Petit cours sur les connecteurs logiques de classification en français

Les connecteurs logiques de classification (ou d’énumération) sont très utiles pour organiser et présenter sa pensée et les Français y ont souvent recours ; il n’est pas très compliqué de les utiliser mais les apprenants de Français Langue Étrangère, notamment les hispanophones et les catalanophones, répètent les mêmes erreurs qui sont pourtant faciles à éviter.

Pour les connecteurs de « premier niveau », pourrait-on dire, vous avez le choix parmi les expressions de la liste suivante :

d’abord, tout d’abord, de prime abord, en premier lieu, premièrement.

Notez cependant que le connecteur premier n’existe pas.

Vous ne pourrez pas dire : Premier, nous sommes partis.

Mais : D’abord / premièrement, etc., nous sommes partis.

Pour les connecteurs de « deuxième niveau ou plus », et selon que vous devez conclure votre énumération ou non, vous pourrez utiliser l’une des expressions suivantes :

en deuxième lieu, en second lieu, deuxièmement

après, ensuite, de plus, quant à, puis

en dernier lieu, pour conclure, enfin

Notez bien ici qu’il ne faut pas confondre depuis et après.

La différence (théorique, car les Français eux-mêmes ne le respectent pas) entre en deuxième lieu et en second lieu est que le premier est suivi d’un en troisième lieu alors que en second lieu conclut la liste.

Enfin, sachez que si l’expression secondement existe, elle est littéraire et ne s’utilise pratiquement jamais.

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Principales erreurs syntaxiques des hispanophones et des catalanophones en français

De la même façon qu’une même communauté linguistique aura tendance à répéter les mêmes erreurs en lexique, les hispanophones et les catalanophones reproduisent généralement les mêmes erreurs en syntaxe. Ces difficultés sont dues aux interférences entre la langue d’apprentissage, ici le français, et la ou les langues maternelles ; lorsque les langues sont proches, comme c’est le cas entre le français, l’espagnol et le catalan, la tentation est grande de reproduire des structures qui peuvent pourtant être incorrectes dans la langue d’apprentissage !

À l’inverse de l’espagnol et du catalan, les pourcentages ne sont pas précédés d’un article en français (sauf cas très rares) :

Un 52% des votants se sont abstenus.

Sauf dans les expressions héritées du Moyen-Âge, les substantifs sont toujours précédés en français d’un article : les hispanophones et catalanophones oublient régulièrement l’article partitif :

J’ai chance.

J’ai de la chance.

La négation  s’exprime en français grâce à la locution disjointe ne… pas. À l’oral, cependant, seul « pas » est exprimé, or c’est précisément celui que les apprenants ont tendance à supprimer !

Je ne pars en vacances.

Je pars pas en vacances.

Toujours dans la négation, souvenez-vous qu’avec « jamais », « personne », « aucun », « rien », vous devez supprimez le « pas » :

Il (ne) boit pas jamais d’alcool.

Il ne boit jamais d’alcool.

Enfin, dans la structure Il/elle/c’est + adjectif + DE + verbe infinitif, la préposition de est systématiquement oubliée :

C’est important partir à l’heure.

C’est important de partir à l’heure.

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Les principales erreurs lexicales des hispanophones / des catalanophones en français (2)

Voici donc la deuxième partie des erreurs, généralement dues aux faux amis, des hispanophones/catalanophones.

  1. C’est vrai « pourtant » ressemble à « por lo tanto » et à « per tan » ; ils ont d’ailleurs la même origine et signifiaient au départ la même chose. Reste qu’aujourd’hui « pourtant » est synonyme de « cependant » !

Ma voiture est tombée en panne, pourtant j’ai pris le métro.

Ma voiture est tombée en panne, donc j’ai pris le métro.

  1. Ne confondez pas « compromis » et « engagement ». Un compromis est un accord dans lequel les parties ont accepté des concessions ; c’est donc le résultat d’une négociation.

Je ne pourrai pas venir mercredi prochain : j’ai un compromis.

