La réunion de travail en France

Une enquête de 2020 a montré qu’une large majorité des salariés français estiment que les réunions de travail ne sont pas productives. Ce sujet est d’autant plus sensible qu’ils passent en moyenne 4 heures par semaine en réunion (il a d’ailleurs été montré que plus l’entreprise est importante, plus les réunions sont nombreuses). Selon certains, des sociétés souffrent ainsi de « réunionite » aigüe.

Mais c’est oublier qu’en France la réunion est plus un lieu de débat que de décision. Voilà pourquoi, même s’il est en principe impoli d’interrompre un interlocuteur, cela reste relativement habitueldurant une réunion professionnelle. Chacun cherche avant tout à convaincre l’assemblée, à expliquer et à justifier chaque élément mentionné. Les questions sont nombreuses et les digressionspar rapport à l’ordre du jour sont fréquentes. De même, afin de faciliter le débat, il est généralement déconseillé de stopper les apartés entre collègues durant la réunion : ceux-ci ne discutent pas forcément de leurs prochaines vacances, ils échangent sans doute aussi des idées intéressantes sur le sujet en cours.

Les Français adoptent souvent un raisonnement déductif : ils s’appuient sur un contexte général pour arriver à des propositions particulières. Un discours structuré (où les connecteurs sont presque systématiquement exposés) vient appuyer ce raisonnement. On a également tendance à personnaliser les problèmes, ce qui peut renvoyer au second plan la recherche d’une solution.

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L’usage des connecteurs logiques

Les Français sont cartésiens, histoire et tradition obligent ; même s’ils sont aussi impulsifs, histoire et révolutions obligent aussi !

En tout cas, ils organisent leur pensée autour de liens logiques qu’ils verbalisent presque toujours : ce sont les fameux connecteurs logiques exprimant l’opposition, la concession, la cause, la conséquence, le but. Pour communiquer efficacement avec les Français dans leur langue, il convient non seulement de bien parler la langue mais aussi d’adopter au mieux leurs modes et schémas de pensée. Sinon, le risque est grand, au mieux qu’ils ne vous comprennent pas bien, au pire qu’ils se méfient d’un discours qui leur semblera être de l’amateurisme ou un bricolage plein d’approximations.

Leur pensée part toujours de ce que les choses devraient être et non de que qu’elles sont ; la théorie les intéresse parfois plus que la réalité, c’est ce qui les oppose au pragmatisme anglo-saxon (cette opposition est parfaitement illustrée par une blague anglaise : Un jour, on prouve à un Français que Dieu existe, ce à quoi le Français répond : « D’accord, il existe réellement, mais… en théorie ? »).

A chaque fois que c’est possible, semez donc votre discours en français de connecteurs logiques : votre interlocuteur vous en saura toujours gré.

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Fréquence des connecteurs logiques en français

Même si, pourtant, du coup, quand même, donc, certes, orles francophones sèment naturellement leurs conversations d’un nombre impressionnant de connecteurs logiques. D’autres langues choisissent de les omettre carrément ou du moins n’en font pas un tel usage, qui peut sembler abusif. Peut-être est-ce là encore un héritage de la pensée de Descartes dont la plus célèbre phrase est, comme par hasard, « Je pense donc je suis ».

Tous les arguments d’un raisonnement s’enchaînent les uns les autres par une relation de cause à effet, d’opposition, de concession, de but. Pour les francophones, exprimer presque systématiquement toutes ces relations par un connecteur oblige le locuteur à une pensée méthodique et permet à l’auditeur de mieux suivre le raisonnement de l’autre.

Certains connecteurs permettent d’annoncer à l’avance le cheminement de sa pensée et créent des attentes chez l’auditeur. C’est par exemple le cas de certes, qui nécessite 3 étapes :

  1. Certes + affirmation
  2. Mais + objection à cette affirmation
  3. Donc + conséquence de cette objection

En commençant une phrase par certes, vous annoncez automatiquement les étapes 2 et 3 : votre interlocuteur voudra nécessairement savoir où vous voulez en venir. Avec un francophone, essayez d’utiliser certes en omettant les 2 dernières étapes. Vous remarquerez immédiatement une surprise mêlée d’incompréhension sur le visage de votre interlocuteur : il attend la suite de votre raisonnement !!

Plus le discours se veut démonstratif et formel (présentation de projets, analyse de résultats, etc.), plus les connecteurs sont proportionnellement nombreux. Savoir bien utiliser les connecteurs améliorera sensiblement votre communication avec les francophones.

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Associer mais et quand même pour exprimer l’opposition

Pour exprimer l’opposition à l’oral, beaucoup de Français usent et abusent du mais en l’associant à quand même.

