitude de « bizarreries ». Car les Français sont très inventifs quand il s’agit d’éviter cet hiatus si désagréable à leurs oreilles. Disons simplement que le principe récurrent est d’intercaler une consonne entre les deux voyelles en question.

Cette détestation de l’hiatus explique donc certaines exceptions grammaticales :

  • L’adjectif démonstratif masculin singulier Ce se transforme en Cet devant un mot commençant par voyelle : Ce stylo / Cet ami
  • L’adjectif possessif féminin à la troisième personne du singulier Sa se transforme en Son devant une voyelle : Sa participation / Son offre
  • Les articles Le et La deviennent L’ devant un mot commençant par voyelle : Le manteau / L’ordinateur et La chaussure / L’école
  • Les pronoms personnels Le et La deviennent également L’ devant un verbe commençant par voyelle : Il l’a reconnue immédiatement / Nous l’écoutons avec attention
  • Certains adjectifs sont transformés : par exemple, beau devient bel et vieux change en vieil : Beau bâtiment / Bel édifice et Beau cheval / Bel homme
  • L’ajout d’un « t » de liaison dans certaines inversions sujet-verbe pour l’interrogation (quand le verbe termine par une voyelle et que le pronom commence lui aussi par une voyelle) : Reviendra-t-il ? A-t-il chanté ?

Parfois, le français ne multiplie donc pas les exceptions grammaticales par pur plaisir (ou par pur malice !).

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L’utilisation des sigles et abréviations en français

Les Français adorent utiliser les abréviations et les sigles, tout simplement pour aller plus vite quand ils parlent (pour la même raison, ils éliminent généralement le e caduc). Les mots longs de plus de trois syllabes sont donc aussi souvent que possible impitoyablement écourtés.

Parlons des sigles. La technique consiste à former un mot à partir de lettres initiales. On prononce chaque lettre l’une après l’autre, sur la même base que la phonétique de l’alphabet. Quand on les écrit, en principe on doit placer un point après chaque lettre mais on a de moins en moins tendance à le faire, comme si, justement, le sigle devenait un mot à part entière.

Dans le domaine du lexique lié au français commercial, vous trouverez donc : PDG (Président Directeur Général), un travail en CDI (Contrat à Durée Indéterminée) ou en CDD (Contrat à Durée Déterminée), le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), DRH (Directeur des Ressources Humaines), etc.

L’abréviation se fait par la troncation du début ou de la fin du mot. Le plus souvent, on élimine lesdernières syllabes du mot (apocope) : compta (comptabilité), bac (baccalauréat), Bon app ! (Bon appétit !), la pub (publicité), À plus ! (À plus tard), aprem (après-midi), etc. Parfois, on élimine les premières syllabes (aphérèse) : en langage parlé et relâché, bonsoir devient « ‘soir », américain devient « ricain », etc.

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Bien prononcer b, v et z

Beaucoup d’étudiants hispanophones ont des difficultés à bien reproduire certains phonèmes du français. Il existe pourtant quelques « trucs » relativement simples pour en faciliter la prononciation. Prenons le cas de [b], [v] et [z]. Le [b], orthographié b, est un son beaucoup plus dur et percutant que ce que les hispanophones produisent généralement. Pour mieux le prononcer, il faut simplement tenter, dans un premier temps, de le placer en début de séquence, voyez plutôt :

Bouteille, Bravo, Barbe, Bis

De manière générale, vous devrez employer un surcroît d’énergie pour améliorer votre prononciation (comme si vous étiez tendu).

J’ai beaucoup bu d’eau au bar.

Il est difficile voire impossible de bien parler arabe.

Pour mieux reproduire [v], orthographié v, et [z], orthographié z ou s (quand il est intervocalique), c’est exactement le contraire ! Il est plus facile de prononcer ces deux phonèmes lorsqu’ils sont en position finale. Voyez plutôt :

Rêve, Mauve, Treize, Chose

Vous devrez donc diminuer l’énergie employée (comme si vous étiez soudainement fatigué) pour produire ces deux phonèmes afin d’améliorer votre prononciation.

Les enfants vont en vélo à Zanzibar.

Je vois que vous hésitez.

Résumons : beaucoup d’énergie pour le [b], une grosse fatigue pour [v] et [z] !

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Atelier de formation en phonétique verbo-tonale

Comme chaque année, notre équipe de professeurs a suivi une formation continue en phonétique verbo-tonale avec notre coordinateur pédagogique Philippe Mijon. Cette méthode, née dans les années 50 et d’abord destinée aux malentendants a ensuite été déclinée pour les étudiants de français langue étrangère. Elle part du principe que l’étudiant prononce mal car il entend mal : la méthode se centre donc sur l’étudiant et ses erreurs. Elle s’attache à donner la priorité à la prosodie, c’est-à-dire principalement au rythme et à l’intonation. Pour corriger les erreurs phonétiques de l’étudiant, elle dispose d’une multitude d’instruments qui permettront au verbo-tonaliste de proposer une « optimale de correction ». Cette optimale a pour objectif de mieux faire percevoir à l’étudiant la matière sonore pour, in fine, améliorer sa prononciation.

