La bûche de Noël en France

À Noël, en France, la tradition veut que le repas se termine par un gâteau appelé « bûche ». Sa forme, comme son nom, évoque d’ailleurs le morceau de bois coupé qu’on met à brûler dans la cheminée. Ce n’est pourtant qu’au 19ème siècle que ce gâteau est né, et, alors que la population cessait progressivement de se chauffer au feu de bois, cette nouvelle pâtisserie nous rattachait à une tradition millénaire : faire brûler une belle bûche au moment de Noël. Cette tradition célébrant l’arrivée du solstice d’hiver est d’ailleurs largement partagée par de nombreux peuples. Par exemple, le « Caga Tió », en Catalogne et en Aragon, est une bûche décorée d’yeux, d’un nez et d’une bouche et coiffée d’une barretina. On le nourrit et le jour de Noël, les enfants lui donnent des coups de bâton en chantant dans l’espoir qu’il défèque des cadeaux (généralement des bonbons).

Le gâteau est traditionnellement réalisé à partir d’un biscuit génoise couvert de crème au beurre et décoré de feuilles de houx. Mais, aujourd’hui, beaucoup de pâtissiers réinventent la bûche et vous pourrez la trouver sous une multitude de formes.

Deux expressions avec le mot « bûche », qui n’ont rien à voir avec les traditions dont nous venons de parler :

Dormir comme une bûche: dormir très profondément.

(se) prendre une bûche (familier) : tomber.

Nous vous souhaitons d’excellentes fêtes de fin d’année !

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Dire « Bonjour » en France

En montant dans le bus, un Espagnol ne salue pas automatiquement le chauffeur d’un « Bonjour ! ». Il ne s’agit pas là de mépris ni d’un manque de respect, c’est la manière de faire, c’est culturel. L’Espagnol monte et va s’asseoir ; même s’il a demandé et payé son ticket, il est peu probable qu’il ait salué son interlocuteur au préalable.

Les Espagnols qui auront voyagé en France et se seront retrouvés dans la même situation auront certainement été surpris de la réaction du chauffeur dans pareille situation (réaction plus ou moins aimable d’ailleurs).

– Un ticket, s’il vous plaît !

– Bonjour Madame ! (Bonjour Monsieur !)

Et vous voilà obligé(e) de répondre à son salut avant qu’il ne reformule votre demande, ce qui donnera l’échange suivant :

– Un ticket, s’il vous plaît !

– Bonjour Madame ! (Bonjour Monsieur !)

– Bonjour Monsieur !

– Alors, vous m’avez dit un ticket, c’est ça ?

En France, le salut est indispensable à toute interaction verbale ; vous pourrez rarement en faire l’économie. Ne pas respecter cette habitude vous expose à initier une conversation, même très courte, dans de mauvaises conditions. Mais il existe des situations où, même sans aucun échange verbal, on attend de vous que vous saluiez l’autre.

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La réunion de travail en France

Une enquête de 2020 a montré qu’une large majorité des salariés français estiment que les réunions de travail ne sont pas productives. Ce sujet est d’autant plus sensible qu’ils passent en moyenne 4 heures par semaine en réunion (il a d’ailleurs été montré que plus l’entreprise est importante, plus les réunions sont nombreuses). Selon certains, des sociétés souffrent ainsi de « réunionite » aigüe.

Mais c’est oublier qu’en France la réunion est plus un lieu de débat que de décision. Voilà pourquoi, même s’il est en principe impoli d’interrompre un interlocuteur, cela reste relativement habitueldurant une réunion professionnelle. Chacun cherche avant tout à convaincre l’assemblée, à expliquer et à justifier chaque élément mentionné. Les questions sont nombreuses et les digressionspar rapport à l’ordre du jour sont fréquentes. De même, afin de faciliter le débat, il est généralement déconseillé de stopper les apartés entre collègues durant la réunion : ceux-ci ne discutent pas forcément de leurs prochaines vacances, ils échangent sans doute aussi des idées intéressantes sur le sujet en cours.

Les Français adoptent souvent un raisonnement déductif : ils s’appuient sur un contexte général pour arriver à des propositions particulières. Un discours structuré (où les connecteurs sont presque systématiquement exposés) vient appuyer ce raisonnement. On a également tendance à personnaliser les problèmes, ce qui peut renvoyer au second plan la recherche d’une solution.

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Les expressions tirées de la littérature

En français comme dans beaucoup d’autres langues, de nombreuses expressions utilisées quotidiennement par la population viennent directement de la littérature. Il peut être utile pour vous de les connaitre, non seulement pour enrichir votre vocabulaire mais aussi pour briller en société !

« Les affaires sont les affaires », avant d’être une locution, est le titre d’une pièce de théâtre d’Octave Mirbeau en 1903. Elle signifie qu’aucune question étrangère au lucre – et surtout aucun sentiment– ne saurait interférer avec les affaires qui font gagner de l’argent. Un « ami du genre humain » est une personne qui a trop d’amis pour les estimer tous à leur juste valeur ; c’est une citation du Misanthrope de Molière. L’Arlésienne (c’est-à-dire l’habitante de la ville d’Arles) est une pièce d’Alphonse Daudet de 1872 ; l’Arlésienne est une femme qui obsède tous les personnages mais ne paraît jamais en scène. Depuis, lorsqu’on parle beaucoup d’une action ou d’une personne qui n’arrive jamais, on dit qu’elle « joue l’Arlésienne ».

