Les Français préfèrent les phrases à la forme négative

Les Français sont-ils toujours à voir le verre à moitié vide (au lieu de le voir à moitié plein) ? En tout cas, une chose est certaine : ils s’expriment en usant très souvent la négation, et pas seulement dans le milieu professionnel !

Pensez donc : au lieu du « c’est bon marché » que les étudiants en français langue étrangère utilisent toujours, les voilà qui disent : « c’est pas cher ! » Et pourtant, « c’est bon marché » est parfaitement correct. Pourquoi alors : « c’est pas cher » ? Mystère.

Sur le même modèle, vous entendrez : « c’est pas possible », « c’est pas vrai » pour « c’est incroyable », « c’est pas bon » pour « c’est incorrect », « c’est pas grave » pour tranquilliser quelqu’un et lui dire de ne pas s’inquiéter, « c’est pas dans mon budget » pour « c’est trop cher pour moi », « il est pas grand » au lieu de « il est petit », ou « c’est pas joli » quand on pourrait dire « c’est laid » (mais on les entend dire « c’est moche »). De même, quand les températures sont fraîches voire froides, « il fait froid » serait trop simple. Non, vous devrez bien entendu dire, comme eux : « il ne fait pas chaud » ! Cette manie de s’exprimer ainsi les pousse même parfois au paroxysme et à prononcer des phrases telles que « Ce n’est pas inexact » !

Pour vous qui apprenez le français, ça peut être un avantage : au lieu de mémoriser les couples antonymes du lexique, contentez-vous de retenir une version et utilisez la négation quand c’est nécessaire. Ce n’est pas compliqué !

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La bûche de Noël en France

À Noël, en France, la tradition veut que le repas se termine par un gâteau appelé « bûche ». Sa forme, comme son nom, évoque d’ailleurs le morceau de bois coupé qu’on met à brûler dans la cheminée. Ce n’est pourtant qu’au 19ème siècle que ce gâteau est né, et, alors que la population cessait progressivement de se chauffer au feu de bois, cette nouvelle pâtisserie nous rattachait à une tradition millénaire : faire brûler une belle bûche au moment de Noël. Cette tradition célébrant l’arrivée du solstice d’hiver est d’ailleurs largement partagée par de nombreux peuples. Par exemple, le « Caga Tió », en Catalogne et en Aragon, est une bûche décorée d’yeux, d’un nez et d’une bouche et coiffée d’une barretina. On le nourrit et le jour de Noël, les enfants lui donnent des coups de bâton en chantant dans l’espoir qu’il défèque des cadeaux (généralement des bonbons).

Le gâteau est traditionnellement réalisé à partir d’un biscuit génoise couvert de crème au beurre et décoré de feuilles de houx. Mais, aujourd’hui, beaucoup de pâtissiers réinventent la bûche et vous pourrez la trouver sous une multitude de formes.

Deux expressions avec le mot « bûche », qui n’ont rien à voir avec les traditions dont nous venons de parler :

Dormir comme une bûche: dormir très profondément.

(se) prendre une bûche (familier) : tomber.

Nous vous souhaitons d’excellentes fêtes de fin d’année !

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Dire « Bonjour » en France

En montant dans le bus, un Espagnol ne salue pas automatiquement le chauffeur d’un « Bonjour ! ». Il ne s’agit pas là de mépris ni d’un manque de respect, c’est la manière de faire, c’est culturel. L’Espagnol monte et va s’asseoir ; même s’il a demandé et payé son ticket, il est peu probable qu’il ait salué son interlocuteur au préalable.

Les Espagnols qui auront voyagé en France et se seront retrouvés dans la même situation auront certainement été surpris de la réaction du chauffeur dans pareille situation (réaction plus ou moins aimable d’ailleurs).

– Un ticket, s’il vous plaît !

– Bonjour Madame ! (Bonjour Monsieur !)

Et vous voilà obligé(e) de répondre à son salut avant qu’il ne reformule votre demande, ce qui donnera l’échange suivant :

– Un ticket, s’il vous plaît !

– Bonjour Madame ! (Bonjour Monsieur !)

– Bonjour Monsieur !

– Alors, vous m’avez dit un ticket, c’est ça ?

En France, le salut est indispensable à toute interaction verbale ; vous pourrez rarement en faire l’économie. Ne pas respecter cette habitude vous expose à initier une conversation, même très courte, dans de mauvaises conditions. Mais il existe des situations où, même sans aucun échange verbal, on attend de vous que vous saluiez l’autre.

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La réunion de travail en France

Une enquête de 2020 a montré qu’une large majorité des salariés français estiment que les réunions de travail ne sont pas productives. Ce sujet est d’autant plus sensible qu’ils passent en moyenne 4 heures par semaine en réunion (il a d’ailleurs été montré que plus l’entreprise est importante, plus les réunions sont nombreuses). Selon certains, des sociétés souffrent ainsi de « réunionite » aigüe.

