Manière de dire | Voilà! Más que francés

Artículos sobre Manière de dire

Caractéristiques de l’accent suisse en français

Peut-être avez-vous déjà écouté parler un Suisse romand. Peut-être avez-vous aussi alors détecté un accent. Quelles sont donc les particularités de l’accent suisse ?

La première a trait à la conservation de certains archaïsmes : des prononciations aujourd’hui disparues pour la plupart des locuteurs contemporains sont toujours en vigueur en Suisse. Par exemple, un Suisse prononcera maux [mo] et mots [mɔ] (alors que le reste des locuteurs francophones prononcent les deux mots de la même façon : [mo]) ; de même, si aujourd’hui patte et pâte se prononcent [pAt], en Suisse, on continue à prononcer [pAt] et [pat].

La deuxième particularité de l’accent suisse relève de son débit : les Suisses sont en effet les locuteurs francophones qui parlent le plus lentement. D’après une étude réalisée par Sandra Schwab et Isabelle Racine en 2012 (Université de Genève), les Suisses parlent 6% moins vite que les Parisiens et jusqu’à 20% moins vite dans certains cas. Cette caractéristique du parler suisse fait donc qu’il vous sera plus facile de comprendre votre interlocuteur et peut-être la Suisse est-elle un lieu à privilégier pour vos premiers séjours linguistiques.

La troisième caractéristique a également trait à la prosodie et s’appelle la proéminence pénultième. C’est le fait le plus marquant de l’accent suisse. Comme vous le savez, l’accent tonique du français est systématiquement placé sur la dernière syllabe du groupe rythmique. Les Suisses, en revanche, ont tendance à placer cet accent sur l’avant-dernière syllabe du groupe. Vous trouverez dans cette vidéo quelques exemples comme « C’est la première chose qu’il FAUT dire » et « Il était marié avec une VAUdoise ».

Nous vous souhaitons d’excellentes fêtes de fin d’année !

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Comment bien prononcer les mots avec un tréma

Le moins connu des accents utilisés en français est certainement le tréma. À quoi sert-il et quelle est la prononciation correcte des mots qui en ont un ?

En français, cet accent est un signe orthographique constitué de deux points juxtaposés que l’on place sur certaines voyelles : e, i, o, u, y. Il indique que la voyelle accentuée ne doit pas former un digramme et qu’elle doit donc être séparée de la voyelle précédente ou suivante dans le découpage syllabique.

Vous savez, par exemple, qu’en français le digramme –ai– se lit « è » ; nous le retrouvons très fréquemment, notamment dans les désinences de l’imparfait aux première, deuxième et troisième personne du singulier ainsi qu’à la troisième personne du pluriel :

Je jouais, tu jouais, il jouait, ils jouaient.

Si le i supporte un tréma, il ne peut plus s’associer avec le a qui le précède pour former le phonème « è », c’est le cas du mot « dadaïsme » : [da/da/ism]. De la même façon, dans « héroïsme », la graphie –oi– ne pourra pas se lire « wa » mais o/i : [e/ro/ism].

Enfin, il est à noter que depuis les rectifications orthographiques de 1990, les mots qui se terminent par la syllabe –gu– prononcée distinctement et suivie d’un e ou d’un i prennent un tréma sur le u : aiguë, ambiguë, ambiguïté, contiguë, exiguë, exiguïté.

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Cause négative ou positive : comment l’exprimer en français

Selon que le locuteur jugera une cause négative, positive ou au contraire qu’il refuse de prendre parti, il pourra utiliser des connecteurs différents à cause de, grâce à, et en raison de.  À cause de introduit une cause négative :

Les vols à destination de Paris sont annulés à cause de la neige.

Grâce à, à l’inverse, présente une cause jugée positive :

Si j’ai réussi à obtenir ce travail, je peux dire que c’est grâce à toi.

En raison de permet au locuteur de ne pas se positionner et de présenter la cause de manière neutre ; le présentateur du journal télévisé dira donc :

Aujourd’hui, la circulation des trains de banlieue a été perturbée en raison de la grève des cheminots.

Dire « à cause de » signifierait qu’il prend parti et qu’il juge cette grève inutile, infondée, etc.

Ces trois expressions sont toutes suivies d’un substantif : *à cause de que*, *grâce à de que* et *en raison de que* ne sont pas corrects et ne peuvent donc pas être utilisés. Si vous ne connaissez pas le substantif correspondant au verbe, vous pouvez toujours passer par l’expression « le fait que » :

Il n’a pas pu la voir à cause de qu’elle est partie.

