Le pronom complément Y en français

Après le pronom complément EN d’il y a quinze jours, voici le pronom complément Y.

On associe souvent l’utilisation du pronom complément Y avec la préposition À ; c’est en partie inexact.

Vous pouvez l’utiliser pour remplacer les compléments de lieu, qui souvent, c’est vrai, sont introduits par la préposition À, mais pas toujours !

Claire habite à Rome / Claire y habite.

Mais attention :

Je suis sur la Place Catalogne depuis une demie heure / j’y suis depuis une demie heure.

Nous allons en Pologne cet été / nous y allons.

Y remplace également les compléments de verbes qui sont introduits par la préposition À : penser à, participer à, remédier à, etc.

Ils jouent à la marelle / ils y jouent.

Attention ! Comme EN, le pronom Y ne peut pas substituer une personne, vous devrez utiliser le pronom tonique :

Je pense à mon grand-père / j’y pense / je pense à lui.

Enfin, il existe de nombreuse expressions idiomatiques avec Y, une des plus connues est : Ça y est ! Cette expression est utilisée quand quelque chose est achevé ou réalisé.

Ça y est ! Je suis en vacances !

Ça y est ! Il est encore dans la lune !

Pour terminer, attention à l’utilisation de l’expression il y a (où la tournure impersonnelle a intégré le pronom complément de lieu Y) avec le pronom EN.

Il y a beaucoup de touristes / il y en a (sans oublier la liaison obligatoire de EN avec le verbe A).

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L’enchaînement consonantique en français

En phonétique française, on confond généralement l’enchaînement consonantique et la liaison. Si elles trouvent leur explication dans la même règle, ce sont pourtant deux mêmes phénomènes différents.

La liaison, comme nous l’avons vu dans un article précédent, consiste à prononcer la consonne finale d’un mot, qui en principe ne se prononce pas, lorsque le mot suivant commence par une voyelle. Elle a pour objectif de diminuer le nombre d’occurrences de l’hiatus et d’augmenter la fréquence des syllabes dites ouvertes Consonne+Voyelle (type « pa », « lu », fon », etc.).

L’enchaînement consonantique, lui, consiste à enchaîner la consonne finale d’un mot (consonne qui doit être prononcée de toute façon) avec la voyelle initiale du mot suivant de façon à constituer une syllabe Consonne+Voyelle.

Écouter les exemples suivants (les enchaînements sont notés en caractères gras) :

 

Un groupe. Un groupe important (un-grou-pun-por-tant)

 

Vive. Vive allure (vi-va-llure)

 

Sa sœur. Sa sœur aînée (Sa-sœ-raî-née)

 

 

Pour ces trois exemples, il sera donc impossible à francophones de prononcer comme dans les enregistrements suivants :

Un groupe/ important

Vive/allure

Sa sœur/aînée

 

 

La liaison et l’enchaînement semblent à première vue être des phénomènes secondaires de la phonétique française ; il est cependant indispensable de les maîtriser tant pour la compréhension que pour l’expression. En ne les respectant pas, vous changerez immanquablement la « musique » du français (ici son rythme) et votre interlocuteur risque de ne plus vous comprendre !

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Déformation à l’oral du pronom sujet VOUS

Outre le e caduc, d’autres sons ont tendance à disparaître en français oral spontané. Cela complique d’ailleurs beaucoup la compréhension orale des étudiants Français Langue Étrangère. Il est donc nécessaire de travailler en cours ces caractéristiques de la langue orale française.

Les pronoms personnels sujets sont par exemple largement déformés à l’oral. On sait que, en français, ces pronoms fonctionnent finalement comme des désinences verbales antéposées au verbe. Phonétiquement, la morphologie orale du verbe est souvent identique aux trois premières personnes du singulier (voire aussi à la troisième du pluriel).

 

Exemple : Je parle, Tu parles, Il parle, Ils parlent

 

Ce sont donc les pronoms personnels sujets qui nous permettent de distinguer les personnes, et c’est pour cette raison qu’ils sont indispensables. Mais cela n’empêche pas les Francophones, à l’oral, de les raccourcir dès que c’est possible !

C’est le cas du pronom sujet vous, qui pourra donc, selon le degré de relâchement du locuteur, être transformé en [vz], [uz] ou [z] devant voyelle et en [u] devant consonne.

 

« Vous allez bien ? » peut être prononcé :

 

Et « Vous prenez du sucre ? » pourra être prononcé :

 

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L’apostrophe en français

Apostrophe en françaisL’apostrophe a été introduite dans le français de la Renaissance ; elle existe aussi en italien, en espagnol, en catalan, en anglais et en allemand mais c’est en français qu’elle est la plus fréquente. Jusqu’au Moyen Âge, on agglutinait les articles avec le mot qui suivait (il en reste d’ailleurs des traces dans certains mots comme gendarme ou Lille).

