Le mot Ménage et ses dérivés

Beaucoup d’étrangers connaissent et s’amusent de l’expression « ménage à trois », mais le mot ménage est à l’origine de toute une famille de mots beaucoup plus fréquents que cette locution. En voici quelques-uns seulement.

Le mot Ménage et ses dérivésMénage a deux principales acceptions ; la première est « maison, intérieur ». De là dérive notamment le groupe :

  • aménager : préparer en vue d’un usage déterminé ; par exemple, aménager sa maison, mais aussi aménager le temps de travail, etc.
  • déménager : transporter des objets d’un logement à un autre, puis, par extension, changer de logement (attention ! le verbe déménager n’est jamais pronominal !)
  • emménager : s’installer dans un nouveau logement

Cela a également donné « faire le ménage », c’est à dire nettoyer et ranger un logement, puis « femme de ménage ». La ménagère est la femme qui s’occupe du ménage, c’est à dire de la maison. Le verbe (se) ménager signifie employer avec mesure, en essayant d’épargner ses forces ou sa vie (ou celles d’un autre, comme dit le dicton : « Qui veut voyager loin ménage sa monture »)

Ménage signifie également « vie en commun d’un couple ». De cette acception viennent les expressions : « Ménage avec ou sans enfant », « scène de ménage », et… « ménage à trois », qui, comme vous l’aurez remarqué, est un oxymore puisqu’un ménage est par définition constitué de deux personnes !

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L’apostrophe en français

Apostrophe en françaisL’apostrophe a été introduite dans le français de la Renaissance ; elle existe aussi en italien, en espagnol, en catalan, en anglais et en allemand mais c’est en français qu’elle est la plus fréquente. Jusqu’au Moyen Âge, on agglutinait les articles avec le mot qui suivait (il en reste d’ailleurs des traces dans certains mots comme gendarme ou Lille).

C’est un signe qui s’emploie pour remplacer des voyelles finales a et e de certains mots quand ils sont placés devant un mot qui commence par voyelle ou h muet ; il remplace aussi le i de la conjonction « si » quand elle est suivie du pronom il.

la + étudiante = l’étudiante

je + étais = j’étais

si + il le veut = s’il le veut

Le langage familier multiplie l’utilisation de l’apostrophe. Elle marque alors l’élision du i dans le pronom relatif « qui » et du u dans le pronom personnel « tu ».

L’homme qui est arrivé = l’homme qu’est arrivé

Tu es parti quand ? = t’es parti quand ?

L’apostrophe peut aussi marquer l’élision de e devant consonne voire de certaines consonnes finales dans le langage populaire !

Je vais te le dire = j’vais t’le dire

C’est possible = c’est possib’

C’est un quatre quatre = c’est un quat’ quat’

Bien savoir utiliser l’apostrophe est donc très important pour parler correctement français !

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Les pseudo anglicismes en français

Certains mots utilisés en français semblent venir de l’anglais alors qu’il n’en est rien !

Prenez l’exemple de pipole (avec tous ses dérivés, pipolisation, pipoliser, etc.) qui signifie en français « vedette » (qui a donné l’expression « presse pipole » pour désigner la presse qui s’intéresse à la vie privée des célébrités). Pipole trouve bien son origine dans people mais il en est le contresens puisque people signifie « les gens ».

Mais certains mots français aux consonances anglaises n’existent même pas dans la langue de Shakespeare ! Ainsi, recordman, babyfoot ou tennisman n’ont aucun sens en anglais ! Ce sont simplement des mots inventés « pour faire anglais ». Les pseudo anglicismes sont en effet parfois plein de snobisme !

Un bon bonbonMais si tennisman n’existe pas en anglais, le mot tennis, qu’on croit anglais, ne l’est pas ! Tennis vient de l’ancien français : c’était l’exclamation qu’on criait à son adversaire au moment de lancer la balle au jeu de paume (c’est à dire : « Tenez ! »). En effet, il ne faut pas oublier que le français a longtemps été la langue de l’aristocratie anglaise (la meilleure preuve en est que l’adage de la monarchie anglaise est, en français : « Dieu et mon droit »). Une part importante du lexique anglais vient donc du français.

En somme, comme au tennis on se renvoie la balle, les Français ont lancé « tennis » aux Anglais, qui le leur ont relancé quelques siècles plus tard !

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Les significations de Voilà

Le sens premier de voilà est « vois là » : voilà parle d’un objet un peu éloigné, désigne ce qui est achevé. Il marque dans une phrase la conclusion, la constatation, souvent précédé de « et » :

Et voilà le travail !Voilà peut aussi exprimer l’accord, signifier à son interlocuteur qu’on est parvenu à la même conclusion que lui :

– C’est donc une solution impossible à mettre en place…
– Voilà !