Il n’a pas pu la voir à cause du fait qu’elle est partie.

Attention à la locution dû à : beaucoup d’hispanophones et de catalanophones l’utilisent mal. Vous ne pouvez pas la placer en tête de phrase (traduction littérale de debido a). Dû à suit le verbe être :

Le retard des vols est dû à la neige.

Il vous faudra évidemment accorder le participe passé si nécessaire :

Les inondations sont dues au changement climatique.

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Amener, emmener, apporter, emporter : quelles différences ?

Beaucoup de francophones natifs se trompent sur l’emploi (et la signification) d’amener et d’apporter. Mais cela ne doit pas empêcher les étudiants de français langue étrangère de parler mieux qu’eux !

Le verbe amener est dérivé de mener et signifie « mener vers » ; grâce à lui, on précise un mouvement en insistant sur le point d’arrivée, la destination. Il est en principe suivi d’un complémentdésignant une personne ou un animal car on amène un être (personne ou animal) qui se déplace par lui-même et qu’on ne porte donc pas.

Quand il vient à la maison, il amène toujours son chien.

Apporter, au contraire, qui dérive du verbe porter, vient du latin apportare et signifie porter quelque chose à quelqu’un. Le complément d’apporter ne peut donc être qu’inanimé. Comme amener,apporter insiste sur le point d’arrivée.

Quand il vient à la maison, il apporte toujours une bouteille de vin.

Les formules « amener avec soi » et « apporter avec soi » sont tous deux des pléonasmes et partantincorrectes.

Reste maintenant à distinguer les verbes emmener et emporter, largement confondus également. Emmener signifie mener avec soi une personne, un animal en mettant l’accent sur le point de départ, sur le lieu que l’on quitte et dont on s’éloigne. De plus, emmener souligne qu’une fois arrivé à destination on reste avec la personne que l’on a emmenée. Logiquement, emporter signifie la même chose pour les objets inanimés.

Il m’emmène danser ce soir.

J’emporte mes papiers d’identité en sortant de la maison.

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Comment prononcer la graphie oi en français

Quelle est la prononciation correcte de la graphie oi ? le e latin est d’abord devenu, en Gaule, ei. Par exemple, me est logiquement devenu mei. Au début du XIIème siècle, cette diphtongue s’est de nouveau transformée en oi et mei s’est donc écrit moi. C’est d’ailleurs l’orthographe actuelle du français.

Mais si la graphie s’est figée voilà déjà un millénaire, la langue parlée a continué d’évoluer et l’orthographe n’a plus correspondu à la phonétique. À la fin du XIIème siècle oi s’est prononcée « oé » puis « oè ». Si vous allez au Québec, c’est d’ailleurs comme ça qu’on prononce.

À la fin du XVème siècle, le peuple de Paris commence à prononcer « wa » ; cette prononciation se répand bientôt à tout le pays et à la Révolution seuls les aristocrates continuent à prononcer « oè ». Plus tard, un célèbre épisode de l’histoire de France montre à quel point la prononciation « wa » était devenue majoritaire. À la Restauration, en 1814, on raconte que, lors de sa montée sur le trône, Louis XVIII aurait prononcé : « Le Roè, c’est moè », ce qui lui aurait valu bon nombre de railleries.

Mais attention ! à la même époque, oi, dans certains mots, commence à se prononcer non pas « wa » mais « è ». On a alors changé la graphie pour ai. C’est pour cette raison, par exemple, qu’il existe le mot français et le prénom François : le premier, à l’inverse du second, a subi la réforme de l’orthographe, ils se prononcent différemment mais sont d’origine commune.

Bref, depuis cette époque, aucun autre changement de prononciation n’est venu changé le cours des choses, et voilà pourquoi la graphie oi se prononce encore aujourd’hui « wa » !