Durant toute l’année, toute notre équipe de professeurs s’est donc régulièrement réunie pour des séances de formation afin d’appréhender les techniques de la méthode verbo-tonale. Mais, pour être acquise, cette méthode doit également être mise en pratique. Cela a donc été l’objet de notre premier atelier au mois de juin. Il sera suivi d’autres ateliers pratiques durant toute l’année 2019-2020. Merci à nos étudiants qui ont bien voulu se prêter au jeu pour que nos professeurs complètent ainsi leur formation !

Comme chaque année à cette époque, le blog de VOILÀ part en vacances. Nos cours, eux, se poursuivent durant tout le mois de juillet. Bon été à tous !

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Comment prononcer la graphie -QU- en français ?

Mais comment prononcer la graphie –qu-en français : [k] ou [kw] ? Beaucoup d’étudiants hispanophones et catalanophones hésitent couramment. Disons simplement que dans l’immense majorité des cas, cette graphie se prononce [k] : quand, qui, quoi. Attention : dans ce dernier cas, vous entendez bien [kw] mais c’est à cause de la graphie –oi-  !

Ça, c’est pour la statistique ! Mais, en réalité, lorsque le mot est encore perçu comme un emprunt à une langue étrangère (c’est à dire, ici, au latin), les Français veulent respecter les règles de prononciation de cette langue. Pour le cas qui nous occupe aujourd’hui, si le mot qui contient la graphie –qu- leur semble encore être un mot savant emprunté au latin, les Français prononceront [kw]. Voyez par exemple les mots composés en aqua (« eau » en latin) : aquarelle, aquaculture, aquagym, etc.

Mais ce serait encore trop simple ! Les Français eux-mêmes semblent hésiter entre deux prononciations : cette hésitation est d’ailleurs signe que le mot s’intègre peu à peu dans la langue et ne se perçoit presque plus comme un emprunt. Prenons le mot quadruple : vous entendrez certains Français prononcer [k] mais d’autres diront [kwa] !

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Emplois du pronom personnel ON

En français, le pronom on est très utilisé et il est important d’en connaître la signification. Il remplace très souvent le pronom nous :

Cet été, on ira en Estrémadure = cet été, nous irons en Estrémadure.

Attention ! il faut distinguer la signification du pronom on de son modèle de conjugaison : si on signifie généralement nous, le verbe qui le suit est conjugué à la troisième personne du singulier et non à la première du pluriel.

Vous ne pourrez donc surtout pas dire :

Cet été, on irons en Estrémadure.

On peut aussi être un pronom indéfini utile pour exprimer des généralités :

On mange bien dans ce restaurant (c’est à dire : tout le monde mange bien dans ce restaurant).

Et l’inconnu :

On frappe à la porte (qui ? je ne sais pas.)

Doit-on dire on ou l’on ? La présence de l’article l’devant on n’a rien d’obligatoire et elle est plus fréquente dans l’usage soutenu que dans le registre courant. Il s’agit d’une trace de l’ancien français : on était à l’origine un nom, qui signifiait « homme» et on le faisait précéder, tout comme les autres noms, de l’article. Mais l’on est aussi très utile pour éviter l’hiatus, que les Français détestent, comme nous l’avons vu dans un précédent post :

« Si l’on veut » équivaut à « Si on veut », mais est plus « agréable » aux oreilles françaises !

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E caduc en français et assimilation régressive

Aujourd’hui, un sujet un peu technique et donc un peu délicat ! On distingue en phonétique deux types de consonnes : les sonores, qu’on produit en utilisant les cordes vocales, et les sourdes, pour lesquelles nous n’utilisons pas les cordes vocales. En général, à chaque consonne sourde correspond une version sonore et inversement.

Consonne sonore Consonne sourde
B (Banane)

D (Danemark)

V (Vous)

Z (Zanzibar)

J (Janvier)

G (Galapagos)

P (Patate)

T (Toronto)

F (France)

S (Suisse)

CH (Chanter)

K (Cameroun)

En français, il est fréquent que disparaisse à l’oral le e dit caduc ou muet (sauf dans le sud de la France) ; cette disparition met alors en contact deux consonnes.

Ex. : « Je peux » est prononcé « j’peux » ; « je veux » : « j’veux »

Mais, il est impossible de prononcer une consonne sonore suivie d’une consonne sourde ou une consonne sourde suivie d’une consonne sonore : deux consonnes de nature différente ne peuvent pas être prononcées à la suite. Il est donc nécessaire de modifier la nature d’une des deux consonnes : en français, c’est généralement la deuxième qui influence la première et qui lui donne sa nature.

  • Dans « j’peux », « j » est sonore et « p » est sourd ; il faut donc faire une modification. Le « p » va donner sa nature au « j », c’est à dire que nous devons prononcer la version sourde de « j », qui est « ch ». Phonétiquement, « j’peux » sera donc « chpeux».
  • Dans « j’veux», « j » est sonore et « v » l’est aussi. Il n’y a donc aucun problème, les deux consonnes peuvent se prononcer à la suite sans aucune modification.

 

 

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