Vous pouvez évidemment les employer séparément :

– Je lui ai dit que c’était dangereux mais il est parti.

– Je lui ai dit que c’était dangereux : il est quand même parti.

Mais on pourra choisir de dire l’oral :

– Je lui ai dit que c’était dangereux mais il est quand même parti. (ou : mais il est parti quand même)

Dans ce cas, quand même vient renforcer le mais et l’opposition. C’est un peu comme, à l’oral, on fait parfois des reprises non nécessaires :

Paul, il est parti avec sa voisine

Le livre, tu me le rends demain, d’accord ?

Pour bien utiliser quand même, vous devez le placer après le verbe :

*Il n’a pas le permis, quand même il conduit* n’est pas possible.

Il n’a pas le permis (mais) il conduit quand même.

Cependant, quand il est associé à mais, il est possible de le rencontrer avant le verbe :

Il n’a pas le permis mais quand même il conduit !

Quand même est également utilisé pour montrer son mécontentement, pour souligner que l’autre exagère. Imaginez qu’on vous pousse un peu trop brutalement dans une queue ; vous vous retournez et dites en fronçant les sourcils à la personne derrière vous : « Quand même ! »

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À l’oral, le connecteur logique « histoire de »

Il y a, dans l’enseignement du français langue étrangère, quelques mots ou expressions qui sont degrands oubliés. Pourquoi un tel oubli ? Parce qu’ils sont souvent uniquement utilisés à l’oral (et appartiennent donc au registre informel) et que la langue d’apprentissage est encore trop fréquemment la langue écrite.

C’est le cas du connecteur logique « histoire de ». À l’oral, « histoire de » concurrence fortement « pour » et « afin de » ; certains locuteurs semblent même ne connaître que lui : « histoire de » se convertit en un véritable tic de langage. Comme « pour », il introduit le but. Cependant, contrairement à lui, il ne peut être suivi d’un substantif. Vous devrez donc obligatoirement le faire suivre d’un verbe à l’infinitif.

Je les ai rappelés hier, histoire de voir s’ils se souvenaient de moi.

Nous sommes allés au parc Monceau, histoire de nous aérer un peu.

En général, le locuteur marque une brève pause juste avant le connecteur « histoire de » (ce que nous avons signalé ici par la virgule).

À l’écrit, « histoire de » n’est pratiquement jamais utilisé, ce serait trop informel. On lui préfère « pour », « afin de », « de façon que », etc.

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Le lien logique « histoire de »

Les connecteurs logiques introduisant le but traditionnellement enseignés en classe de français langue étrangère sont connus : pour (pour que), afin de (afin que), dans le but de. On ajoute parfois une série de locutions plus formelles exprimant un but à éviter : de peur de (de peur que) et de crainte de (de crainte que). C’est en général à peu près tout.

Comparé aux autres articulations logiques (notamment celles de la cause, de la conséquence, de l’opposition et de la concession), la langue française semble assez pauvre pour introduire le but. Surtout quand on connait l’amour des Français pour les liens logiques.

Il existe pourtant une autre locution, rarement étudiée en classe et presque jamais présentée dans les manuels, familière et très utilisée à l’oral par tous les francophones (au point même d’évacuer parfois toutes les autres). C’est histoire de :

Tu ne veux pas qu’on s’arrête un peu, histoire de manger quelque chose ?

La locution histoire de peut se décliner en histoire que + subjonctif quand le sujet des deux phrases est différent :

Il leur a envoyé un plan de la région histoire qu’elles puissent trouver la maison sans problème.

Pour sa fréquence d’utilisation à l’oral, histoire de serait un peu le pendant de du coup (qui introduit la conséquence).

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Comment exprimer l’hypothèse en français

Les étudiants en français langue étrangère connaissent généralement l’emploi du si pour lequel on distingue trois cas :

  1. Si + présent/passé composé + présent, futur ou impératif

Si tu as le temps, tu peux venir.

Si tu as le temps, tu viendras nous voir ?

Si tu as le temps, viens nous voir.

Si tu as fini, tu peux sortir.

  1. Si + imparfait + conditionnel présent

S’il faisait beau demain, on pourrait aller pique-niquer.

  1. Si + plus-que-parfait + conditionnel passé

Si tu étais venu, tu aurais pu rencontrer Mario. (mais tu n’es pas venu et c’est maintenant trop tard)

Mais il existe d’autres manières d’exprimer la condition et l’hypothèse, que les étudiants oublient souvent :

  • Au cas où + conditionnel (présent ou passé)

La principale difficulté, ici, pour les hispanophones et les catalanophones est d’employer le conditionnel et non le subjonctif, comme ils ont tendance à le faire (influence de leur langue maternelle) :

Au cas où tu aurais perdu mon adresse, je te redonne mes coordonnées.