Je ne pourrai pas venir mercredi prochain : j’ai un engagement (ou je suis engagé).

  1. « Depuis » ne signifie pas « después » ou « després » ! « Depuis » signifie « desde » ; c’est « après » qui signifie « después » ou « després ».

Depuis, je suis rentré chez moi.

Après, je suis rentré chez moi.

  1. Le mot français « bizarre » vient de l’espagnol « bizarro ». Mais l’espagnol ne l’utilise plus, excepté en Amérique latine (alors qu’il est ensuite passé du français à l’anglais, par exemple). « Bizarre » signifie « étrange ». « Rare » veut dire « en petite quantité ». On ne peut donc pas employer « bizarre » pour « rare » et vice versa.

Lui qui est toujours ponctuel, il n’est pas encore arrivé : c’est rare.

Lui qui est toujours ponctuel, il n’est pas encore arrivé : c’est bizarre.

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Les erreurs lexicales des hispanophones et des catalanophones en français (1)

Pour un Espagnol ou un Catalan apprendre une langue romane peut présenter des avantages ; ce peut être aussi un inconvénient : certains mots de la langue d’apprentissage ressemblent parfois à ceux de sa langue mais leur signification est pourtant très différente ! Ces mots ou expressions sont généralement appelés les faux amis. D’autre part, chacun a tendance à traduire littéralement sa langue mais cela ne fonctionne pas toujours ! Ce sont des problèmes que les étudiants espagnols/catalans en français langue étrangère rencontrent souvent. À l’image de ce que nous faisons dans nos cours de français en entreprises, nous voudrions aujourd’hui proposer une liste, qui n’est pas exhaustive, des principales erreurs lexicales des hispanophones et des catalanophones (d’autres posts suivront sur ce même sujet)

1. « Espérer » ne signifie pas « attendre » et « attendre » ne signifie pas « s’occuper de »

En français, « espérer » veut dire « avoir l’espoir de » ; en espagnol et en catalan, il donne « esperar ». Le problème est que le verbe « esperar » a dans ces deux langues une autre acception:

Te esperaré mañana a las 15h. / T’esperaré demà a les 15h.

Pour traduire cette phrase, vous ne pourrez malheureusement pas utiliser « espérer » mais « attendre », sinon votre phrase ne sera pas compréhensible pour un francophone :

Je t’espèrerai demain à 15h.

Je t’attendrai demain à 15h.

2. Pour exprimer l’obligation impersonnelle, les Français utilisent le verbe « falloir » ; cela ne pose en principe pas de difficulté particulière :

Il faut avoir 18 ans pour pouvoir voter.

En revanche, pour l’obligation personnelle, les Espagnols et les Catalans ont tendance a traduire l’expression « haber de » / « haver de », ce qui n’a malheureusement aucun sens en français.

« He de marchar » / « He d’anar » ne pourra pas se traduire par : J’ai de partir

Dans ce cas, vous n’avez pas le choix : le verbe à utiliser est « devoir ».

Je dois partir.

3. Puisque nous en sommes au verbe « marcher », il faut rappeler que « marcher » signifie en français « mettre un pied devant l’autre pour se déplacer ». Autrement dit, vous ne pourrez pas traduire « marchar » ou « marxar » par « marcher » mais par « partir ».

En traduisant « He de marchar » / « He de marxar » par « J’ai de marcher », vous faites donc une double erreur !!

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Mémoriser les verbes français avec leur(s) préposition(s)

Aujourd’hui, voici un petit conseil qui n’a l’air de rien mais qui vous sera très utile ! Les étudiants de cours en Français Langue Étrangère se compliquent parfois inutilement la tâche. Beaucoup d’entre eux pourraient s’éviter un double effort de mémorisation et mémoriser directement les verbes avec la ou les  prépositions qui les suivent. Il s’agirait, en somme, de les mémoriser un peu comme des phrasal verbs en anglais.

Faute de l’avoir fait, un grand nombre de doutes risquent d’apparaître au moment, notamment, d’utiliser les pronoms personnels compléments et les pronoms relatifs.