Lorsqu’il est une préposition, voilà évoque un point dans le passé ou une durée :

Voilà deux semaines / longtemps qu’il est là.

En principe, Voici, au contraire, annonce et présente, mais c’est maintenant un synonyme de voilà :

Voici votre plat / Voilà votre plat.

Il ne garde son sens premier que par opposition à voilà : voici désigne alors quelqu’un ou quelque chose plus proches que d’autres par rapport à la personne qui parle :

Voici Pierre et là-bas voilà Paul.

Ou annonce ce que l’on va faire ou dire, par opposition à ce qui vient de se faire ou de se dire :

Voilà ce que j’ai fait, voici ce que je vais faire.

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Prononciation de la graphie -QU- en français

Mais comment prononcer la graphie –qu- en français : [k] ou [kw] ? Beaucoup d’étudiants hispanophones et catalanophones hésitent couramment. Disons simplement que dans l’immense majorité des cas, cette graphie se prononce [k] : quand, qui, quoi. Attention : dans ce dernier cas, vous entendez bien [kw] mais c’est à cause de la graphie –oi- !

Ça, c’est pour la statistique ! Mais, en réalité, lorsque le mot est encore perçu comme un emprunt à une langue étrangère (c’est à dire, ici, au latin), les Français veulent respecter les règles de prononciation de cette langue. Pour le cas qui nous occupe aujourd’hui, si le mot qui contient la graphie –qu- leur semble encore être un mot savant emprunté au latin, les Français prononceront [kw]. Voyez par exemple les mots composés en aqua (« eau » en latin) : aquarelle, aquaculture, aquagym, etc.

Mais ce serait encore trop simple ! Les Français eux-mêmes semblent hésiter entre deux prononciations : cette hésitation est d’ailleurs signe que le mot s’intègre peu à peu dans la langue et ne se perçoit presque plus comme un emprunt. Prenons le mot quadruple : vous entendrez certains Français prononcer [k] mais d’autres diront [kwa] !

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Le c cédille en français

Qui sait encore que le c cédille est d’origine castillane : il a disparu de l’espagnol contemporain !

En espagnol, le c et le z ont la même prononciation devant e et i : ils correspondent au s prononcé avec un cheveu sur la langue. Mais devant a, o et u, c gardait (et garde encore) sa valeur ; il fallait donc écrire, en vieil espagnol, « esperança » ou « coraçón ». Au XVIIIème siècle, La Real Academia établit ensuite une réforme orthographique qui aboutit au remplacement de la cédille par un z : « esperanza », « corazón ».

L'invention du c cédilleEn français, le problème de la prononciation c ou s était souvent résolu, avant la généralisation de la cédille, par l’ajout d’un e avant les voyelles a, o, u, comme c’est le cas pour g. On conserve la trace de ce e dans l’adjectif douceâtre (et non douçâtre).

Aujourd’hui, ç permet d’indiquer le son /s/, là où un c simple aurait représenté le son /k/ (principalement avant « a », « o », « u » mais pas, comme en catalan, à la fin d’un mot). Nous aurons donc par exemple : « ça », « leçon » et « reçu ».

Dans l’alphabet français ç n’est pas considéré comme une lettre à part entière ; elle est une variante de la lettre c.

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Apprendre le français pour améliorer son anglais !

On le sait peu : au moins 40% du lexique anglais vient du français. Quand Guillaume le Conquérant envahit l’Angleterre en 1066, le français devient la langue de la cour, de l’administration et des élites ; il restera la langue officielle jusqu’au milieu du XVème siècle.

De « to pay » (payer) à « debt » (dette) en passant par « enterprise » (entreprise) et « entrepreneur » ou « money » (argent, de « monoie » puis « monnaie »), même dans le lexique économique et financier, l’influence du français sur l’anglais se fait sensible.

Français AnglaisLes Français croient même parfois emprunter un mot anglais alors que c’est un mot d’origine française ! C’est le cas de « bacon » ou de « tennis ». « Bacon » signifiait en ancien français « viande de porc » ; dans l’ancien jeu de paume (l’ancêtre du tennis), le serveur avait pour habitude d’annoncer son envoi en prononçant « Tenez ! », prononcé alors « tenets ». Les Anglais l’ont ensuite légèrement déformé pour dire finalement « tennis ».

On met souvent en concurrence l’anglais et le français alors qu’ils sont finalement plus proches qu’ils n’en ont l’air (phonétiquement ils sont, c’est vrai, à l’opposé l’un de l’autre). En somme, et ce n’est pas du tout une exagération : apprendre le français aide à améliorer son anglais !

