L’usage des connecteurs logiques

Les Français sont cartésiens, histoire et tradition obligent ; même s’ils sont aussi impulsifs, histoire et révolutions obligent aussi !

En tout cas, ils organisent leur pensée autour de liens logiques qu’ils verbalisent presque toujours : ce sont les fameux connecteurs logiques exprimant l’opposition, la concession, la cause, la conséquence, le but. Pour communiquer efficacement avec les Français dans leur langue, il convient non seulement de bien parler la langue mais aussi d’adopter au mieux leurs modes et schémas de pensée. Sinon, le risque est grand, au mieux qu’ils ne vous comprennent pas bien, au pire qu’ils se méfient d’un discours qui leur semblera être de l’amateurisme ou un bricolage plein d’approximations.

Leur pensée part toujours de ce que les choses devraient être et non de que qu’elles sont ; la théorie les intéresse parfois plus que la réalité, c’est ce qui les oppose au pragmatisme anglo-saxon (cette opposition est parfaitement illustrée par une blague anglaise : Un jour, on prouve à un Français que Dieu existe, ce à quoi le Français répond : « D’accord, il existe réellement, mais… en théorie ? »).

A chaque fois que c’est possible, semez donc votre discours en français de connecteurs logiques : votre interlocuteur vous en saura toujours gré.

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Resaluer en France

Si vous croisez une nouvelle fois un collègue que vous avez déjà salué à votre arrivée, que ferez-vous ? Les hispanophones, suivant leurs coutumes, ont tendance à resaluer d’un « Bonjour ! » C’est cependant incorrect : « Bonjour » ne peut être dit qu’une fois dans la journée. Un Français sera décontenancé si vous lui dites bonjour à chaque fois que vous le croisez !

Dans pareille situation, les anglophones, suivant encore leurs coutumes, croisent leur collègue sans un mot ni un regard : cela blessera le Français : « Pourquoi est-il si froid et que s’est-il passé depuis ce matin où il m’a chaleureusement salué ? »

Que faut-il donc faire ? En France, votre collègue cherchera votre regard ; quand le contact visuelest établi, chacun esquisse un sourire tout en hochant légèrement la tête. Personne ne s’arrête, rien n’est verbalisé, ce « contact » est très bref et il est inutile d’exagérer votre sourire. Il s’agit simplement de dire à l’autre qu’on l’a reconnu.

Il arrive cependant que les Français, en pareille occasion, se lancent un « Rebonjour ! ». « Re- » est le préfixe exprimant la répétition : recommencer, rejouer, etc. La formule est cependant familière et son mode plutôt humoristique (le sourire qui l’accompagne est donc plus franc que si vous choisissez le contact visuel pour resaluer une personne). Certains se contentent seulement d’un « Re ! », mais c’est encore plus familier. « Rebonsoir ! » est également possible. Enfin, cette salutation n’est pas exclusivement orale et vous pourrez l’utiliser dans vos mails (toujours avec des personnes dont vous êtes proche).

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Les affaires en français en Afrique de l’Ouest

Beaucoup de pays de l’Afrique de l’Ouest parlent français et vous pourrez y développer vos affairesdans cette langue. Il vous faudra vous adapter à la culture locale et bien intégrer ces différences interculturelles est indispensable.

Les Africains sont d’abord généralement beaucoup plus formalistes que les Français -n’oubliez pas que ces derniers sont déjà plus formalistes que les Méditerranéens ! Si un Français tolère facilement une approche informelle, c’est moins le cas pour un Africain. Ce formalisme se traduit dans la langue : le style est volontiers plus « écrit » voire livresque. Ainsi, dans le discours, la suppression de la première négation « ne » est moins fréquente : « Je ne pense pas que cela soit important » au lieu de « Je pense pas que cela soit important » ; le style familier et argotique est évacué.

Ce formalisme se traduit également dans le code vestimentaire, qui est plus strict. De manière générale, toute absence de formalisme est interprétée comme un manque de respect. Les sociétés africaines sont extrêmement hiérarchisées et associent plutôt âge et compétence.

À l’inverse des Français, les Africains recourent à une communication indirecte et implicite. Un « oui » n’est pas toujours un gage d’adhésion ni forcément l’assurance d’un début d’exécution d’une directive. De même, il n’est pas d’usage de manifester ouvertement son désaccord. Il est parfois nécessaire de bien décoder le message : certains problèmes, même graves, peuvent être communiqués à demi-mot et avec le sourire, ce qui peut prêter à confusion pour certains Occidentaux.

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Fréquence des connecteurs logiques en français

Même si, pourtant, du coup, quand même, donc, certes, orles francophones sèment naturellement leurs conversations d’un nombre impressionnant de connecteurs logiques. D’autres langues choisissent de les omettre carrément ou du moins n’en font pas un tel usage, qui peut sembler abusif. Peut-être est-ce là encore un héritage de la pensée de Descartes dont la plus célèbre phrase est, comme par hasard, « Je pense donc je suis ».