Mais c’est oublier qu’en France la réunion est plus un lieu de débat que de décision. Voilà pourquoi, même s’il est en principe impoli d’interrompre un interlocuteur, cela reste relativement habitueldurant une réunion professionnelle. Chacun cherche avant tout à convaincre l’assemblée, à expliquer et à justifier chaque élément mentionné. Les questions sont nombreuses et les digressionspar rapport à l’ordre du jour sont fréquentes. De même, afin de faciliter le débat, il est généralement déconseillé de stopper les apartés entre collègues durant la réunion : ceux-ci ne discutent pas forcément de leurs prochaines vacances, ils échangent sans doute aussi des idées intéressantes sur le sujet en cours.

Les Français adoptent souvent un raisonnement déductif : ils s’appuient sur un contexte général pour arriver à des propositions particulières. Un discours structuré (où les connecteurs sont presque systématiquement exposés) vient appuyer ce raisonnement. On a également tendance à personnaliser les problèmes, ce qui peut renvoyer au second plan la recherche d’une solution.

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L’usage des connecteurs logiques

Les Français sont cartésiens, histoire et tradition obligent ; même s’ils sont aussi impulsifs, histoire et révolutions obligent aussi !

En tout cas, ils organisent leur pensée autour de liens logiques qu’ils verbalisent presque toujours : ce sont les fameux connecteurs logiques exprimant l’opposition, la concession, la cause, la conséquence, le but. Pour communiquer efficacement avec les Français dans leur langue, il convient non seulement de bien parler la langue mais aussi d’adopter au mieux leurs modes et schémas de pensée. Sinon, le risque est grand, au mieux qu’ils ne vous comprennent pas bien, au pire qu’ils se méfient d’un discours qui leur semblera être de l’amateurisme ou un bricolage plein d’approximations.

Leur pensée part toujours de ce que les choses devraient être et non de que qu’elles sont ; la théorie les intéresse parfois plus que la réalité, c’est ce qui les oppose au pragmatisme anglo-saxon (cette opposition est parfaitement illustrée par une blague anglaise : Un jour, on prouve à un Français que Dieu existe, ce à quoi le Français répond : « D’accord, il existe réellement, mais… en théorie ? »).

A chaque fois que c’est possible, semez donc votre discours en français de connecteurs logiques : votre interlocuteur vous en saura toujours gré.

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Resaluer en France

Si vous croisez une nouvelle fois un collègue que vous avez déjà salué à votre arrivée, que ferez-vous ? Les hispanophones, suivant leurs coutumes, ont tendance à resaluer d’un « Bonjour ! » C’est cependant incorrect : « Bonjour » ne peut être dit qu’une fois dans la journée. Un Français sera décontenancé si vous lui dites bonjour à chaque fois que vous le croisez !

Dans pareille situation, les anglophones, suivant encore leurs coutumes, croisent leur collègue sans un mot ni un regard : cela blessera le Français : « Pourquoi est-il si froid et que s’est-il passé depuis ce matin où il m’a chaleureusement salué ? »

Que faut-il donc faire ? En France, votre collègue cherchera votre regard ; quand le contact visuelest établi, chacun esquisse un sourire tout en hochant légèrement la tête. Personne ne s’arrête, rien n’est verbalisé, ce « contact » est très bref et il est inutile d’exagérer votre sourire. Il s’agit simplement de dire à l’autre qu’on l’a reconnu.

Il arrive cependant que les Français, en pareille occasion, se lancent un « Rebonjour ! ». « Re- » est le préfixe exprimant la répétition : recommencer, rejouer, etc. La formule est cependant familière et son mode plutôt humoristique (le sourire qui l’accompagne est donc plus franc que si vous choisissez le contact visuel pour resaluer une personne). Certains se contentent seulement d’un « Re ! », mais c’est encore plus familier. « Rebonsoir ! » est également possible. Enfin, cette salutation n’est pas exclusivement orale et vous pourrez l’utiliser dans vos mails (toujours avec des personnes dont vous êtes proche).

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Les affaires en français en Afrique de l’Ouest

Beaucoup de pays de l’Afrique de l’Ouest parlent français et vous pourrez y développer vos affairesdans cette langue. Il vous faudra vous adapter à la culture locale et bien intégrer ces différences interculturelles est indispensable.

Les Africains sont d’abord généralement beaucoup plus formalistes que les Français -n’oubliez pas que ces derniers sont déjà plus formalistes que les Méditerranéens ! Si un Français tolère facilement une approche informelle, c’est moins le cas pour un Africain. Ce formalisme se traduit dans la langue : le style est volontiers plus « écrit » voire livresque. Ainsi, dans le discours, la suppression de la première négation « ne » est moins fréquente : « Je ne pense pas que cela soit important » au lieu de « Je pense pas que cela soit important » ; le style familier et argotique est évacué.

Ce formalisme se traduit également dans le code vestimentaire, qui est plus strict. De manière générale, toute absence de formalisme est interprétée comme un manque de respect. Les sociétés africaines sont extrêmement hiérarchisées et associent plutôt âge et compétence.

