Le mot vache et ses dérivés en langue familière

Vache

 

 

La vache, comme on sait est la femelle du taureau. Cet animal paisible et indolent nous donne son lait et sa viande, n’en déplaise aux végétariens. Mais elle donne lieu à une série de mots ou d’expressions très utilisés, surtout à l’oral.

Une vache est aussi une personne méchante (on dit aussi une peau de vache) ; dans cette acception, le mot peut d’ailleurs devenir adjectif :

Mon chef, quelle vache !

Mon chef est une peau de vache.

Mon chef, il a été vache avec moi.

Cela a aussi donné le mot vacherie, c’est à dire méchanceté :

Leur relation est pour le moins particulière : ils s’aiment et pourtant ils n’arrêtent pas de se dire des vacheries !

Au pluriel et souvent dans une phrase exclamative, les vaches désigne un sujet plus ou moins déterminé dont on se plaint :

Ah ! les vaches ! ils ne m’ont pas prévenu !

Mais l’utilisation la plus fréquente revient sûrement aux expressions La vache ! et vachement. La vache ! peut exprimer tour à tour la surprise :

– (après s’être caché et apparaissant soudainement) Bouh !

– Oh ! la vache ! tu m’as fait peur !

l’indignation :

Trois heures pour obtenir une réponse à l’accueil ! La vache ! C’est pas possible !

ou l’admiration :

– Regarde ! J’ai acheté un nouveau manteau !

– La vache !

Dans la langue familière, vachement remplace très ou beaucoup :

C’est vachement important.

Depuis notre arrivée, il pleut vachement.

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Les abréviations et les sigles en français

Les Français adorent utiliser les abréviations et les sigles, tout simplement pour aller plus vite quand ils parlent. Les mots longs de plus de trois syllabes sont donc aussi souvent que possible impitoyablement écourtés.

Parlons des sigles. La technique consiste à former un mot à partir de lettres initiales. On prononce chaque lettre l’une après l’autre, sur la même base que la phonétique de l’alphabet. Quand on les écrit, en principe on doit placer un point après chaque lettre mais on a de moins en moins tendance à le faire, comme si, justement, le sigle devenait un mot à part entière.

abréviation en françaisDans le domaine du lexique lié au français commercial, vous trouverez donc : PDG (Président Directeur Général), un travail en CDI (Contrat à Durée Indéterminée) ou en CDD (Contrat à Durée Déterminée), le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), DRH (Directeur des Ressources Humaines), etc.

Mais cette folie du sigle a même gagné les noms propres, la ministre des Affaires Étrangères de Sarkozy, qui a dû démissionner en février dernier, s’appelle Michèle Alliot-Marie : trop long ! tout le monde l’appelle donc MAM. Idem pour l’ancien Président de la République, VGE, Valéry Giscard d’Estaing, ou pour désormais le mondialement célèbre, Dominique Strauss-Kahn, DSK !

L’abréviation se fait parfois par la troncation du début ou de la fin du mot. Le plus souvent, on élimine les dernières syllabes du mot (apocope) : compta pour comptabilité, bac pour baccalauréat, bon app pour bon appétit, la pub pour la publicité, à plus pour à plus tard, aprem pour après-midi, etc. Parfois, on élimine les premières syllabes (aphérèse) : en langage parlé et relâché, bonsoir devient ‘soir, américain devient ricain, etc.

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Déformation à l’oral du pronom sujet VOUS

Outre le e caduc, d’autres sons ont tendance à disparaître en français oral spontané. Cela complique d’ailleurs beaucoup la compréhension orale des étudiants Français Langue Étrangère. Il est donc nécessaire de travailler en cours ces caractéristiques de la langue orale française.

Les pronoms personnels sujets sont par exemple largement déformés à l’oral. On sait que, en français, ces pronoms fonctionnent finalement comme des désinences verbales antéposées au verbe. Phonétiquement, la morphologie orale du verbe est souvent identique aux trois premières personnes du singulier (voire aussi à la troisième du pluriel).

 

Exemple : Je parle, Tu parles, Il parle, Ils parlent

 

Ce sont donc les pronoms personnels sujets qui nous permettent de distinguer les personnes, et c’est pour cette raison qu’ils sont indispensables. Mais cela n’empêche pas les Francophones, à l’oral, de les raccourcir dès que c’est possible !

C’est le cas du pronom sujet vous, qui pourra donc, selon le degré de relâchement du locuteur, être transformé en [vz], [uz] ou [z] devant voyelle et en [u] devant consonne.