Tous les arguments d’un raisonnement s’enchaînent les uns les autres par une relation de cause à effet, d’opposition, de concession, de but. Pour les francophones, exprimer presque systématiquement toutes ces relations par un connecteur oblige le locuteur à une pensée méthodique et permet à l’auditeur de mieux suivre le raisonnement de l’autre.

Certains connecteurs permettent d’annoncer à l’avance le cheminement de sa pensée et créent des attentes chez l’auditeur. C’est par exemple le cas de certes, qui nécessite 3 étapes :

  1. Certes + affirmation
  2. Mais + objection à cette affirmation
  3. Donc + conséquence de cette objection

En commençant une phrase par certes, vous annoncez automatiquement les étapes 2 et 3 : votre interlocuteur voudra nécessairement savoir où vous voulez en venir. Avec un francophone, essayez d’utiliser certes en omettant les 2 dernières étapes. Vous remarquerez immédiatement une surprise mêlée d’incompréhension sur le visage de votre interlocuteur : il attend la suite de votre raisonnement !!

Plus le discours se veut démonstratif et formel (présentation de projets, analyse de résultats, etc.), plus les connecteurs sont proportionnellement nombreux. Savoir bien utiliser les connecteurs améliorera sensiblement votre communication avec les francophones.

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Interculturel : le poids du système éducatif

Pour mieux connaitre les caractéristiques culturelles et interactionnelles d’une communauté, il est absolument indispensable d’en connaitre le système éducatif et les valeurs qu’il véhicule indirectement. C’est en effet le système éducatif qui façonne en grande partie chez les individus la relation à l’autorité, le mode de communication, les attitudes en public ou la perception de soi. Cette méconnaissance est à l’origine de nombreuses incompréhensions interculturelles et pourtant : qui prend le temps de s’y intéresser vraiment ?

Quelles sont donc les caractéristiques du système éducatif français ? En résumant très brièvement, on pourrait dire qu’en France l’éducation a deux visées :

  • Développer l’indépendance et l’autonomie de chacun
  • Savoir exposer ses idées personnelles et pouvoir les défendre face à la contradiction

La première remarque qui s’impose est que le travail en équipe, savoir coopérer avec l’autre, négocier des buts et des moyens, n’est pas un objectif prioritaire du système éducatif français. La seconde est qu’un Français aura tendance à suivre des instructions, voire des ordres, uniquement à la condition de les comprendre et de les partager. L’impact de ces particularités sur la vie professionnelle est évident : l’autonomie puis l’esprit d’équipe, la Raison puis la hiérarchie.

Il vous faudra en tenir compte lorsque vous aurez à collaborer avec des Français si vous voulez que cela se passe au mieux !

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En France, comment remercier d’un service ?

Le pourboire est une somme d’argent versée à une personne en remerciement d’un service ou de la qualité de celui-ci : à l’origine, comme le mot lui-même l’indique parfaitement, c’était un verre qu’on offrait en remerciement d’un service rendu ou de l’argent pour s’offrir ce verre. Dans beaucoup de pays, cet usage se traduit par la même expression : en Allemagne, pourboire se dit trinkgeld, littéralement « argent pour boire », tout comme le mot portugais gorjeta. En général, on a oublié qu’en espagnol, la propina vient d’une ancienne coutume qui consistait à boire la moitié d’un verre après avoir trinqué à la santé de quelqu’un puis offrir à cette personne la fin du verre.

Mais dans les restaurants français, depuis longtemps, les prix s’entendent taxes et service compris (15 % environ du prix total). Voilà pourquoi les Français ne laissent généralement aucun pourboire ou alors très peu. Si vous voyagez en France, ne soyez donc pas gêner de ne rien laisser –évidemment, si vous êtes très satisfait du service, rien ne s’y oppose non plus. En revanche, dans certaines situations, il est encore d’usage de laisser un pourboire. Au théâtre, parfois, un panneau indique clairement que l’ouvreuse est rémunérée au pourboire (dans le cas contraire, ne donnez rien : l’ouvreuse est salariée). Vous pouvez toujours aussi arrondir à l’euro supérieur dans les taxis et avec les livreurs.

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Une tradition à Noël : les étrennes

Si vous vous trouvez en France durant le mois de décembre, ne soyez pas surpris de voir le facteur ou un pompier en belle tenue militaire sonner à votre porte. À cette époque, il est d’usage d’offrir des étrennes à certains corps de métier travaillant pour la collectivité. Éboueurs, facteurs et pompiers passent alors dans chaque maison pour proposer généralement des calendriers de l’année qui vient. Ceux-ci sont ensuite bien vite oubliés au fond d’un tiroir ou derrière une porte tant ils sont horribles et kitschs : photos de petits chatons sur fond rose, portrait de l’adjudant-chef devant la caserne des pompiers, etc.

Même si chacun est libre d’acheter ou non le calendrier proposé, la majorité des gens se plient à la tradition. Car c’est un moyen, pour ces employés peu rémunérés, d’avoir un complément de salaire pour la fin de l’année. Quant aux concierges, les copropriétaires leur laissent en général une enveloppe dans laquelle ils ont glissé un chèque ou quelques billets.

