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Artículos sobre France

Liaison et déformations orales incorrectes en français

La détestation de l’hiatus expliquent bon nombre d’« exceptions » grammaticales (généralement incompréhensibles des étudiants de Français Langue Étrangère). Elle est également la raison d’être de la règle de la liaison. Sans entrer dans les détails (certaines liaisons sont obligatoires, d’autres sont facultatives, les dernières sont interdites), la raison même de la liaison est d’éviter l’hiatus. Dans « Un ami », si nous ne faisions pas la liaison (liaison obligatoire en ce cas), nous prononcerions la voyelle nasale « un » suivie de la voyelle a ; afin de l’éviter, les Français font la liaison et disent : un/na/mi

Éviter l’hiatus explique aussi certaines déformations orales, qui, bien qu’incorrectes, n’en sont pas moins fréquentes dans le discours spontané et familier :

  • En principe, Qu’ est la version du pronom relatif ou interrogatif Que devant voyelle : C’est ce que je dis / C’est ce qu’il fait / Qu’est-il arrivé ? ; mais Qu’ devient aussi, à l’oral, la version du pronom relatif Qui devant un mot commençant par voyelle : « L’homme qui est arrivé hier » se transforme à l’oral en « L’homme qu’est arrivé hier ».
  • De la même façon, Tu devient T’ devant voyelle : « Tu es arrivé hier ? » / « T’es arrivé hier ? ».

Bien évidemment, il existe de nombreux cas où l’hiatus ne disparaît pas (on ne peut tout de même pas multiplier les « trucs » pour l’éviter !), comme dans « Il a eu » ou « Ça a été impossible ». Les Français, qui préfèrent prononcer des syllabes constituées d’une consonne et d’une voyelle (ce qui représente à leurs yeux une régularité équilibrée et harmonieuse), sont même obligés, alors, d’articuler des syllabes se réduisant à une voyelle : « Il a eu » = i-la-eu (c’est à dire voyelle/consonne+voyelle/voyelle).

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Écrire facilement des mails simples en français

Beaucoup d’étudiants en français langue étrangère veulent avant tout pouvoir s’exprimer oralement. Beaucoup ont aussi besoin d’écrire de courts mails assez simples. C’est généralement une tache qui fait un peu peur car elle est délicate. Très proche de l’oral, ce type d’écriture (appelée « écriture numérique ») ne correspond pas simplement à l’adoption d’un style oral : elle constitue en quelque sorte un « entre-deux » entre écrit et oral. Un mail trop « oralisé » serait trop familier, un mail trop « écrit » serait ridicule.

Aussi est-il nécessaire de connaître les principales caractéristiques de ces écrits numériques :

  • l’usage prédominant du présent : c’est donc un temps verbal que vous devez maîtriser. Pas de chance, comme pour toutes les langues latines, en français, le présent est le temps verbal le plus compliqué !
  • la fréquence plus importante qu’à l’oral et qu’à l’écrit de pronoms de première personne. Vous pouvez donc consacrer votre effort de mémorisation, si le temps vous manque, sur la morphologie verbale de « Je » et « Nous » (évitez le « on », très utilisé à l’oral mais trop relâché pour un mail professionnel).
  • l’importance de l’utilisation des verbes modaux, c’est à dire pouvoir, vouloir, devoir.
  • les procédés de simplification d’écriture comme les abréviations et les sigles (RV signifie rendez-vous, dispo signifie disponible ou disponibilité).
  • l’écriture phonétique (cette écriture est cependant très familière, et vous devez vous assurer que vos relations avec votre correspondant vous la permettent).

Enfin, sachez que, actuellement, parmi les salutations finales les plus utilisées, vous avez : « À très vite », pour souligner le fait que vous restez en contact étroit avec votre interlocuteur et « Bien à vous », qui présente l’avantage de n’être ni trop formel ni excessivement familier.

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Parler de son travail : « Boîte » et « Taf »

Deux expressions familières sont très largement utilisées par les francophones pour parler de leurs activités professionnelles. Le mot « boîte », avec son accent circonflexe sur le i, est employé en français dès le XIIème siècle. Il dériverait du gallo-romain buxita, qui viendrait du latin buxus, le buis dont étaient faits certains coffrets et qui a donné l’équivalent anglais box (nous avons déjà vu que de nombreux mots anglais dérivent directement du français).