 

« Vous allez bien ? » peut être prononcé :

 

Et « Vous prenez du sucre ? » pourra être prononcé :

 

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L’apostrophe en français

Apostrophe en françaisL’apostrophe a été introduite dans le français de la Renaissance ; elle existe aussi en italien, en espagnol, en catalan, en anglais et en allemand mais c’est en français qu’elle est la plus fréquente. Jusqu’au Moyen Âge, on agglutinait les articles avec le mot qui suivait (il en reste d’ailleurs des traces dans certains mots comme gendarme ou Lille).

C’est un signe qui s’emploie pour remplacer des voyelles finales a et e de certains mots quand ils sont placés devant un mot qui commence par voyelle ou h muet ; il remplace aussi le i de la conjonction « si » quand elle est suivie du pronom il.

la + étudiante = l’étudiante

je + étais = j’étais

si + il le veut = s’il le veut

Le langage familier multiplie l’utilisation de l’apostrophe. Elle marque alors l’élision du i dans le pronom relatif « qui » et du u dans le pronom personnel « tu ».

L’homme qui est arrivé = l’homme qu’est arrivé

Tu es parti quand ? = t’es parti quand ?

L’apostrophe peut aussi marquer l’élision de e devant consonne voire de certaines consonnes finales dans le langage populaire !

Je vais te le dire = j’vais t’le dire

C’est possible = c’est possib’

C’est un quatre quatre = c’est un quat’ quat’

Bien savoir utiliser l’apostrophe est donc très important pour parler correctement français !

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Les mots familiers « Boîte » et « Taf »

Le mot « boîte », avec son petit accent circonflexe prenant la place du « s », est employé en français dès le XIIème siècle. Il dériverait du gallo-romain buxita, qui viendrait du latin buxus, le buis dont étaient faits certains coffrets et qui a donné l’équivalent anglais box.

Boîte« Boîte » a d’abord désigné, dans divers argots, un lieu clos, où l’on est à l’étroit, enfermé (pensez que boîte sera aussi plus tard le synonyme de discothèque), mal à l’aise et… où, pour finir, on bosse. Flaubert déjà, dans sa correspondance, en 1874, emploie cette forme pour un lieu de travail guère aimable. Elle a donc fini par désigner communément une entreprise : « Tu travailles dans quelle boîte ? », « Et ta boîte, ça va ? », etc.

Mais que fait-on dans une boîte ? On taffe, bien sûr. « Taffer » vient de « taf », synonyme familier de « travail » : « Et ton taf, ça va ? », « Désolé, je ne peux pas, j’ai trop de taf. » L’origine du mot « taf » est obscure : acronyme du « Travail À Faire » donné par les profs ou descendant du vieil argot des voleurs, le taf désignant la part de butin, puis la récompense d’un travail ?

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Petit cours sur les contractions à l’oral en français

Tous les apprenants en font l’expérience : le français ne se prononce pas comme il s’écrit. C’est que le code oral et le code écrit, à l’inverse des autres langues latines, s’écartent à la manière de deux continents. Certes, nous ne sommes pas dans la situation de l’arabe, qui voit coexister l’arabe littéraire –lingua franca parmi tous les Arabes cultivés- et ses variantes orales et locales (au Maroc, en Tunisie, en Algérie, etc.). Mais nous y tendons.

C’est que, pour faire vite, l’orthographe du français s’est fixée au XVIIème siècle alors que sa prononciation n’a cessé d’évoluer et de se modifier. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous accordons une si grande importance à la phonétique durant nos cours de français.

Quelques règles sont donc utiles à l’heure de parler et comprendre à l’oral une langue comme le français. Non seulement « ne », dans la négation « ne… pas » est systématiquement éludé, mais certains sons disparaissent si la situation n’est pas formelle (c’est à dire la majorité des cas).

Excepté dans le sud du pays, le e final tombe, même devant une consonne, dans me, te, se, le, de et je. Attention toutefois : « je » devient donc « j’ » mais se prononce « ch » : j’pars se dit « chpar » ; de la même façon, « de » devient « d’ » mais se prononce « t » : Beaucoup d’farine se dit « bocoutfarine ».   D’autres voyelles finales tombent, devant une voyelle seulement : le i du pronom relatif qui (« c’est toi qu’as fait ça ? »), et le u de tu (« T’es parti quand ? »).

Enfin, certaines consonnes finales ont tendance elles aussi à disparaître : le l dans il, ils, elle, elles, et plus : par exemple, elles sont parties devient « è sont parties » ; il disparaît carrément dans l’expression il y a, qui se prononce tout simplement « ya ».

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