 

« À l’audience, le véritable gérant (de fait), un Allemand de 56 ans, joue l’Arlésienne comme à chaque fois… Seul le second administrateur, allemand également, est à la barre ». Nice matin, 09/07/2018

Le proverbe « Les absents ont toujours tort » est d’abord une réplique de théâtre tirée de L’obstacle imprévu (1717) de Destouches. Il signifie qu’il est nécessaire d’être présent pour défendre ses intérêts : on l’utilise pour motiver une décision défavorable prise à l’encontre desdits absents (qui sont considérés comme fautifs).

Procès Abdeslam :  »Les absents ont toujours tort » pour l’avocate des parties civiles.

Vous remarquerez que toutes ces expressions proviennent de pièces de théâtre. Ce n’est pas toujours le cas mais c’est très fréquent !

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L’usage des connecteurs logiques

Les Français sont cartésiens, histoire et tradition obligent ; même s’ils sont aussi impulsifs, histoire et révolutions obligent aussi !

En tout cas, ils organisent leur pensée autour de liens logiques qu’ils verbalisent presque toujours : ce sont les fameux connecteurs logiques exprimant l’opposition, la concession, la cause, la conséquence, le but. Pour communiquer efficacement avec les Français dans leur langue, il convient non seulement de bien parler la langue mais aussi d’adopter au mieux leurs modes et schémas de pensée. Sinon, le risque est grand, au mieux qu’ils ne vous comprennent pas bien, au pire qu’ils se méfient d’un discours qui leur semblera être de l’amateurisme ou un bricolage plein d’approximations.

Leur pensée part toujours de ce que les choses devraient être et non de que qu’elles sont ; la théorie les intéresse parfois plus que la réalité, c’est ce qui les oppose au pragmatisme anglo-saxon (cette opposition est parfaitement illustrée par une blague anglaise : Un jour, on prouve à un Français que Dieu existe, ce à quoi le Français répond : « D’accord, il existe réellement, mais… en théorie ? »).

A chaque fois que c’est possible, semez donc votre discours en français de connecteurs logiques : votre interlocuteur vous en saura toujours gré.

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Resaluer en France

Si vous croisez une nouvelle fois un collègue que vous avez déjà salué à votre arrivée, que ferez-vous ? Les hispanophones, suivant leurs coutumes, ont tendance à resaluer d’un « Bonjour ! » C’est cependant incorrect : « Bonjour » ne peut être dit qu’une fois dans la journée. Un Français sera décontenancé si vous lui dites bonjour à chaque fois que vous le croisez !

Dans pareille situation, les anglophones, suivant encore leurs coutumes, croisent leur collègue sans un mot ni un regard : cela blessera le Français : « Pourquoi est-il si froid et que s’est-il passé depuis ce matin où il m’a chaleureusement salué ? »

Que faut-il donc faire ? En France, votre collègue cherchera votre regard ; quand le contact visuelest établi, chacun esquisse un sourire tout en hochant légèrement la tête. Personne ne s’arrête, rien n’est verbalisé, ce « contact » est très bref et il est inutile d’exagérer votre sourire. Il s’agit simplement de dire à l’autre qu’on l’a reconnu.

Il arrive cependant que les Français, en pareille occasion, se lancent un « Rebonjour ! ». « Re- » est le préfixe exprimant la répétition : recommencer, rejouer, etc. La formule est cependant familière et son mode plutôt humoristique (le sourire qui l’accompagne est donc plus franc que si vous choisissez le contact visuel pour resaluer une personne). Certains se contentent seulement d’un « Re ! », mais c’est encore plus familier. « Rebonsoir ! » est également possible. Enfin, cette salutation n’est pas exclusivement orale et vous pourrez l’utiliser dans vos mails (toujours avec des personnes dont vous êtes proche).

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Interculturel : le poids du système éducatif

Pour mieux connaitre les caractéristiques culturelles et interactionnelles d’une communauté, il est absolument indispensable d’en connaitre le système éducatif et les valeurs qu’il véhicule indirectement. C’est en effet le système éducatif qui façonne en grande partie chez les individus la relation à l’autorité, le mode de communication, les attitudes en public ou la perception de soi. Cette méconnaissance est à l’origine de nombreuses incompréhensions interculturelles et pourtant : qui prend le temps de s’y intéresser vraiment ?