À l’inverse des Français, les Africains recourent à une communication indirecte et implicite. Un « oui » n’est pas toujours un gage d’adhésion ni forcément l’assurance d’un début d’exécution d’une directive. De même, il n’est pas d’usage de manifester ouvertement son désaccord. Il est parfois nécessaire de bien décoder le message : certains problèmes, même graves, peuvent être communiqués à demi-mot et avec le sourire, ce qui peut prêter à confusion pour certains Occidentaux.

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Fréquence des connecteurs logiques en français

Même si, pourtant, du coup, quand même, donc, certes, orles francophones sèment naturellement leurs conversations d’un nombre impressionnant de connecteurs logiques. D’autres langues choisissent de les omettre carrément ou du moins n’en font pas un tel usage, qui peut sembler abusif. Peut-être est-ce là encore un héritage de la pensée de Descartes dont la plus célèbre phrase est, comme par hasard, « Je pense donc je suis ».

Tous les arguments d’un raisonnement s’enchaînent les uns les autres par une relation de cause à effet, d’opposition, de concession, de but. Pour les francophones, exprimer presque systématiquement toutes ces relations par un connecteur oblige le locuteur à une pensée méthodique et permet à l’auditeur de mieux suivre le raisonnement de l’autre.

Certains connecteurs permettent d’annoncer à l’avance le cheminement de sa pensée et créent des attentes chez l’auditeur. C’est par exemple le cas de certes, qui nécessite 3 étapes :

  1. Certes + affirmation
  2. Mais + objection à cette affirmation
  3. Donc + conséquence de cette objection

En commençant une phrase par certes, vous annoncez automatiquement les étapes 2 et 3 : votre interlocuteur voudra nécessairement savoir où vous voulez en venir. Avec un francophone, essayez d’utiliser certes en omettant les 2 dernières étapes. Vous remarquerez immédiatement une surprise mêlée d’incompréhension sur le visage de votre interlocuteur : il attend la suite de votre raisonnement !!

Plus le discours se veut démonstratif et formel (présentation de projets, analyse de résultats, etc.), plus les connecteurs sont proportionnellement nombreux. Savoir bien utiliser les connecteurs améliorera sensiblement votre communication avec les francophones.

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Interculturel : le poids du système éducatif

Pour mieux connaitre les caractéristiques culturelles et interactionnelles d’une communauté, il est absolument indispensable d’en connaitre le système éducatif et les valeurs qu’il véhicule indirectement. C’est en effet le système éducatif qui façonne en grande partie chez les individus la relation à l’autorité, le mode de communication, les attitudes en public ou la perception de soi. Cette méconnaissance est à l’origine de nombreuses incompréhensions interculturelles et pourtant : qui prend le temps de s’y intéresser vraiment ?

Quelles sont donc les caractéristiques du système éducatif français ? En résumant très brièvement, on pourrait dire qu’en France l’éducation a deux visées :

  • Développer l’indépendance et l’autonomie de chacun
  • Savoir exposer ses idées personnelles et pouvoir les défendre face à la contradiction

La première remarque qui s’impose est que le travail en équipe, savoir coopérer avec l’autre, négocier des buts et des moyens, n’est pas un objectif prioritaire du système éducatif français. La seconde est qu’un Français aura tendance à suivre des instructions, voire des ordres, uniquement à la condition de les comprendre et de les partager. L’impact de ces particularités sur la vie professionnelle est évident : l’autonomie puis l’esprit d’équipe, la Raison puis la hiérarchie.

Il vous faudra en tenir compte lorsque vous aurez à collaborer avec des Français si vous voulez que cela se passe au mieux !

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En France, comment remercier d’un service ?

Le pourboire est une somme d’argent versée à une personne en remerciement d’un service ou de la qualité de celui-ci : à l’origine, comme le mot lui-même l’indique parfaitement, c’était un verre qu’on offrait en remerciement d’un service rendu ou de l’argent pour s’offrir ce verre. Dans beaucoup de pays, cet usage se traduit par la même expression : en Allemagne, pourboire se dit trinkgeld, littéralement « argent pour boire », tout comme le mot portugais gorjeta. En général, on a oublié qu’en espagnol, la propina vient d’une ancienne coutume qui consistait à boire la moitié d’un verre après avoir trinqué à la santé de quelqu’un puis offrir à cette personne la fin du verre.

Mais dans les restaurants français, depuis longtemps, les prix s’entendent taxes et service compris (15 % environ du prix total). Voilà pourquoi les Français ne laissent généralement aucun pourboire ou alors très peu. Si vous voyagez en France, ne soyez donc pas gêner de ne rien laisser –évidemment, si vous êtes très satisfait du service, rien ne s’y oppose non plus. En revanche, dans certaines situations, il est encore d’usage de laisser un pourboire. Au théâtre, parfois, un panneau indique clairement que l’ouvreuse est rémunérée au pourboire (dans le cas contraire, ne donnez rien : l’ouvreuse est salariée). Vous pouvez toujours aussi arrondir à l’euro supérieur dans les taxis et avec les livreurs.

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