La question qui taraude beaucoup de Français, à cette époque, est : combien donner ? Le prix d’achat du calendrier est en effet laissé à la discrétion de chacun. La réponse est simple : en fonction de vos moyens.

Tous les métiers travaillant pour la collectivité ne bénéficient pas de cette tradition. Il y a quelques années, une chaine de télévision avait organisé en caméra cachée le démarchage de policiers en uniforme qui proposaient également des calendriers : ils avaient été en général très mal reçus par la population !

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Comment les Français expriment leur satisfaction

Nous avons déjà vu que les Français préfèrent souvent s’exprimer à la négation : ils disent peut-être plus souvent « Il ne fait pas chaud » que « Il fait froid ». On en arrive parfois à certaines phrases un peu surprenantes : une chose fréquente et habituelle devient une chose qui « n’est pas rare » ; au lieu de dire toute simplement « C’est vrai ! », beaucoup de Français préfèrent dire « C’est pas faux !» ; et, quand une chose fait consensus, on dit qu’elle « ne suscite guère de polémique » !

Il reste que cette manière de s’exprimer peut également blesser l’interlocuteur quand elle traduit une évaluation ou un sentiment. Répondre « Pourquoi pas ? » à une proposition ne semble pas faire montre d’un grand enthousiasme ; c’est pourtant la forme de répondre la plus habituelle…

Mais que dire du « C’est pas mal ! », employé à tort et à travers ? Eh bien c’est la manière française la plus fréquente d’évaluer positivement et d’exprimer sa satisfaction ! Un client qui répond « C’est pas mal ! » semble peu voire pas satisfait du tout : en réalité, il n’y a souvent aucun problème ! (en réalité, cela dépendra beaucoup de la prosodie employée, et notamment de l’intonation)

Pourquoi donc évaluer de cette façon ? Les Français semblent avoir dans l’esprit qu’il existe une perfection à partir de laquelle ils évaluent toute production : celle-ci est nécessairement plus ou moins éloignée de cette perfection. C’est un peu l’histoire du verre à moitié plein : les Français y voient toujours, eux, un verre à moitié vide !

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Le tutoiement au travail 

Longtemps réservé à la sphère familiale ou intime (voir notre post), le « tu » se démocratise, y compris au travail. Le tutoiement n’est donc plus considéré comme une impolitesse (avant, tutoyer une personne inconsidérément vous exposait à la réplique, foudroyante : « On n’a pas élevé les cochons ensemble ! »).

Dans certaines entreprises, le sociologue Baptiste Coulmont parle même de « culture du tutoiement » tant cette généralisation, loin d’être une option, devient peu à peu le mode habituel de communication.

Quelle sont les raisons de cette tendance ? La volonté d’estomper les différences hiérarchiques semble la principale. L’usage du « tu » donne également une image plus moderne et décontractée de l’entreprise : les start-up ont semble-t-il adopté le babyfoot et les tables de pingpong en même temps que le tutoiement !

Certes, certains secteurs, notamment l’administration publique, présentent des signes résistance à l’émergence du « tu ». Mais surtout, comme l’explique Alex Alber de l’Université de Tours, « c’est d’abord une pratique d’hommes et de cadres du secteur privé. Seule une femme sur dix tutoie son chef. C’est pourtant le cas de sept hommes sur dix ». Loin d’indiquer réellement une quelconque proximité, le tutoiement semble bien plutôt être un subtil marqueur social. Un(e) employé(e) préfèrera en principe vouvoyer son supérieur. La généralisation du « tu » n’est donc pas aussi systématique qu’elle en a l’air…

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Ponctualité à la française : le quart d’heure de politesse

On a parfois parlé de « quart d’heure bordelais », de « quart d’heure toulousain », de « quart d’heure rémois », de « quart d’heure charentais »… tous ces quarts d’heure, semblent être des spécificités régionales. Ils renvoient cependant tous à la même réalité sur la totalité du territoire français : il serait plus judicieux et plus juste de parler de « quart d’heure français » !

À quoi correspond ce qu’on appelle aussi le quart d’heure de politesse ? C’est la marge communément admise pour être ponctuel en France : si vous avez rendez-vous avec un ami dans un café à 16h, vous saurez tous les deux tacitement que vous pourrez arriver entre 16h et 16h15. À partir de cette heure, chacun pourra commencer à s’inquiéter ou à s’énerver ! Ce quart d’heure de politesse est parfois même obligatoire. Si l’invitation est un peu plus formelle, disons qu’un couple d’amis vous invite chez eux, on attendra de vous de ne pas arriver avant l’écoulement de ce quart d’heure. Concrètement, si on vous a invité à 13h, se présenter avant 13h15 vous fera arriver avant l’heure (ce qui surprendra votre hôte).

Attention toutefois, dans le milieu professionnel, le quart d’heure de politesse ne s’applique pas : en général, l’heure de la réunion ou du déjeuner d’affaires est bien celle qu’on vous aura communiquée et n’y ajoutez donc pas 15 minutes en croyant arriver à l’heure : cette fois-ci, vous serez en retard !

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