La locution « On va pas se mentir »

À toutes les époques, certaines expressions se convertissent soudainement en véritables tics de langage. Leur utilisation constante par une bonne partie de la population exaspère ceux qui y résistent et ne voient là que des formules creuses et vides de sens. C’est le cas, depuis une petite dizaine d’années, de  « On va pas se mentir » (la variante « Il faut pas se mentir » existe aussi) ; l’expression a même été le nom d’un programme télévisé entre 2012 et 2016.

Vous noterez d’abord l’absence de la première négation « ne » (« On ne va pas se mentir »), ce qui constitue un indice clair de l’origine orale de l’expression. Quelle en est la signification ? Elle annonce que locuteur refuse non seulement de mentir mais d’être trompé par les apparences : il va exposer les faits tels qu’ils sont. C’est donc une façon de montrer qu’on est franc et intelligent. Expression valorisante pour le locuteur qui l’utilise, « On va pas se mentir » se voit logiquement plébiscitée par la population.

Le problème est que l’expression est très souvent utilisée pour prononcer des banalités… Un article sur la qualité des produits cosmétiques pourra ainsi s’intituler « On va pas se mentir… l’industrie nous ment ! », ce qui, on l’avouera, n’est tout de même pas une grande découverte. Au quotidien, vous pourrez entendre des phrases telles que :

On va pas se mentir, je ne suis plus tout jeune.

On va pas se mentir, je suis vraiment fatiguée.

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L’emploi du mot juste en français

 

Le mot juste est d’abord un adjectif qui signifie « qui est conforme à la justice, à l’équité » :

Donner plus à l’un qu’à l’autre n’est pas juste.

Il exprime également une idée de justesse, dans le sens où une chose est parfaitement adéquate, qu’elle convient bien :

Parfois, trouver le mot juste est difficile.

Paradoxalement, il renvoie aussi à une idée d’insuffisance, c’est-à-dire à quelque chose qui ne convient pas :

Ce vêtement est trop juste = ce vêtement est trop petit.

 

 

Mais le mot juste est également un adverbe : c’est un synonyme de « avec exactitude » ou « exactement » :

Il a deviné juste.

Il est midi juste.

C’est enfin un synonyme de « seulement » :

Je voudrais acheter juste trois exemplaires.

Depuis de nombreuse années, l’utilisation du mot juste, sous l’influence de l’anglais est cependant modifiée, spécialement lorsque le temps verbal est composé ou s’organise autour un semi-auxiliaire (vouloir, pouvoir, devoir, etc.). Ainsi, dans :

Je voudrais juste acheter trois exemplaires

La restriction ne porte plus sur le complément mais sur l’action du verbe : Je voudrais seulement acheter trois exemplaires, je ne veux rien faire de plus, seulement acheter (parce que je ne veux pas vous déranger, parce que cela ne m’intéresse pas de les louer, etc. peu importe la raison). Le parallèle avec l’anglais « I just want to buy three copies » est évident. Il reste que cette utilisation est un anglicisme qui hérisse certains Français : il va cependant falloir qu’ils s’y habituent parce que cet usage bien ancré dans la langue n’est pas juste une mode !

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En France, comment remercier d’un service ?

Le pourboire est une somme d’argent versée à une personne en remerciement d’un service ou de la qualité de celui-ci : à l’origine, comme le mot lui-même l’indique parfaitement, c’était un verre qu’on offrait en remerciement d’un service rendu ou de l’argent pour s’offrir ce verre. Dans beaucoup de pays, cet usage se traduit par la même expression : en Allemagne, pourboire se dit trinkgeld, littéralement « argent pour boire », tout comme le mot portugais gorjeta. En général, on a oublié qu’en espagnol, la propina vient d’une ancienne coutume qui consistait à boire la moitié d’un verre après avoir trinqué à la santé de quelqu’un puis offrir à cette personne la fin du verre.

Mais dans les restaurants français, depuis longtemps, les prix s’entendent taxes et service compris (15 % environ du prix total). Voilà pourquoi les Français ne laissent généralement aucun pourboire ou alors très peu. Si vous voyagez en France, ne soyez donc pas gêner de ne rien laisser –évidemment, si vous êtes très satisfait du service, rien ne s’y oppose non plus. En revanche, dans certaines situations, il est encore d’usage de laisser un pourboire. Au théâtre, parfois, un panneau indique clairement que l’ouvreuse est rémunérée au pourboire (dans le cas contraire, ne donnez rien : l’ouvreuse est salariée). Vous pouvez toujours aussi arrondir à l’euro supérieur dans les taxis et avec les livreurs.

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Une tradition à Noël : les étrennes

Si vous vous trouvez en France durant le mois de décembre, ne soyez pas surpris de voir le facteur ou un pompier en belle tenue militaire sonner à votre porte. À cette époque, il est d’usage d’offrir des étrennes à certains corps de métier travaillant pour la collectivité. Éboueurs, facteurs et pompiers passent alors dans chaque maison pour proposer généralement des calendriers de l’année qui vient. Ceux-ci sont ensuite bien vite oubliés au fond d’un tiroir ou derrière une porte tant ils sont horribles et kitschs : photos de petits chatons sur fond rose, portrait de l’adjudant-chef devant la caserne des pompiers, etc.