« Boîte » a d’abord désigné, dans divers argots, un lieu clos, où l’on est à l’étroit, enfermé (pensez que boîte sera aussi plus tard le synonyme de discothèque), mal à l’aise et… où, pour finir, on travaille. Le mot a donc fini par désigner communément une entreprise : « Je viens de changer de boîte », « Et ta boîte, ça va ? », etc. Important à savoir : en oral spontané, les Français préfèrent parler de boîte que d’entreprise !

Mais que fait-on dans une boîte ? On travaille, bien sûr. Mais, mieux encore, on « bosse » ou on « taffe » (les deux verbes sont synonymes et familiers). « Taffer » vient de « taf », synonyme familier de « travail » : « Et ton taf, ça va ? », « Désolé, je ne peux pas, j’ai trop de taf. » L’origine du mot « taf » est obscure : acronyme du « Travail À Faire » donné par les profs ? Mot descendant du vieil argot des voleurs, le taf désignant la part de butin, puis la récompense d’un travail ? Ne confondez pas le taf avec la taffe : cette dernière, également familière, désigne une bouffée de cigarette !

Évidemment, vous pourrez trouver ces deux mots dans la même phrase : « Dans ma nouvelle boîte, on taffe jamais le vendredi après-midi ! ».

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Molière à l’origine de locutions françaises

Nous fêtons cette année les 400 ans de la naissance de Molière ; non seulement ce génie a marqué l’histoire du théâtre mais il a aussi laissé de nombreuses expressions en français ; les Français les répètent d’ailleurs souvent, sans savoir qu’il en est l’auteur.

C’est le cas de « tarte à la crème ». Cette expression désigne un lieu commun, un cliché, une formule rebattue et vide de sens.

« La transition numérique c’est le sujet tarte à la crème qu’on nous sert matin, midi et soir, du magazine Management au journal télévisé de Jean-Pierre Pernot sur TF1 », décoche d’entrée Mathias Crouzet.

Son origine se trouve dans la pièce L’école des femmes. Un des personnages, Arnolphe, explique que la femme idéale doit être d’une si grande ignorance, qu’au jeu du corbillon (jeu où on devait répondre par des noms rimant en on), elle répondra « Une tarte à la crème » à la question « Qu’y met-on ? ».

Certains critiques trouvaient cette réplique trop prosaïque et ne convenait pas à une pièce de théâtre. Dans La critique de l’école des femmes, par provocation, Molière accumule les « tarte à la crème » dans les répliques de ses personnages et obtient ainsi un effet comique de répétition.

« Que diable allait-il faire dans cette galère ? » est devenue une expression courante. Elle signifie « Pourquoi s’est-il engagé dans une pareille entreprise ? ». Elle est tirée des Fourberies de Scapin (Molière l’a empruntée à un autre auteur mais c’est lui qui l’a rendue populaire). Léandre, fils de Géronte, a besoin d’argent, mais son père refuse. Son valet, Scapin, a l’idée d’un stratagème. Il fait croire à Géronte que Léandre est entré dans une galère turque et que, son commandant mettant ensuite les voiles, il a été enlevé. Léandre ne sera libéré que s’il paie 500 écus. Géronte s’exécute donc mais, à chaque fois, au moment de remettre la somme à Scapin, le voilà qui répète, désespéré de devoir se séparer de son argent : « Que diable allait-il faire dans cette galère ? ». Le comique, là encore, est de répétition.

Mais que diable est-il allé faire dans cette galère ? En disant cela je pense bien sûr à Thierry Henry. Il n’aurait sans doute jamais dû aller jouer au F.C. Barcelone, ou plutôt il aurait dû y aller plus tôt dans sa carrière. (Agora vox, Escatafal, 14/03/2008)

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La voiture de fonction en France

Il n’est pas rare qu’une entreprise fournisse à un salarié une voiture de fonction. Celle-ci doit être différenciée de la voiture de service, qui est accessible au salarié uniquement pour ses déplacements professionnels et doit être rapportée à la fin de la journée de travail.

La voiture de fonction est considérée, en droit fiscal, comme un avantage en nature. Il s’agit en effet d’un avantage (mise à disposition d’un bien, d’un service, voire avantage en espèces) destiné à couvrir une dépense personnelle, privée ou professionnelle, du salarié. Cette mise à disposition est soit gratuite, soit moyennant une participation du salarié inférieure à leur valeur réelle : en France, elle est donc assimilée à un complément de rémunération. À ce titre, cet avantage est soumis à cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu.

