« Si bien que » et « bien que », « quoique » et « quoi… que »

Les étudiants des cours de Français Langue Étrangère confondent parfois deux expressions assez similaires et pourtant complètement différentes : « si bien que » et « bien que ».

La conjonction « si bien que » est suivie de l’indicatif ; elle présente la conséquence de façon neutre.

Ma voiture était en panne si bien que j’ai pris le train.

« Bien que », que nous avions déjà abordé dans un billet précédent, introduit une concession ; c’est un synonyme de « quoique » ; les deux conjonctions sont d’ailleurs suivies toutes les deux du subjonctif.

Bien que / Quoique le mariage soit en recul, la majorité des jeunes en rêvent encore.

« Quoique », à son tour, est souvent confondu avec « quoi que ». « Quoi que » est une locution pronominale qui signifie « quelle que soit la chose qui, quelle que soit la chose que ». La locution s’écrit toujours en deux mots. Une bonne partie du problème est que les deux expressions sont suivies du subjonctif.

Quoi que je fasse, il reste encore trop de fautes dans mes exercices.

Pour savoir si vous devez écrire « quoique » ou « quoi que », il vous suffit de voir si vous pouvez remplacer l’expression par « bien que » ; si c’est le cas, alors vous l’écrirez en un seul mot !

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L’expression de la condition et de l’hypothèse en français

Hypothèse en français

Les étudiants en français langue étrangère connaissent généralement l’emploi du si pour lequel on distingue trois cas :

1. Si + présent/passé composé + présent, futur ou impératif

Si tu as le temps, tu peux venir.

Si tu as le temps, tu viendras nous voir ?

Si tu as le temps, viens nous voir.

Si tu as fini, tu peux sortir.

2. Si + imparfait + conditionnel présent

S’il faisait beau demain, on pourrait aller pique-niquer.

3. Si + plus-que-parfait + conditionnel passé

Si tu étais venu, tu aurais pu rencontrer Mario. (mais tu n’es pas venu et c’est maintenant trop tard)

Mais il existe d’autres manières d’exprimer la condition et l’hypothèse, que les étudiants oublient souvent :

–       Au cas où + conditionnel (présent ou passé)

La principale difficulté, ici, pour les hispanophones/catalanophones est d’employer le conditionnel et non le subjonctif, comme ils ont tendance à le faire (influence de leur langue maternelle) :

Au cas où tu aurais perdu mon adresse, je te redonne mes coordonnées.

–       A condition que, pourvu que + subjonctif

Je veux bien te prêter ma voiture à condition que tu sois prudent.

La conjonction à condition que se transforme en à condition de si le sujet des verbes des deux propositions est le même :

Pierre fera ce travail à condition d’avoir le temps. (le sujet à « faire ce travail » et à « avoir le temps », c’est Pierre).

–       Le gérondif

On utilise aussi très souvent le gérondif :

En cherchant bien, tu la retrouveras, cette bague !

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Exprimer la cause en français : à cause de, grâce à, en raison de

En français, on distingue traditionnellement trois connecteurs introduisant la cause ; ils fonctionnent de la même manière mais sont sémantiquement différents : à cause de, grâce à, et en raison de. À cause de introduit une cause jugée négative par le locuteur :

Les vols à destination de Paris sont annulés à cause de la neige.

Grâce à, à l’inverse, présente une cause jugée positive :

Si j’ai réussi à obtenir ce travail, je peux dire que c’est grâce à toi.

En raison de permet au locuteur de ne pas se positionner et de présenter la cause de manière neutre ; le présentateur du journal télévisé dira donc :

Aujourd’hui, la circulation des trains de banlieue a été perturbée en raison de la grève des cheminots.

Dire « à cause de » signifierait qu’il prend parti et qu’il juge cette grève inutile, infondée, etc.

Ces trois expressions sont toutes suivies d’un substantif : *à cause de que*, *grâce à de que* et *en raison de que* ne sont pas corrects et ne peuvent donc pas être utilisés. Si vous ne connaissez pas le substantif correspondant au verbe, vous pouvez toujours passer par l’expression « le fait que » :

Il n’a pas pu la voir à cause de qu’elle est partie.

Il n’a pas pu la voir à cause du fait qu’elle est partie.

Attention à la locution dû à : beaucoup d’hispanophones et de catalanophones l’utilisent mal. Vous ne pouvez pas la placer en tête de phrase (traduction littérale de debido a/degut a). Dû à suit le verbe être :

Le retard des vols est dû à la neige.

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Expression de l’opposition : Bien que, Quoique et Malgré

Nous avons déjà abordé dans ce blog l’expression de l’opposition en français (voir notre post sur mais et quand même ainsi que celui sur pourtant). Il existe d’autres connecteurs logiques qui introduisent l’opposition.

