Erreurs fréquentes au discours indirect

Deux grandes erreurs guettent l’étudiant de français langue étrangère au moment de passer au discours indirect. Rappelons d’abord que le discours indirect est employé pour rapporter des paroles. Comme nous l’avons déjà vu, le style indirect entraine des modifications syntaxiques. C’est quand il s’agit de reformuler les questions que surviennent les erreurs.

Il existe trois formes de phrases interrogatives en français. Les deux premières sont les plus utilisées :

  • L’intonation

La phrase a la même structure qu’une phrase affirmative, c’est l’intonation ascendante qui indiquera que le locuteur formule une interrogation.

Tu viens demain comme prévu ?

  • L’utilisation de la formule « est-ce que »

L’ajout de cette formule à la structure de la phrase affirmative la transforme en interrogative.

Est-ce que tu viens demain comme prévu ?

La troisième, plus formelle, presque jamais utilisée à l’oral, consiste à inverser la syntaxe de la phrase affirmative et à faire précéder le verbe du sujet :

Viens-tu demain comme prévu ?

Dans ce dernier cas, il est impossible de garder la phrase telle quelle quand vous la passerez au style indirect :

Il me demande viens-tu demain comme prévu.

Il me demande si tu viens demain comme prévu.

Mais l’erreur la plus fréquente à continuer à utiliser la formule « est-ce que » :

Il demande est-ce que tu viens demain comme prévu.

Il me demande si tu viens demain comme prévu.

Attention aussi lorsque vous dites « qu’est-ce que… » : au style indirect, cela sera transformé en « ce que ».

Il me demande qu’est-ce que je fais.

Il me demande ce que je fais.

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« Convaincant » ou « convainquant » ?

Il est parfois difficile de distinguer la forme verbale de l’adjectif : les deux se prononcent exactement pareil ; en d’autres termes, ils sont homophones. Tout serait simple si leur orthographe se confondaient également… mais ce n’est malheureusement pas le cas ! Doit-on écrire convaincant ou convainquant ? Quand faut-il employer le « u » du radical verbal ou au contraire ne pas l’utiliser ? Tout dépendra de la fonction grammaticale du mot.

Distinguons d’abord participe présent et gérondif : le gérondif est la forme verbale constituée du participe présent précédent de « en ».

Les personnes naviguant en mer Méditerranée savent que cette mer est capricieuse.

Familiarisez-vous avec le format de la leçon en naviguant dans les leçons accessibles au public dans le Centre des enseignants.

Gérondif et participe présent ont des significations différentes mais désignent tous les deux une action en train de se dérouler, ce sont donc des formes verbales. Ils seront invariables et conserveront le « u » du radical verbal.

Si le mot exprime un état, une propriété, il est un adjectif verbal ; il peut être variable et perd alors son « u ».

Le personnel navigant doit assurer la sécurité des passagers.

Cette règle vous permettra de distinguer ainsi fatiguant/fatigant, intriguant/intrigant, provoquant/provocant, convainquant/convaincant, etc.

Un truc : si vous pouvez substituer le mot par un adjectif, alors le mot ne s’écrira pas avec le « u » du radical verbal.

Son raisonnement est limpide.

Son raisonnement est convaincant.

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Emplois du pronom personnel ON

En français, le pronom on est très utilisé et il est important d’en connaître la signification. Il remplace très souvent le pronom nous :

Cet été, on ira en Estrémadure = cet été, nous irons en Estrémadure.

Attention ! il faut distinguer la signification du pronom on de son modèle de conjugaison : si on signifie généralement nous, le verbe qui le suit est conjugué à la troisième personne du singulier et non à la première du pluriel.

Vous ne pourrez donc surtout pas dire :

Cet été, on irons en Estrémadure.

On peut aussi être un pronom indéfini utile pour exprimer des généralités :

On mange bien dans ce restaurant (c’est à dire : tout le monde mange bien dans ce restaurant).

Et l’inconnu :

On frappe à la porte (qui ? je ne sais pas.)

Doit-on dire on ou l’on ? La présence de l’article l’devant on n’a rien d’obligatoire et elle est plus fréquente dans l’usage soutenu que dans le registre courant. Il s’agit d’une trace de l’ancien français : on était à l’origine un nom, qui signifiait « homme» et on le faisait précéder, tout comme les autres noms, de l’article. Mais l’on est aussi très utile pour éviter l’hiatus, que les Français détestent, comme nous l’avons vu dans un précédent post :

« Si l’on veut » équivaut à « Si on veut », mais est plus « agréable » aux oreilles françaises !

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L’expression de la restriction avec ne… que

L’expression de la restriction pose généralement beaucoup de problème aux étudiants de français langue étrangère, surtout pour la percevoir à l’oral dans la bouche de leurs interlocuteurs.

La restriction peut être exprimée par l’adverbe seulement :

À la dernière réunion, il y avait seulement trois personnes.

Elle prend seulement un bagage à main.