On cumule toutes les dépenses de l’année (cotisations d’assurance, entretien, frais de carburant, intérêts de l’emprunt s’il y en a un ou un leasing, taxe sur les voitures de tourisme des sociétés, frais de carte grise pour la première année) puis on calcule l’avantage en nature en y appliquant un coefficient de kilométrage (ce qui suppose un relevé constant) : kilométrage privé/kilométrage total. Seuls les kilométrages privés seront des avantages en nature.

Le paiement des repas et d’un logement de fonction, ainsi que la mise à disposition d’outils de communication (téléphone mobile, ordinateur, accès internet, etc.) sont également considérés comme des avantages en nature.

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Apporter des fleurs à ses hôtes

Imaginons que vous en France : un jour, vous voilà invités à déjeuner chez un collègue, client ou fournisseur français avec qui, au fil du temps, vous avez lié amitié. Vous avez bien compris les règles de la ponctualité et, après quelques calculs savants, vous prévoyez de vous présenter chez votre hôte environ 15mn après l’heure qu’il vous a indiquée (ne jamais arriver à l’heure exacte, ce serait trop tôt !).

Mais qu’allez-vous apporter ? Vous ne pouvez pas, comme on dit, « arriver les mains vides ». Abandonnez la bouteille de vin. Si cela se fait de plus en plus parmi les jeunes, cela reste informel. En tout cas, vous devez connaitre très bien votre hôte, ce qui n’est pas le cas ici. De toute manière, comme vous ne savez pas ce que vous mangerez, vous ne pourrez pas, par définition, choisir le vin le plus approprié au repas. Renoncer aussi à apporter le dessert –et notamment cette fameuse tarte tatin qui vous réussit si bien. C’est encore trop informel.

Quoi donc alors ? C’est bien simple : offrez des fleurs, celles que vous voudrez. Il suffit de passer devant un fleuriste le samedi ou dimanche (jours traditionnels des réunions de famille) pour s’apercevoir à quel point cette tradition est bien vivante en France : il y a souvent la queue. Prévoyez donc un peu de marge (si vous ne voulez pas arriver chez vos hôtes 30mn en retard et enfreindre cette fois-ci la première règle…).

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La bûche de Noël en France

À Noël, en France, la tradition veut que le repas se termine par un gâteau appelé « bûche ». Sa forme, comme son nom, évoque d’ailleurs le morceau de bois coupé qu’on met à brûler dans la cheminée. Ce n’est pourtant qu’au 19ème siècle que ce gâteau est né, et, alors que la population cessait progressivement de se chauffer au feu de bois, cette nouvelle pâtisserie nous rattachait à une tradition millénaire : faire brûler une belle bûche au moment de Noël. Cette tradition célébrant l’arrivée du solstice d’hiver est d’ailleurs largement partagée par de nombreux peuples. Par exemple, le « Caga Tió », en Catalogne et en Aragon, est une bûche décorée d’yeux, d’un nez et d’une bouche et coiffée d’une barretina. On le nourrit et le jour de Noël, les enfants lui donnent des coups de bâton en chantant dans l’espoir qu’il défèque des cadeaux (généralement des bonbons).

Le gâteau est traditionnellement réalisé à partir d’un biscuit génoise couvert de crème au beurre et décoré de feuilles de houx. Mais, aujourd’hui, beaucoup de pâtissiers réinventent la bûche et vous pourrez la trouver sous une multitude de formes.

Deux expressions avec le mot « bûche », qui n’ont rien à voir avec les traditions dont nous venons de parler :

Dormir comme une bûche: dormir très profondément.

(se) prendre une bûche (familier) : tomber.

Nous vous souhaitons d’excellentes fêtes de fin d’année !

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Dire « Bonjour » en France

En montant dans le bus, un Espagnol ne salue pas automatiquement le chauffeur d’un « Bonjour ! ». Il ne s’agit pas là de mépris ni d’un manque de respect, c’est la manière de faire, c’est culturel. L’Espagnol monte et va s’asseoir ; même s’il a demandé et payé son ticket, il est peu probable qu’il ait salué son interlocuteur au préalable.