Bien que et quoique sont synonymes (quoique est peut-être moins employé à l’oral que bien que, mais cela dépend du locuteur et de sa région d’origine) ; l’unique difficulté dans leur utilisation est qu’il vous faudra conjuguer le verbe qui les suit au subjonctif.

Bien que [=quoique] nous lui ayons conseillé d’appeler un réparateur, il a préféré le faire lui-même.

Attention à ne pas confondre quoique et quoi que ! Erreur commune, les deux expressions étant suivies du subjonctif. Quoi que signifie quel que soit, peu importe, comme dans :

Quoi que je fasse, elle n’est jamais contente.

C’est à dire : Peu importe ce que je fais, elle n’est pas contente.

Vous pouvez aussi introduire l’opposition avec malgré. Mais vous devez veiller à le faire suivre d’un substantif :

Malgré la pluie, le picnic est maintenu.

La locution malgré que (suivi du subjonctif) est en principe incorrecte (c’est ennuyeux pour les Catalans, parce qu’elle présente l’avantage d’être très proche du malgrat que !). Toutefois, une majorité de Français l’utilisant, on peut difficilement la refuser aux étudiants de français langue étrangère ! Malgré que est donc un synonyme de bien que et de quoique.

Malgré que nous lui ayons conseillé d’appeler un réparateur, il a préféré le faire lui-même.

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Exprimer la cause avec « d’autant… que »

Les étudiants en français langue étrangère ont traditionnellement des difficultés à utiliser (voire comprendre) la conjonction « d’autant… que ». La raison principale est qu’il n’en existe pas de traduction dans leur langue maternelle. Et pourtant, elle est très commune en français, tant à l’oral qu’à l’écrit, car c’est aussi un procédé de rhétorique. En effet, elle permet d’ajouter une autre cause à une cause première qui peut être exprimée ou sous-entendue (cas d’ailleurs très fréquent) ; on peut donc, grâce à elle, renforcer un argument.

Elle n’est jamais en tête de phrase et se place à l’intérieur de la phrase. Elle est souvent associée à des termes comparatifs :

–       d’autant plus/moins + adjectif + que
–       d’autant plus/moins de + nom + que
–       d’autant (plus/moins) que + proposition

Voici quelques exemples pour comprendre l’utilisation de cette conjonction.

Le candidat élu était d’autant plus heureux qu’il pensait ne pas pouvoir gagner.

Cause première à son bonheur (non exprimée, mais implicite) : son élection ; cause seconde : c’est une surprise pour lui, il pensait perdre.

Durant l’épreuve, le cycliste avait d’autant moins de force qu’il s’était mal alimenté la veille.

Cause première à sa fatigue (non exprimée, mais implicite) : son effort physique durant la course ; cause seconde : sa mauvaise alimentation.

Je ne vous en veux pas du tout, d’autant (plus) que personne n’est à l’abri d’une erreur.

Cause première (non exprimée, même implicitement) : je ne suis pas rancunier par nature ; cause seconde : je sais que tout le monde peut faire des erreurs.

C’est tout pour cette année. Nous continuons à travailler au mois de juillet mais le blog prend ses vacances !

Bon été à tous !

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Exprimer le but grâce au connecteur « histoire de »

Il y a, dans l’enseignement du français langue étrangère, quelques mots ou expressions qui sont de grands oubliés. Pourquoi un tel oubli ? Parce qu’ils sont souvent uniquement utilisés à l’oral (et appartiennent donc au registre informel) et que la langue d’apprentissage est encore trop fréquemment la langue écrite.

C’est le cas du connecteur logique « histoire de ». À l’oral, « histoire de » concurrence fortement « pour » ; certains locuteurs semblent même ne connaître que lui : « histoire de » se convertit en un véritable tic de langage. Comme « pour », il introduit le but. Cependant, contrairement à lui, il ne peut être suivi d’un substantif. Vous devrez donc obligatoirement le faire suivre d’un verbe à l’infinitif.

Je les ai rappelés hier, histoire de voir s’ils se souvenaient de moi.

Nous sommes allés au parc Monceau, histoire de nous aérer un peu.

En général, le locuteur marque une brève pause juste avant le connecteur « histoire de » (ce que nous avons signalé ici par la virgule).

À l’écrit, « histoire de » n’est pratiquement jamais utilisé, ce serait trop informel. On lui préfère « pour », « afin de », « de façon que », etc.

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Signification de : ailleurs, par ailleurs, d’ailleurs

De nombreux apprenants en français confondent trois expressions qui se ressemblent beaucoup, car elles sont construites à partir du même mot : ailleurs ; ce sont « ailleurs », « par ailleurs » et « d’ailleurs ».
« Ailleurs » est un adverbe qui signifie « en un autre lieu », ce qui pourrait se traduire par :

Le restaurant où nous avons l’habitude d’aller était complet, nous sommes donc allés ailleurs.