Quelles sont donc les caractéristiques du système éducatif français ? En résumant très brièvement, on pourrait dire qu’en France l’éducation a deux visées :

  • Développer l’indépendance et l’autonomie de chacun
  • Savoir exposer ses idées personnelles et pouvoir les défendre face à la contradiction

La première remarque qui s’impose est que le travail en équipe, savoir coopérer avec l’autre, négocier des buts et des moyens, n’est pas un objectif prioritaire du système éducatif français. La seconde est qu’un Français aura tendance à suivre des instructions, voire des ordres, uniquement à la condition de les comprendre et de les partager. L’impact de ces particularités sur la vie professionnelle est évident : l’autonomie puis l’esprit d’équipe, la Raison puis la hiérarchie.

Il vous faudra en tenir compte lorsque vous aurez à collaborer avec des Français si vous voulez que cela se passe au mieux !

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L’utilisation des sigles et abréviations en français

Les Français adorent utiliser les abréviations et les sigles, tout simplement pour aller plus vite quand ils parlent (pour la même raison, ils éliminent généralement le e caduc). Les mots longs de plus de trois syllabes sont donc aussi souvent que possible impitoyablement écourtés.

Parlons des sigles. La technique consiste à former un mot à partir de lettres initiales. On prononce chaque lettre l’une après l’autre, sur la même base que la phonétique de l’alphabet. Quand on les écrit, en principe on doit placer un point après chaque lettre mais on a de moins en moins tendance à le faire, comme si, justement, le sigle devenait un mot à part entière.

Dans le domaine du lexique lié au français commercial, vous trouverez donc : PDG (Président Directeur Général), un travail en CDI (Contrat à Durée Indéterminée) ou en CDD (Contrat à Durée Déterminée), le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), DRH (Directeur des Ressources Humaines), etc.

L’abréviation se fait par la troncation du début ou de la fin du mot. Le plus souvent, on élimine lesdernières syllabes du mot (apocope) : compta (comptabilité), bac (baccalauréat), Bon app ! (Bon appétit !), la pub (publicité), À plus ! (À plus tard), aprem (après-midi), etc. Parfois, on élimine les premières syllabes (aphérèse) : en langage parlé et relâché, bonsoir devient « ‘soir », américain devient « ricain », etc.

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La locution « On va pas se mentir »

À toutes les époques, certaines expressions se convertissent soudainement en véritables tics de langage. Leur utilisation constante par une bonne partie de la population exaspère ceux qui y résistent et ne voient là que des formules creuses et vides de sens. C’est le cas, depuis une petite dizaine d’années, de  « On va pas se mentir » (la variante « Il faut pas se mentir » existe aussi) ; l’expression a même été le nom d’un programme télévisé entre 2012 et 2016.

Vous noterez d’abord l’absence de la première négation « ne » (« On ne va pas se mentir »), ce qui constitue un indice clair de l’origine orale de l’expression. Quelle en est la signification ? Elle annonce que locuteur refuse non seulement de mentir mais d’être trompé par les apparences : il va exposer les faits tels qu’ils sont. C’est donc une façon de montrer qu’on est franc et intelligent. Expression valorisante pour le locuteur qui l’utilise, « On va pas se mentir » se voit logiquement plébiscitée par la population.

Le problème est que l’expression est très souvent utilisée pour prononcer des banalités… Un article sur la qualité des produits cosmétiques pourra ainsi s’intituler « On va pas se mentir… l’industrie nous ment ! », ce qui, on l’avouera, n’est tout de même pas une grande découverte. Au quotidien, vous pourrez entendre des phrases telles que :

On va pas se mentir, je ne suis plus tout jeune.

On va pas se mentir, je suis vraiment fatiguée.

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L’emploi du mot juste en français

 

Le mot juste est d’abord un adjectif qui signifie « qui est conforme à la justice, à l’équité » :

Donner plus à l’un qu’à l’autre n’est pas juste.

Il exprime également une idée de justesse, dans le sens où une chose est parfaitement adéquate, qu’elle convient bien :

Parfois, trouver le mot juste est difficile.

Paradoxalement, il renvoie aussi à une idée d’insuffisance, c’est-à-dire à quelque chose qui ne convient pas :

Ce vêtement est trop juste = ce vêtement est trop petit.

 

 

Mais le mot juste est également un adverbe : c’est un synonyme de « avec exactitude » ou « exactement » :

Il a deviné juste.

Il est midi juste.

C’est enfin un synonyme de « seulement » :

Je voudrais acheter juste trois exemplaires.

Depuis de nombreuse années, l’utilisation du mot juste, sous l’influence de l’anglais est cependant modifiée, spécialement lorsque le temps verbal est composé ou s’organise autour un semi-auxiliaire (vouloir, pouvoir, devoir, etc.). Ainsi, dans :

Je voudrais juste acheter trois exemplaires

La restriction ne porte plus sur le complément mais sur l’action du verbe : Je voudrais seulement acheter trois exemplaires, je ne veux rien faire de plus, seulement acheter (parce que je ne veux pas vous déranger, parce que cela ne m’intéresse pas de les louer, etc. peu importe la raison). Le parallèle avec l’anglais « I just want to buy three copies » est évident. Il reste que cette utilisation est un anglicisme qui hérisse certains Français : il va cependant falloir qu’ils s’y habituent parce que cet usage bien ancré dans la langue n’est pas juste une mode !

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