C’est un signe qui s’emploie pour remplacer des voyelles finales a et e de certains mots quand ils sont placés devant un mot qui commence par voyelle ou h muet ; il remplace aussi le i de la conjonction « si » quand elle est suivie du pronom il.

la + étudiante = l’étudiante

je + étais = j’étais

si + il le veut = s’il le veut

Le langage familier multiplie l’utilisation de l’apostrophe. Elle marque alors l’élision du i dans le pronom relatif « qui » et du u dans le pronom personnel « tu ».

L’homme qui est arrivé = l’homme qu’est arrivé

Tu es parti quand ? = t’es parti quand ?

L’apostrophe peut aussi marquer l’élision de e devant consonne voire de certaines consonnes finales dans le langage populaire !

Je vais te le dire = j’vais t’le dire

C’est possible = c’est possib’

C’est un quatre quatre = c’est un quat’ quat’

Bien savoir utiliser l’apostrophe est donc très important pour parler correctement français !

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Petit cours sur l’accent tonique en français (2)

La dernière fois, nous vous avons expliqué quelques règles pour améliorer votre prononciation en français. Mais après la théorie, passons à la pratique ! Voici aujourd’hui deux petites activités qui vous permettront maintenant de vous exercer.

Nous vous proposons une liste de mots qui ne vous poseront certainement aucun problème de compréhension. Comment les prononceriez-vous si vous étiez Français ?

Abracadabra, Pavarotti, Madonna, México, Zapatero, Penelope Cruz, Ulldecona, Grosso modo, Antonio Banderas, Métro, CD, Parking, Alonso, Zorro, Fiasco, Cinéma, Carmen, Basta, Moto, Pizza

Vous avez trouvé ? Alors écoutez maintenant la solution :

 

Mais rien n’est mieux que d’imiter les Français eux-mêmes quand ils parlent votre langue. Car ils reproduisent inconsciemment la « musique » de leur langue, c’est à dire, notamment, les règles d’accentuation qui sont propres au français. Voici un exemple de ce que cela peut donner :

 

Lancez-vous sans honte, n’ayez pas peur d’exagérer, de caricaturer et souvenez-vous : « Celui qui imite bien a tout compris » !

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Petit cours sur l’accent tonique en français (1)

Aujourd’hui, nous allons voir quelques règles simples pour améliorer très facilement sa prononciation en français. La phonétique du français se distingue de l’espagnole et de la catalane à différents points de vue:

1. La différence la plus importante est que l’accentuation française n’est pas lexicale (comme en espagnol : « acento », « xico », et comme en catalan : « accent », « xic »). Le français est une langue à accent fixe, c’est à dire que c’est la position de la syllabe dans la chaine sonore qui détermine son accentuation.

Comparer :

« J’ai deux chats », où l’accent est sur la troisième syllabe « chats »

et : « J’ai deux chats gris », où l’accent est sur la quatrième syllabe « gris ».

Accent tonique en français2. La première syllabe n’est jamais accentuée. Les deuxièmes, troisièmes et quatrièmes syllabes sont majoritairement accentuées (dans la pratique, des groupes rythmiques de 5 ou 6 syllabes existent mais c’est moins fréquent).

3. Les mots de deux syllabes ou plus qui sont accentués le sont sur la dernière syllabe.

4. Les accents en français ne sont jamais des indices d’accentuation mais de prononciation : ils permettent de prononcer des sons. « Début » et « désert » sont accentués sur –but et –sert. Sans les accents sur les « e » on prononcerait un e caduc comme dans « le » : « debut » et « desert ».

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Prononciation de la graphie -QU- en français

Mais comment prononcer la graphie –qu- en français : [k] ou [kw] ? Beaucoup d’étudiants hispanophones et catalanophones hésitent couramment. Disons simplement que dans l’immense majorité des cas, cette graphie se prononce [k] : quand, qui, quoi. Attention : dans ce dernier cas, vous entendez bien [kw] mais c’est à cause de la graphie –oi- !

Ça, c’est pour la statistique ! Mais, en réalité, lorsque le mot est encore perçu comme un emprunt à une langue étrangère (c’est à dire, ici, au latin), les Français veulent respecter les règles de prononciation de cette langue. Pour le cas qui nous occupe aujourd’hui, si le mot qui contient la graphie –qu- leur semble encore être un mot savant emprunté au latin, les Français prononceront [kw]. Voyez par exemple les mots composés en aqua (« eau » en latin) : aquarelle, aquaculture, aquagym, etc.

Mais ce serait encore trop simple ! Les Français eux-mêmes semblent hésiter entre deux prononciations : cette hésitation est d’ailleurs signe que le mot s’intègre peu à peu dans la langue et ne se perçoit presque plus comme un emprunt. Prenons le mot quadruple : vous entendrez certains Français prononcer [k] mais d’autres diront [kwa] !