« Par ailleurs » et « d’ailleurs » sont des connecteurs logiques. « En outre » ou « d’autre part » sont des synonymes de « par ailleurs ». Cette locution introduit un complément d’information à une affirmation.

L’inscription au club de ping-pong vous permet d’accéder à toutes les installations sportives. Par ailleurs, grâce à elle, vous bénéficierez d’une réduction dans le magasin de sport du quartier.

« D’ailleurs » vient renforcer l’affirmation donnée précédemment :

Il est vrai qu’il aime écrire. D’ailleurs, c’est assez normal puisqu’il vient d’une famille d’écrivains.

Le problème tient à ce que la nuance entre ces deux derniers mots n’est pas facile : parfois les deux sont possibles !

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Le connecteur de la conséquence « aussi »

Aussi est un des premiers mots que l’apprenant rencontre et mémorise lors de la classe de français :

– J’aime la musique reggae, et toi ?
– Moi aussi.

Mais aussi a une autre signification que l’immense majorité des étudiants ignorent : c’est un connecteur logique introduisant la conséquence :

Il avait manqué son train, aussi il est arrivé en retard (ou : il avait manqué son train, aussi est-il arrivé en retard).

Ce connecteur appartient au registre de la langue soutenue et est donc peu utilisé à l’oral.

Le problème est que la signification de aussi diffère selon sa place dans la phrase : situé après le verbe, c’est un synonyme de également ; à l’attaque de la phrase, il signifie par conséquent, donc.

J’ai aussi été au supermarché = j’ai été aussi au supermarché = j’ai été au supermarché aussi.

Mais :

Aussi j’ai été au supermarché.

Une erreur des hispanophones et des catalanophones est d’imiter la syntaxe de leur langue. También et també se traduisent par aussi et peuvent être placés n’importe où dans la phrase ; il est cependant fréquent qu’ils soient situés à son commencement. L’étudiant traduisant littéralement aura donc tendance à commencer sa phrase par aussi sans se rendre compte que la signification change alors. Soyez donc vigilant au moment d’utiliser aussi !

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Cartésianisme et connecteurs logiques

Les Français sont cartésiens, histoire et tradition obligent ; même s’ils sont aussi impulsifs, histoire et révolutions obligent aussi !

En tout cas ils organisent leur pensée autour de liens logiques qu’ils verbalisent presque toujours : ce sont les fameux connecteurs logiques exprimant l’opposition, la concession, la cause, la conséquence, le but (voir notre section « Connecteurs »). Pour communiquer efficacement avec les Français dans leur langue, il convient non seulement de bien parler la langue mais aussi d’adopter au mieux leurs modes et schémas de pensée. Sinon, le risque est grand, au mieux qu’ils ne vous comprennent pas bien, au pire qu’ils se méfient d’un discours qui leur semblera être de l’amateurisme ou un bricolage plein d’approximations.

Leur pensée part toujours de ce que les choses devraient être et non de que qu’elles sont ; la théorie les intéresse parfois plus que la réalité, c’est ce qui les oppose au pragmatisme anglo-saxon (cette opposition est parfaitement illustrée par une blague anglaise : Un jour, on prouve à un Français que Dieu existe, ce à quoi le Français répond : « D’accord, il existe réellement, mais… en théorie ? »).

A chaque fois que c’est possible, semez donc votre discours en français de connecteurs logiques : votre interlocuteur vous en saura toujours gré.

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L’expression de l’opposition grâce à “pourtant”

De nombreux hispanophones et de catalanophones se trompent régulièrement sur l’usage de pourtant en français. Il est vrai que les langues semblent parfois prendre un malin plaisir à nous piéger.

Pourtant est un faux ami : ce n’est ni por lo tanto en espagnol, ni per tant en catalan, même s’il semble être leur traduction littérale. De fait, à l’origine, elle l’était : le sens ancien de pourtant est : pour cela, pour cette raison. Aujourd’hui, cette signification est tout à fait inusitée.

La confusion est d’autant plus regrettable que ces trois expressions sont toutes des connecteurs logiques dans leur langue. Mais por lo tanto et per tant continuent à introduire une conséquence alors que pourtant est devenu un connecteur logique d’opposition ; c’est un synonyme de malgré cela et néanmoins :

– Cette plante ne pousse pas ; pourtant je l’arrose.

Pourtant est très souvent associé à l’oral à et :

– Cette plante ne pousse pas, et pourtant je l’arrose.

L’expression et pourtant peut même s’employer seule, sous forme exclamative :

– Qu’est-ce qu’elle a ta plante ? Elle semble toute sèche.

Et pourtant ! Je l’arrose tous les jours !

Ici, entre « Et pourtant ! » et « Je l’arrose tous les jours ! », le locuteur fera naturellement une pause plus ou moins marquée selon le degré de surprise et d’incompréhension qu’il voudra souligner.

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