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Liaison et déformations orales incorrectes en français

La détestation de l’hiatus expliquent bon nombre d’« exceptions » grammaticales (généralement incompréhensibles des étudiants de Français Langue Étrangère). Elle est également la raison d’être de la règle de la liaison. Sans entrer dans les détails (certaines liaisons sont obligatoires, d’autres sont facultatives, les dernières sont interdites), la raison même de la liaison est d’éviter l’hiatus. Dans « Un ami », si nous ne faisions pas la liaison (liaison obligatoire en ce cas), nous prononcerions la voyelle nasale « un » suivie de la voyelle a ; afin de l’éviter, les Français font la liaison et disent : un/na/mi

Éviter l’hiatus explique aussi certaines déformations orales, qui, bien qu’incorrectes, n’en sont pas moins fréquentes dans le discours spontané et familier :

  • En principe, Qu’ est la version du pronom relatif ou interrogatif Que devant voyelle : C’est ce que je dis / C’est ce qu’il fait / Qu’est-il arrivé ? ; mais Qu’ devient aussi, à l’oral, la version du pronom relatif Qui devant un mot commençant par voyelle : « L’homme qui est arrivé hier » se transforme à l’oral en « L’homme qu’est arrivé hier ».
  • De la même façon, Tu devient T’ devant voyelle : « Tu es arrivé hier ? » / « T’es arrivé hier ? ».

Bien évidemment, il existe de nombreux cas où l’hiatus ne disparaît pas (on ne peut tout de même pas multiplier les « trucs » pour l’éviter !), comme dans « Il a eu » ou « Ça a été impossible ». Les Français, qui préfèrent prononcer des syllabes constituées d’une consonne et d’une voyelle (ce qui représente à leurs yeux une régularité équilibrée et harmonieuse), sont même obligés, alors, d’articuler des syllabes se réduisant à une voyelle : « Il a eu » = i-la-eu (c’est à dire voyelle/consonne+voyelle/voyelle).

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Écrire facilement des mails simples en français

Beaucoup d’étudiants en français langue étrangère veulent avant tout pouvoir s’exprimer oralement. Beaucoup ont aussi besoin d’écrire de courts mails assez simples. C’est généralement une tache qui fait un peu peur car elle est délicate. Très proche de l’oral, ce type d’écriture (appelée « écriture numérique ») ne correspond pas simplement à l’adoption d’un style oral : elle constitue en quelque sorte un « entre-deux » entre écrit et oral. Un mail trop « oralisé » serait trop familier, un mail trop « écrit » serait ridicule.

Aussi est-il nécessaire de connaître les principales caractéristiques de ces écrits numériques :

  • l’usage prédominant du présent : c’est donc un temps verbal que vous devez maîtriser. Pas de chance, comme pour toutes les langues latines, en français, le présent est le temps verbal le plus compliqué !
  • la fréquence plus importante qu’à l’oral et qu’à l’écrit de pronoms de première personne. Vous pouvez donc consacrer votre effort de mémorisation, si le temps vous manque, sur la morphologie verbale de « Je » et « Nous » (évitez le « on », très utilisé à l’oral mais trop relâché pour un mail professionnel).
  • l’importance de l’utilisation des verbes modaux, c’est à dire pouvoir, vouloir, devoir.
  • les procédés de simplification d’écriture comme les abréviations et les sigles (RV signifie rendez-vous, dispo signifie disponible ou disponibilité).
  • l’écriture phonétique (cette écriture est cependant très familière, et vous devez vous assurer que vos relations avec votre correspondant vous la permettent).

Enfin, sachez que, actuellement, parmi les salutations finales les plus utilisées, vous avez : « À très vite », pour souligner le fait que vous restez en contact étroit avec votre interlocuteur et « Bien à vous », qui présente l’avantage de n’être ni trop formel ni excessivement familier.

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Ne pas confondre mieux et meilleur en français

Une erreur très fréquente des étudiants hispanophones en français langue étrangère est la confusion entre mieux et meilleur. Elle s’explique très simplement : on ne fait aucune différence entre ces deux mots en espagnol. Ainsi, mieux et meilleur se traduisent tous les deux par mejor.

En français, mieux est le comparatif (ou le superlatif) de l’adverbe bien ; meilleur est le comparatif (ou le superlatif) de l’adjectif bon. Si vous hésitez sur la forme à utiliser, le truc consiste donc à supprimer la comparaison pour retrouver la phrase initiale.

Par exemple, devez-vous dire : « Depuis quelques mois, il parle mieux » ou « Depuis quelques mois, il parle meilleur » ? Il suffit de vous rappeler qu’en l’absence de toute comparaison vous diriez : « Il parle bien » (et non *il parle bon*). La phrase correcte sera donc : « Depuis quelques mois, il parle mieux ». C’est sans doute un peu laborieux, mais au moins vous ne risquerez plus de vous tromper !

Il reste enfin à vous rappeler que, bon et meilleur étant des adjectifs, ils varieront en genre et en nombre : bon(ne)(s) et meilleur(e)(s).