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Les liaisons en français

Le phénomène de la liaison consiste à prononcer la consonne finale d’un mot, qui en principe ne se prononce pas, lorsque le mot suivant commence par une voyelle. Elle permet, entre autre, d’éviter l’hiatus.

« Elle entrait et disait » : le t final de « entrait » qui ne pourrait pas se prononcer dans : « Elle entrait », peut ici être sonorisé : [ɛlãtRɛtedizɛ].

Le problème est qu’il existe plusieurs types de liaison : celles qui sont obligatoires, celles qui sont facultatives et celles qui sont interdites. Comment savoir à quel type de liaison on a affaire ? C’est difficile de le savoir. On peut essayer de dégager quelques grandes règles, même si celles-ci ne sont pas tout à fait exactes.

Les liaisons obligatoires concernent souvent les groupes de mots qui forment une unité telle que ces mots ne pourraient pas exister séparément :

Dans « Ils ont » et « Vous allez », les pronoms « ils » et « vous » sont étroitement liés à la base verbale. On prononcera donc : [ilzɔ̃] et [vuzale] et non *[il/ɔ̃] ou *[vu/ale].

Les liaisons sont interdites lorsqu’elles uniraient deux groupes de mots de fonction grammaticale différente :

Dans « Le printemps est arrivé », « le printemps » est sujet et « est arrivé » est le verbe ; il est impossible d’unir par une liaison ces deux groupes en disant : *[lɘpRɛ̃tazɛtarive].

Pour le reste des cas, la liaison est facultative. Il vous reste simplement à savoir que plus vous faites les liaisons facultatives, plus votre registre est soutenu et « élégant ».

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Le h en français : prononciation

Mais à quoi sert donc le h en français ? On ne le prononce jamais ! La situation se complique quand on sait qu’il existe en français deux type de h : le h aspiré et le h muet.  Les Français semblent parfois bien tordus : pourquoi inventer deux variantes à un son qui n’existe pas ? C’est que, si le h ne se prononce pas, il a pourtant des conséquences sur l’élision et la liaison : un h aspiré les interdit alors qu’un h muet l’autorise :

Le hameau et Les hameaux (sans liaison)

L’heure et  Les heures (avec liaison)

Comment savoir si le h est aspiré ou muet ? En général, si le mot est importé et possède un son h articulé dans sa langue d’origine (les langues germaniques, l’anglais et les langues orientales notamment), le h sera conservé dans l’orthographe française, et sera aspiré (mais ne sera plus articulé, comme on vient de le voir). Mais de nombreux mots d’origine étrangère finissent, avec l’usage, par perdre leur h aspiré. C’est le cas par exemple de handicap, qui vient de l’expression anglaise hand in cap, signifiant « main dans le chapeau ». Beaucoup de francophones prononcent aujourd’hui :

L’handicapé et Les handicapés (avec liaison)

Il n’existe donc pas de truc infaillible pour savoir si le h à l’initiale est muet ou aspiré. La meilleure solution, en français langue étrangère, c’est de le mémoriser pour chaque mot !

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La langue française tente d’éviter l’hiatus (2)

Nous avons vu, il y a deux semaines, que les Français détestaient prononcer l’hiatus et que les processus inventés par eux afin de l’éviter expliquaient bon nombre d’« exceptions » grammaticales (généralement incompréhensibles des étudiants de Français Langue Étrangère). Éviter l’hiatus explique aussi certaines déformations orales, qui, bien qu’incorrectes, n’en sont pas moins fréquentes dans le discours spontané et familier :

En principe, Qu’ est la version du pronom relatif ou interrogatif Que devant voyelle : C’est ce que je dis / C’est ce qu’il fait / Qu’est-il arrivé ? ; mais Qu’ devient aussi, à l’oral, la version du pronom relatif Qui devant un mot commençant par voyelle : « L’homme qui est arrivé hier » se transforme à l’oral en « L’homme qu’est arrivé hier ».

De la même façon, Tu devient T’ devant voyelle : « Tu es arrivé hier ? » / « T’es arrivé hier ? ».

Bien évidemment, il existe de nombreux cas où l’hiatus ne disparaît pas (on ne peut tout de même pas multiplier les « trucs » pour l’éviter !), comme dans « Il a eu » ou « Ça a été impossible ». Les Français, qui préfèrent prononcer des syllabes constituées d’une consonne et d’une voyelle (ce qui représente à leurs yeux une régularité équilibrée et harmonieuse), sont même obligés, alors, d’articuler des syllabes se réduisant à une voyelle : « Il a eu » = i-la-eu (c’est à dire voyelle/consonne+voyelle/voyelle).

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