Comment savoir si on dira :

*Je l’ai besoin* *j’y ai besoin* ou j’en ai besoin

ou encore *la chose que j’ai besoin* ou la chose dont j’ai besoin

si on ne sait pas que la locution verbale est : avoir besoin DE ?

Dans ce cas précis, la majorité des étudiants mémorisera en général une première fois la locution « avoir besoin », puis, s’apercevant que c’est insuffisant à l’heure d’utiliser certains pronoms, finira par mémoriser la locution « avoir besoin de ».

D’où l’utilité de dresser une liste personnelle des principaux verbes français avec leur(s) préposition(s) :

donner quelque chose À quelqu’un

obliger quelqu’un À faire quelque chose

avoir envie DE

parler DE quelque chose À quelqu’un. Etc.

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Le c cédille en français

Qui sait encore que le c cédille est d’origine castillane : il a disparu de l’espagnol contemporain !

En espagnol, le c et le z ont la même prononciation devant e et i : ils correspondent au s prononcé avec un cheveu sur la langue. Mais devant a, o et u, c gardait (et garde encore) sa valeur ; il fallait donc écrire, en vieil espagnol, « esperança » ou « coraçón ». Au XVIIIème siècle, La Real Academia établit ensuite une réforme orthographique qui aboutit au remplacement de la cédille par un z : « esperanza », « corazón ».

L'invention du c cédilleEn français, le problème de la prononciation c ou s était souvent résolu, avant la généralisation de la cédille, par l’ajout d’un e avant les voyelles a, o, u, comme c’est le cas pour g. On conserve la trace de ce e dans l’adjectif douceâtre (et non douçâtre).

Aujourd’hui, ç permet d’indiquer le son /s/, là où un c simple aurait représenté le son /k/ (principalement avant « a », « o », « u » mais pas, comme en catalan, à la fin d’un mot). Nous aurons donc par exemple : « ça », « leçon » et « reçu ».

Dans l’alphabet français ç n’est pas considéré comme une lettre à part entière ; elle est une variante de la lettre c.

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« Si bien que » et « bien que », « quoique » et « quoi… que »

Les étudiants des cours de Français Langue Étrangère confondent parfois deux expressions assez similaires et pourtant complètement différentes : « si bien que » et « bien que ».

La conjonction « si bien que » est suivie de l’indicatif ; elle présente la conséquence de façon neutre.

Ma voiture était en panne si bien que j’ai pris le train.

« Bien que », que nous avions déjà abordé dans un billet précédent, introduit une concession ; c’est un synonyme de « quoique » ; les deux conjonctions sont d’ailleurs suivies toutes les deux du subjonctif.

Bien que / Quoique le mariage soit en recul, la majorité des jeunes en rêvent encore.

« Quoique », à son tour, est souvent confondu avec « quoi que ». « Quoi que » est une locution pronominale qui signifie « quelle que soit la chose qui, quelle que soit la chose que ». La locution s’écrit toujours en deux mots. Une bonne partie du problème est que les deux expressions sont suivies du subjonctif.

Quoi que je fasse, il reste encore trop de fautes dans mes exercices.

Pour savoir si vous devez écrire « quoique » ou « quoi que », il vous suffit de voir si vous pouvez remplacer l’expression par « bien que » ; si c’est le cas, alors vous l’écrirez en un seul mot !

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Significations de ON et doit-on dire ON ou L’ON ?

On

En français, le pronom on est très utilisé et il est important d’en connaître la signification. Il remplace très souvent le pronom nous :

Cet été, on ira en Estrémadure = cet été, nous irons en Estrémadure.

Attention ! il faut distinguer la signification du pronom on de son modèle de conjugaison : si on signifie généralement nous, le verbe qui le suit est conjugué à la troisième personne du singulier et non à la première du pluriel.

Vous ne pourrez donc surtout pas dire :

Cet été, on irons en Estrémadure.

On peut aussi être un pronom indéfini utile pour exprimer des généralités :

On mange bien dans ce restaurant (c’est à dire : tout le monde mange bien dans ce restaurant).