Les Espagnols qui auront voyagé en France et se seront retrouvés dans la même situation auront certainement été surpris de la réaction du chauffeur dans pareille situation (réaction plus ou moins aimable d’ailleurs).

– Un ticket, s’il vous plaît !

– Bonjour Madame ! (Bonjour Monsieur !)

Et vous voilà obligé(e) de répondre à son salut avant qu’il ne reformule votre demande, ce qui donnera l’échange suivant :

– Un ticket, s’il vous plaît !

– Bonjour Madame ! (Bonjour Monsieur !)

– Bonjour Monsieur !

– Alors, vous m’avez dit un ticket, c’est ça ?

En France, le salut est indispensable à toute interaction verbale ; vous pourrez rarement en faire l’économie. Ne pas respecter cette habitude vous expose à initier une conversation, même très courte, dans de mauvaises conditions. Mais il existe des situations où, même sans aucun échange verbal, on attend de vous que vous saluiez l’autre.

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La réunion de travail en France

Une enquête de 2020 a montré qu’une large majorité des salariés français estiment que les réunions de travail ne sont pas productives. Ce sujet est d’autant plus sensible qu’ils passent en moyenne 4 heures par semaine en réunion (il a d’ailleurs été montré que plus l’entreprise est importante, plus les réunions sont nombreuses). Selon certains, des sociétés souffrent ainsi de « réunionite » aigüe.

Mais c’est oublier qu’en France la réunion est plus un lieu de débat que de décision. Voilà pourquoi, même s’il est en principe impoli d’interrompre un interlocuteur, cela reste relativement habitueldurant une réunion professionnelle. Chacun cherche avant tout à convaincre l’assemblée, à expliquer et à justifier chaque élément mentionné. Les questions sont nombreuses et les digressionspar rapport à l’ordre du jour sont fréquentes. De même, afin de faciliter le débat, il est généralement déconseillé de stopper les apartés entre collègues durant la réunion : ceux-ci ne discutent pas forcément de leurs prochaines vacances, ils échangent sans doute aussi des idées intéressantes sur le sujet en cours.

Les Français adoptent souvent un raisonnement déductif : ils s’appuient sur un contexte général pour arriver à des propositions particulières. Un discours structuré (où les connecteurs sont presque systématiquement exposés) vient appuyer ce raisonnement. On a également tendance à personnaliser les problèmes, ce qui peut renvoyer au second plan la recherche d’une solution.

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Les expressions tirées de la littérature

En français comme dans beaucoup d’autres langues, de nombreuses expressions utilisées quotidiennement par la population viennent directement de la littérature. Il peut être utile pour vous de les connaitre, non seulement pour enrichir votre vocabulaire mais aussi pour briller en société !

« Les affaires sont les affaires », avant d’être une locution, est le titre d’une pièce de théâtre d’Octave Mirbeau en 1903. Elle signifie qu’aucune question étrangère au lucre – et surtout aucun sentiment– ne saurait interférer avec les affaires qui font gagner de l’argent. Un « ami du genre humain » est une personne qui a trop d’amis pour les estimer tous à leur juste valeur ; c’est une citation du Misanthrope de Molière. L’Arlésienne (c’est-à-dire l’habitante de la ville d’Arles) est une pièce d’Alphonse Daudet de 1872 ; l’Arlésienne est une femme qui obsède tous les personnages mais ne paraît jamais en scène. Depuis, lorsqu’on parle beaucoup d’une action ou d’une personne qui n’arrive jamais, on dit qu’elle « joue l’Arlésienne ».

 

« À l’audience, le véritable gérant (de fait), un Allemand de 56 ans, joue l’Arlésienne comme à chaque fois… Seul le second administrateur, allemand également, est à la barre ». Nice matin, 09/07/2018

Le proverbe « Les absents ont toujours tort » est d’abord une réplique de théâtre tirée de L’obstacle imprévu (1717) de Destouches. Il signifie qu’il est nécessaire d’être présent pour défendre ses intérêts : on l’utilise pour motiver une décision défavorable prise à l’encontre desdits absents (qui sont considérés comme fautifs).

Procès Abdeslam :  »Les absents ont toujours tort » pour l’avocate des parties civiles.

Vous remarquerez que toutes ces expressions proviennent de pièces de théâtre. Ce n’est pas toujours le cas mais c’est très fréquent !

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