  • A condition que, pourvu que + subjonctif

Je veux bien te prêter ma voiture à condition que tu sois prudent.

La conjonction à condition que se transforme en à condition de si le sujet des verbes des deux propositions est le même :

Pierre fera ce travail à condition d’avoir le temps. (le sujet à « faire ce travail » et à « avoir le temps », c’est Pierre).

  • Le gérondif

On utilise aussi très souvent le gérondif :

En cherchant bien, tu la retrouveras, cette bague !

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Les expressions avec « ailleurs »

De nombreux d’apprenants en français confondent trois expressions qui se ressemblent beaucoup, car elles sont construites à partir du même mot : ailleurs ; ce sont « ailleurs », « par ailleurs » et « d’ailleurs ».

« Ailleurs » est un adverbe qui signifie « en un autre lieu », ce qui pourrait se traduire par :

Le restaurant où nous avons l’habitude d’aller était complet, nous sommes donc allés ailleurs.

« Par ailleurs » et « d’ailleurs » sont des connecteurs logiques. Ce sont ces deux expressions qui posent le plus de difficultés.« En outre » ou « d’autre part » sont des synonymes de « par ailleurs ». Cette locution introduit un complément d’information à une affirmation.

L’inscription au club de ping-pong vous permet d’accéder à toutes les installations sportives. Par ailleurs, grâce à elle, vous bénéficierez d’une réduction dans le magasin de sport du quartier.

« D’ailleurs », lui, vient renforcer l’affirmation donnée précédemment :

Il est vrai qu’il aime écrire. D’ailleurs, c’est assez normal puisqu’il vient d’une famille d’écrivains.

Bien que nous continuions à travailler durant le mois de juillet, les vacances de notre blog commencent dès aujourd’hui. Nous vous souhaitons à tous et à toutes un excellent été et espérons vous retrouver dès le début du mois de septembre !

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Introduire la conséquence avec « AUSSI »

Aussi est un des premiers mots que l’apprenant rencontre et mémorise lors de la classe de français :

J’aime la musique reggae, et toi ?

Moi aussi.

Mais aussi a une autre signification que l’immense majorité des étudiants ignorent : c’est un connecteur logique introduisant la conséquence :

Il avait manqué son train, aussi il est arrivé en retard (ou : il avait manqué son train, aussi est-il arrivé en retard).

Ce connecteur appartient au registre de la langue soutenue et est donc peu utilisé à l’oral.

Le problème est que la signification de aussi diffère selon sa place dans la phrase : situé après le verbe, c’est un synonyme de également ; à l’attaque de la phrase, il signifie par conséquent, donc.

J’ai aussi été au supermarché = j’ai été aussi au supermarché = j’ai été au supermarché aussi.

Mais :

Aussi, j’ai été au supermarché.

Une erreur des hispanophones et des catalanophones est d’imiter la syntaxe de leur langue. También et també se traduisent par aussi et peuvent être placés n’importe où dans la phrase ; il est cependant fréquent qu’ils soient situés à son commencement. L’étudiant traduisant littéralement aura donc tendance à commencer sa phrase par aussi sans se rendre compte que la signification change alors. Soyez donc vigilant au moment d’utiliser aussi !

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La locution adverbiale « du coup »

Vous connaissez certainement de nombreux connecteurs logiques de conséquence : donc, alors, par conséquent, ainsi… Mais il existe une locution adverbiale que peu d’étudiants en français langue étrangère connaissent : c’est du coup.

Cette expression est très employée, de plus en plus employée, et même, au dire de certains, trop employée : cela devient un tic ou une manie de semer ses phrases de du coup. Vous devez faire attention à réserver son emploi aux situations informelles et essentiellement à l’oral : l’expression est familière.

C’est presqu’un synonyme de par conséquent – qui, lui, n’est pas utilisé à l’oral. On dit parfois que du coup s’emploie quand la conséquence est inattendue. Ce n’est pas tout à fait exact. En utilisant cette expression, vous faites simplement semblant de croire que la conséquence de la première proposition est unique et somme toute logique.

Dans :

Il y avait une promotion sur les portables du coup j’en ai acheté un.

il n’y a pas de relation de cause à effet entre l’affirmation et l’action : ce n’est pas parce qu’il y a une promotion qu’on achète automatiquement un portable. Et pourtant, c’est ce que vous dites, ce qui vous permet de légitimer votre action (ici votre achat) : vous avez eu raison, il était normal d’en acheter un puisqu’il y avait une promotion.

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