À l’oral, la tournure ne… que est presque toujours préférée à seulement. Ne se place avant le verbe de la proposition et que se place devant le terme sur lequel porte la restriction.

À la dernière réunion, il n’y avait que trois personnes.

Elle ne prend qu’un bagage à main.

Le problème est que, comme pour la négation verbale, la première partie de la tournure (ne) est systématiquement éliminée à l’oral.

À la dernière réunion, il y avait que trois personnes.

Si la forme que est élidée (soit en raison de la chute du e caduc soit devant un mot commençant par une voyelle), la restriction est uniquement exprimée par qu’, c’est-à-dire par le son [k] !

À la dernière réunion, il y avait qu’trois personnes.

Elle prend qu’un bagage à main.

 

Ce procédé offre une économie de moyens certaine : nous passons successivement d’un mot de trois ou deux syllabes (seulement/seul’ment), à une tournure à deux syllabes (ne… que) puis à une syllabe (que) pour finir par un unique son (qu’). Mais pour l’étudiant étranger, cela signifie qu’il doit redoubler d’attention. Distinguez par exemple :

Elle prend un bagage à main.

Elle prend qu’un bagage à main.

 

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Les expressions avec « ailleurs »

De nombreux d’apprenants en français confondent trois expressions qui se ressemblent beaucoup, car elles sont construites à partir du même mot : ailleurs ; ce sont « ailleurs », « par ailleurs » et « d’ailleurs ».

« Ailleurs » est un adverbe qui signifie « en un autre lieu », ce qui pourrait se traduire par :

Le restaurant où nous avons l’habitude d’aller était complet, nous sommes donc allés ailleurs.

« Par ailleurs » et « d’ailleurs » sont des connecteurs logiques. Ce sont ces deux expressions qui posent le plus de difficultés.« En outre » ou « d’autre part » sont des synonymes de « par ailleurs ». Cette locution introduit un complément d’information à une affirmation.

L’inscription au club de ping-pong vous permet d’accéder à toutes les installations sportives. Par ailleurs, grâce à elle, vous bénéficierez d’une réduction dans le magasin de sport du quartier.

« D’ailleurs », lui, vient renforcer l’affirmation donnée précédemment :

Il est vrai qu’il aime écrire. D’ailleurs, c’est assez normal puisqu’il vient d’une famille d’écrivains.

Bien que nous continuions à travailler durant le mois de juillet, les vacances de notre blog commencent dès aujourd’hui. Nous vous souhaitons à tous et à toutes un excellent été et espérons vous retrouver dès le début du mois de septembre !

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Les faux anglicismes du français

Certains mots utilisés en français semblent venir de l’anglais alors qu’il n’en est rien !

Prenez l’exemple de pipole (avec tous ses dérivés, pipolisation, pipoliser, etc.) qui signifie en français « vedette » (qui a donné l’expression « presse pipole » pour désigner la presse qui s’intéresse à la vie privée des célébrités). Pipole trouve bien son origine dans people mais il en est le contresens puisque people signifie « les gens ».

Mais certains mots français aux consonances anglaises n’existent même pas dans la langue de Shakespeare ! Ainsi, recordman, babyfoot ou tennisman n’ont aucun sens en anglais ! Ce sont simplement des mots inventés « pour faire anglais ». Les pseudo anglicismes sont en effet parfois plein de snobisme !

Mais si tennisman n’existe pas en anglais, le mot tennis, qu’on croit anglais, ne l’est pas ! Tennis vient de l’ancien français : c’était l’exclamation qu’on criait à son adversaire au moment de lancer la balle au jeu de paume (c’est à dire : « Tenez ! »). En effet, il ne faut pas oublier que le français a longtemps été la langue de l’aristocratie anglaise (la meilleure preuve en est que l’adage de la monarchie anglaise est, en français : « Dieu et mon droit »). Une part importante du lexique anglais vient donc du français.

En somme, comme au tennis on se renvoie la balle, les Français ont lancé « tennis » aux Anglais, qui le leur ont relancé quelques siècles plus tard !

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Comment prononcer le « h » en français 

Mais à quoi sert donc le en français ? On ne le prononce jamais ! La situation se complique quand on sait qu’il existe en français deux type de h : le h aspiré et le h muet.  Les Français semblent parfois bien tordus : pourquoi inventer deux variantes à un son qui n’existe pas ? C’est que, si le h ne se prononce pas, il a pourtant des conséquences sur l’élision et la liaison : un h aspiré les interdit alors qu’un h muet l’autorise :

Le hameau et Les hameaux (sans liaison).

L’heure et Les heures (avec liaison).

Comment savoir si le h est aspiré ou muet ? En général, si le mot est importé et possède un son h articulé dans sa langue d’origine (les langues germaniques, l’anglais et les langues orientales notamment), le h sera conservé dans l’orthographe française, et sera aspiré (mais ne sera plus articulé, comme on vient de le voir). Mais de nombreux mots d’origine étrangère finissent, avec l’usage, par perdre leur h aspiré. C’est le cas par exemple de handicap, qui vient de l’expression anglaise hand in cap, signifiant « main dans le chapeau ». Beaucoup de francophones prononcent aujourd’hui :

L’handicapé et Les handicapés (avec liaison).