Une bonne pizza et Les meilleures pizzas du quartier.

Toutefois, les prononciations de meilleur, meilleure, meilleurs et meilleures sont identiques !

Quant à mieux, étant donné que c’est adverbe, il est invariable et s’écrit toujours avec un x final.

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Parler de son travail : « Boîte » et « Taf »

Deux expressions familières sont très largement utilisées par les francophones pour parler de leurs activités professionnelles. Le mot « boîte », avec son accent circonflexe sur le i, est employé en français dès le XIIème siècle. Il dériverait du gallo-romain buxita, qui viendrait du latin buxus, le buis dont étaient faits certains coffrets et qui a donné l’équivalent anglais box (nous avons déjà vu que de nombreux mots anglais dérivent directement du français).

« Boîte » a d’abord désigné, dans divers argots, un lieu clos, où l’on est à l’étroit, enfermé (pensez que boîte sera aussi plus tard le synonyme de discothèque), mal à l’aise et… où, pour finir, on travaille. Le mot a donc fini par désigner communément une entreprise : « Je viens de changer de boîte », « Et ta boîte, ça va ? », etc. Important à savoir : en oral spontané, les Français préfèrent parler de boîte que d’entreprise !

Mais que fait-on dans une boîte ? On travaille, bien sûr. Mais, mieux encore, on « bosse » ou on « taffe » (les deux verbes sont synonymes et familiers). « Taffer » vient de « taf », synonyme familier de « travail » : « Et ton taf, ça va ? », « Désolé, je ne peux pas, j’ai trop de taf. » L’origine du mot « taf » est obscure : acronyme du « Travail À Faire » donné par les profs ? Mot descendant du vieil argot des voleurs, le taf désignant la part de butin, puis la récompense d’un travail ? Ne confondez pas le taf avec la taffe : cette dernière, également familière, désigne une bouffée de cigarette !

Évidemment, vous pourrez trouver ces deux mots dans la même phrase : « Dans ma nouvelle boîte, on taffe jamais le vendredi après-midi ! ».

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Molière à l’origine de locutions françaises

Nous fêtons cette année les 400 ans de la naissance de Molière ; non seulement ce génie a marqué l’histoire du théâtre mais il a aussi laissé de nombreuses expressions en français ; les Français les répètent d’ailleurs souvent, sans savoir qu’il en est l’auteur.

C’est le cas de « tarte à la crème ». Cette expression désigne un lieu commun, un cliché, une formule rebattue et vide de sens.

« La transition numérique c’est le sujet tarte à la crème qu’on nous sert matin, midi et soir, du magazine Management au journal télévisé de Jean-Pierre Pernot sur TF1 », décoche d’entrée Mathias Crouzet.

Son origine se trouve dans la pièce L’école des femmes. Un des personnages, Arnolphe, explique que la femme idéale doit être d’une si grande ignorance, qu’au jeu du corbillon (jeu où on devait répondre par des noms rimant en on), elle répondra « Une tarte à la crème » à la question « Qu’y met-on ? ».

Certains critiques trouvaient cette réplique trop prosaïque et ne convenait pas à une pièce de théâtre. Dans La critique de l’école des femmes, par provocation, Molière accumule les « tarte à la crème » dans les répliques de ses personnages et obtient ainsi un effet comique de répétition.

« Que diable allait-il faire dans cette galère ? » est devenue une expression courante. Elle signifie « Pourquoi s’est-il engagé dans une pareille entreprise ? ». Elle est tirée des Fourberies de Scapin (Molière l’a empruntée à un autre auteur mais c’est lui qui l’a rendue populaire). Léandre, fils de Géronte, a besoin d’argent, mais son père refuse. Son valet, Scapin, a l’idée d’un stratagème. Il fait croire à Géronte que Léandre est entré dans une galère turque et que, son commandant mettant ensuite les voiles, il a été enlevé. Léandre ne sera libéré que s’il paie 500 écus. Géronte s’exécute donc mais, à chaque fois, au moment de remettre la somme à Scapin, le voilà qui répète, désespéré de devoir se séparer de son argent : « Que diable allait-il faire dans cette galère ? ». Le comique, là encore, est de répétition.

Mais que diable est-il allé faire dans cette galère ? En disant cela je pense bien sûr à Thierry Henry. Il n’aurait sans doute jamais dû aller jouer au F.C. Barcelone, ou plutôt il aurait dû y aller plus tôt dans sa carrière. (Agora vox, Escatafal, 14/03/2008)

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