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Les loisirs des Français

Le week-end, allez savoir pourquoi, deux des passe-temps favoris des Français sont le bricolage et le jardinage. Peut-être parce que le rêve de bon nombre d’entre eux –et qu’ils réalisent dès que cela leur est possible- est de posséder une maison individuelle avec un petit jardin et de s’en occuper amoureusement. Leur frénésie est telle que depuis plusieurs dizaines d’années, on assiste en France à une multiplication des titres de presse et des émissions de télévisions consacrés au jardinage et au bricolage.

Bricolage et jardinage sont si ancrés dans la société que la population est divisée entre ceux qui aiment bricoler/jardiner et ceux qui n’aiment pas. Chacun est souvent invité à se positionner quant à ces deux occupations et vous verrez qu’un Français, dans le cours de la conversation, finira toujours par vous dire : « J’adore jardiner ! » ou : « Moi, je n’aime pas bricoler ! »

Le samedi, de nombreux Français se ruent donc dans les magasins immenses qui sont spécialisés dans ces deux activités ; ils y passent des heures. En Espagne, beaucoup de grandes chaines de magasins du bricolage, qu’on ne citera pas, sont d’ailleurs françaises.

Les mots bricolaje et jardinería viennent du français. Le mot bricolage est construit sur le substantif d’origine italienne bricole, qui désignait au XIIème siècle un type de catapulte. Jardinage vient lui du gallo-romain hortus gardinus, c’est à dire « jardin enclos ».

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Prononciation de la graphie oi en français

Comment se prononce la graphie oi ? le e latin est d’abord devenu, en Gaule, ei. Par exemple, me est logiquement devenu mei. Au début du XIIème siècle, cette diphtongue s’est de nouveau transformée en oi ; mei se prononçait et s’écrivait moi. C’est d’ailleurs l’orthographe actuelle du français.

Mais si la graphie s’est figée voilà déjà un millénaire, la langue parlée a continué d’évoluer et l’orthographe n’a plus correspondu à la phonétique. À la fin du XIIème siècle oi s’est prononcée /oé/ puis /oè/. Si vous allez au Québec, c’est d’ailleurs comme ça qu’on prononce.

À la fin du XVème siècle, le peuple de Paris commence à prononcer /wa/ ; cette prononciation se répand bientôt à tout le pays et à la Révolution seuls les aristocrates continuent à prononcer /oè/. Plus tard, un célèbre épisode de l’histoire de France montre à quel point la prononciation /wa/ était devenue majoritaire. À la Restauration, en 1814, lors de sa montée sur le trône, Louis XVIII aurait prononcé : « Le Roè, c’est moè », ce qui lui aurait valu bon nombre de railleries.

Mais attention ! à la même époque, oi, dans certains mots, commence à se prononcer non pas /wa/ mais /è/. On a alors changé la graphie pour ai. C’est pour cette raison, par exemple, qu’il existe le mot « français » et le prénom « François » : le premier, à l’inverse du second, a subi la réforme de l’orthographe, ils se prononcent différemment mais sont d’origine commune.

Bref, depuis cette époque, aucun autre changement de prononciation n’est venu changer le cours des choses, et voilà pourquoi la graphie oi se prononce encore aujourd’hui /wa/ !

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La grève en France : 1. Étymologie

Deux billets ne seront pas de trop pour parler de ce que certains ont parfois décrié comme un sport national français: l’exercice du droit de grève. Nous verrons aujourd’hui l’étymologie de l’expression, que même beaucoup de Français ignorent.

L’actuelle place de l’Hôtel de Ville à Paris s’est longtemps appelée la place de Grève ou la Grève. Cette place devait son nom à son emplacement, situé en bord de Seine : une grève désigne, encore aujourd’hui, un rivage de sable et de gravier. Les ouvriers sans travail s’y réunissaient, c’est là que les entrepreneurs venaient les embaucher. « Faire grève », « être en grève », c’était donc se tenir sur la place de Grève en attendant de l’ouvrage, suivant l’habitude de plusieurs corps de métiers parisiens, ou plus généralement « chercher du travail ».

Quand les ouvriers, mécontents de leur salaire, refusaient de travailler à ces conditions, ils se « mettaient en grève », c’est-à-dire qu’ils retournaient sur la place de Grève en attendant qu’on vienne leur faire de meilleures propositions. « Faire grève » et « se mettre en grève » ont fini par prendre le sens d’abandonner le travail pour obtenir une augmentation de salaire.

Le mot « grève » a été finalement retenu pour désigner la cessation volontaire, collective et concertée du travail par les salariés afin d’exercer une pression sur le chef d’entreprise ou les pouvoirs publics (ce qui est devenu licite après l’abolition du délit de coalition en 1864).

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