Il n’existe donc pas de truc infaillible pour savoir si le h à l’initiale est muet ou aspiré. La meilleure solution, en français langue étrangère, c’est de le mémoriser pour chaque mot !

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Introduire la conséquence avec « AUSSI »

Aussi est un des premiers mots que l’apprenant rencontre et mémorise lors de la classe de français :

J’aime la musique reggae, et toi ?

Moi aussi.

Mais aussi a une autre signification que l’immense majorité des étudiants ignorent : c’est un connecteur logique introduisant la conséquence :

Il avait manqué son train, aussi il est arrivé en retard (ou : il avait manqué son train, aussi est-il arrivé en retard).

Ce connecteur appartient au registre de la langue soutenue et est donc peu utilisé à l’oral.

Le problème est que la signification de aussi diffère selon sa place dans la phrase : situé après le verbe, c’est un synonyme de également ; à l’attaque de la phrase, il signifie par conséquent, donc.

J’ai aussi été au supermarché = j’ai été aussi au supermarché = j’ai été au supermarché aussi.

Mais :

Aussi, j’ai été au supermarché.

Une erreur des hispanophones et des catalanophones est d’imiter la syntaxe de leur langue. También et també se traduisent par aussi et peuvent être placés n’importe où dans la phrase ; il est cependant fréquent qu’ils soient situés à son commencement. L’étudiant traduisant littéralement aura donc tendance à commencer sa phrase par aussi sans se rendre compte que la signification change alors. Soyez donc vigilant au moment d’utiliser aussi !

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Les principales erreurs lexicales des hispanophones / des catalanophones en français (4)

 

Comme nous l’avons déjà vu dans de précédents articles, les hispanophones et les catalanophones répètent souvent les mêmes erreurs lexicales qui sont parfois faciles à éviter.

 

  1. La confusion entre « compétence » et « concurrence »

Dans le milieu professionnel, la compétence est l’aptitude à faire une tâche ou un travail.

Tout le monde sait que Patrick est un incompétent.

La concurrence est l’ensemble des entreprises qui se disputent la même clientèle.

Notre compétence pratique des prix plus bas que nous.

Nos concurrents pratiquent des prix plus bas que nous.

Cette société a été condamnée pour concurrence déloyale

  1. La confusion entre « invertir », « inverser » et « investir »

Invertir signifie renverser symétriquement ; c’est un synonyme de « inverser ».

S’il te plaît, n’inverse pas les rôles !

Grâce à cette machine, nous invertissons le sens d’un courant électrique.

Investir consiste à placer des capitaux dans une affaire, dans le but de gagner de l’argent.

L’entreprise a choisi de ne pas investir dans le renouvellement des équipements.

Attention aussi aux substantifs dérivés de ces verbes ! Invertir et inverser ont donné inversion, investir a donné investissement (et non l’inverse !).

  1. La nominalisation incorrecte du verbe financer

L’intuition d’un hispanophone et d’un catalanophone l’entraîne toujours à penser que le substantif tiré de financer est *financiation*. Malheureusement, ce mot n’existe pas, en français ! Vous devrez utiliser le mot financement.

Ce projet a bénéficié d’un financement sur ressources propres.

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É, È, Ê, À, Â, Ù et Û : les accents en français

L’erreur habituelle des hispanophones et des catalanophones est de croire que les accents français correspondent, comme dans leur langue natale, à des accents toniques : rien de plus faux !

L’accent tonique français est, comme nous l’avions vu il y a quelque temps (voir notre précédent article sur l’accent tonique français), toujours situé à la fin du groupe rythmique. Nous disons bien toujours car cette règle ne souffre aucune exception. En français, il est donc inutile de signaler la syllabe tonique par un quelconque accent.

Pourquoi donc écrire é, è et ê ? Tout simplement pour noter différents sons -différents phonèmes devrait-on dire. Le français est une des langues du monde qui comptent le plus de phonèmes vocaliques, seize pour être précis. Rappelons que les systèmes les plus fréquents utilisent 5 voyelles. L’alphabet latin étant limité, il a donc fallu inventer de nouvelles graphies pour noter certains phonèmes vocaliques.

 

La graphie e est prononcée en principe [ə] : le

le é est lui prononcé [e] : été

le è et le ê [ɛ] : père, fête.

 

Durant la deuxième moitié du XXème siècle, le [ɑ] postérieur, noté â, a pratiquement disparu au profit du [ä] antérieur (en France, les personnes âgées continuent souvent à faire la distinction). Le a de date et pâte est donc actuellement prononcé de la même façon.

Enfin, certains accents, u/ù/û et a/à, permettent d’éviter une ambiguïté entre des homographes : par exemple ou/où, sur/sûr et il a 2 chats/à midi.

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