Et l’inconnu :

On frappe à la porte (qui ? je ne sais pas.)

Doit-on dire on ou l’on ? La présence de l’article l’ devant on n’a rien d’obligatoire et elle est plus fréquente dans l’usage soutenu que dans le registre courant. Il s’agit d’une trace de l’ancien français : on était à l’origine un nom, qui signifiait « homme » et on le faisait précéder, tout comme les autres noms, de l’article. Mais l’on est aussi très utile pour éviter l’hiatus, que les Français détestent, comme nous l’avons vu dans un précédent post :

« Si l’on veut » équivaut à « Si on veut », mais est plus « agréable » aux oreilles françaises !

Voici maintenant quelques explications supplémentaires en vidéo !

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Et Bonne Année à tous et à toutes !

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L’expression de la condition et de l’hypothèse en français

Hypothèse en français

Les étudiants en français langue étrangère connaissent généralement l’emploi du si pour lequel on distingue trois cas :

1. Si + présent/passé composé + présent, futur ou impératif

Si tu as le temps, tu peux venir.

Si tu as le temps, tu viendras nous voir ?

Si tu as le temps, viens nous voir.

Si tu as fini, tu peux sortir.

2. Si + imparfait + conditionnel présent

S’il faisait beau demain, on pourrait aller pique-niquer.

3. Si + plus-que-parfait + conditionnel passé

Si tu étais venu, tu aurais pu rencontrer Mario. (mais tu n’es pas venu et c’est maintenant trop tard)

Mais il existe d’autres manières d’exprimer la condition et l’hypothèse, que les étudiants oublient souvent :

–       Au cas où + conditionnel (présent ou passé)

La principale difficulté, ici, pour les hispanophones/catalanophones est d’employer le conditionnel et non le subjonctif, comme ils ont tendance à le faire (influence de leur langue maternelle) :

Au cas où tu aurais perdu mon adresse, je te redonne mes coordonnées.

–       A condition que, pourvu que + subjonctif

Je veux bien te prêter ma voiture à condition que tu sois prudent.

La conjonction à condition que se transforme en à condition de si le sujet des verbes des deux propositions est le même :

Pierre fera ce travail à condition d’avoir le temps. (le sujet à « faire ce travail » et à « avoir le temps », c’est Pierre).

–       Le gérondif

On utilise aussi très souvent le gérondif :

En cherchant bien, tu la retrouveras, cette bague !

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Exprimer la cause en français : à cause de, grâce à, en raison de

En français, on distingue traditionnellement trois connecteurs introduisant la cause ; ils fonctionnent de la même manière mais sont sémantiquement différents : à cause de, grâce à, et en raison de. À cause de introduit une cause jugée négative par le locuteur :

Les vols à destination de Paris sont annulés à cause de la neige.

Grâce à, à l’inverse, présente une cause jugée positive :

Si j’ai réussi à obtenir ce travail, je peux dire que c’est grâce à toi.

En raison de permet au locuteur de ne pas se positionner et de présenter la cause de manière neutre ; le présentateur du journal télévisé dira donc :

Aujourd’hui, la circulation des trains de banlieue a été perturbée en raison de la grève des cheminots.

Dire « à cause de » signifierait qu’il prend parti et qu’il juge cette grève inutile, infondée, etc.

Ces trois expressions sont toutes suivies d’un substantif : *à cause de que*, *grâce à de que* et *en raison de que* ne sont pas corrects et ne peuvent donc pas être utilisés. Si vous ne connaissez pas le substantif correspondant au verbe, vous pouvez toujours passer par l’expression « le fait que » :

Il n’a pas pu la voir à cause de qu’elle est partie.

Il n’a pas pu la voir à cause du fait qu’elle est partie.

Attention à la locution dû à : beaucoup d’hispanophones et de catalanophones l’utilisent mal. Vous ne pouvez pas la placer en tête de phrase (traduction littérale de debido a/degut a). Dû à suit le verbe être :

Le retard des vols est dû à la neige.

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