Même si chacun est libre d’acheter ou non le calendrier proposé, la majorité des gens se plient à la tradition. Car c’est un moyen, pour ces employés peu rémunérés, d’avoir un complément de salaire pour la fin de l’année. Quant aux concierges, les copropriétaires leur laissent en général une enveloppe dans laquelle ils ont glissé un chèque ou quelques billets.

La question qui taraude beaucoup de Français, à cette époque, est : combien donner ? Le prix d’achat du calendrier est en effet laissé à la discrétion de chacun. La réponse est simple : en fonction de vos moyens.

Tous les métiers travaillant pour la collectivité ne bénéficient pas de cette tradition. Il y a quelques années, une chaine de télévision avait organisé en caméra cachée le démarchage de policiers en uniforme qui proposaient également des calendriers : ils avaient été en général très mal reçus par la population !

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Qu’est-ce qu’un cadre d’entreprise ?

Il est souvent difficile aux étudiants de français langue étrangère de comprendre exactement ce qu’est un cadre d’entreprise. D’abord parce que cette notion ne recouvre pas la définition de l’ejecutivo espagnol. Ensuite parce que, il faut bien l’admettre, elle n’est pas très claire ou du moins qu’elle renvoie à des réalités différentes selon le point de vue envisagé.

Rappelons que le mot cadre, qui vient de l’italien quadro (c’est-à-dire carré), est une bordure entourant un tableau, une photo, etc. On pourrait déjà a priori en déduire qu’un cadre d’entreprise est une personne qui encadre, c’est-à-dire qui dirige un groupe d’employés. Ce n’est toutefois pas exact : un cadre peut très bien ne pas avoir de salariés subalternes (un ingénieur, par exemple) et un salarié dirige parfois une équipe d’ouvriers… Pour la population, un cadre est plutôt un salarié avec des responsabilités importantes au sein de l’entreprise.

Il serait sans doute plus juste de dire qu’un cadre d’entreprise est un employé ayant un statut reconnu dans les conventions collectives. C’est l’entreprise qui reconnait à l’employé ce statut. Celui-ci est notamment associé à une caisse de retraite complémentaire spécifique et présente des avantages pour la couverture sociale et en cas de licenciement.

La charge symbolique de la fonction de cadre reste très importante : pour le salarié, le statut représente en somme un rang dans la hiérarchie de l’entreprise et devenir cadre par promotion interne est toujours vécu comme un rite de passage.

Enfin, pour être complet, il reste à dire qu’il existe une hiérarchie parmi les cadres : on distingue les cadres moyens (ou intermédiaires) des cadres supérieurs (ou dirigeants).

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Comment les Français expriment leur satisfaction

Nous avons déjà vu que les Français préfèrent souvent s’exprimer à la négation : ils disent peut-être plus souvent « Il ne fait pas chaud » que « Il fait froid ». On en arrive parfois à certaines phrases un peu surprenantes : une chose fréquente et habituelle devient une chose qui « n’est pas rare » ; au lieu de dire toute simplement « C’est vrai ! », beaucoup de Français préfèrent dire « C’est pas faux !» ; et, quand une chose fait consensus, on dit qu’elle « ne suscite guère de polémique » !

Il reste que cette manière de s’exprimer peut également blesser l’interlocuteur quand elle traduit une évaluation ou un sentiment. Répondre « Pourquoi pas ? » à une proposition ne semble pas faire montre d’un grand enthousiasme ; c’est pourtant la forme de répondre la plus habituelle…

Mais que dire du « C’est pas mal ! », employé à tort et à travers ? Eh bien c’est la manière française la plus fréquente d’évaluer positivement et d’exprimer sa satisfaction ! Un client qui répond « C’est pas mal ! » semble peu voire pas satisfait du tout : en réalité, il n’y a souvent aucun problème ! (en réalité, cela dépendra beaucoup de la prosodie employée, et notamment de l’intonation)

Pourquoi donc évaluer de cette façon ? Les Français semblent avoir dans l’esprit qu’il existe une perfection à partir de laquelle ils évaluent toute production : celle-ci est nécessairement plus ou moins éloignée de cette perfection. C’est un peu l’histoire du verre à moitié plein : les Français y voient toujours, eux, un verre à moitié vide !

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Le tutoiement au travail 

Longtemps réservé à la sphère familiale ou intime (voir notre post), le « tu » se démocratise, y compris au travail. Le tutoiement n’est donc plus considéré comme une impolitesse (avant, tutoyer une personne inconsidérément vous exposait à la réplique, foudroyante : « On n’a pas élevé les cochons ensemble ! »).

Dans certaines entreprises, le sociologue Baptiste Coulmont parle même de « culture du tutoiement » tant cette généralisation, loin d’être une option, devient peu à peu le mode habituel de communication.

Quelle sont les raisons de cette tendance ? La volonté d’estomper les différences hiérarchiques semble la principale. L’usage du « tu » donne également une image plus moderne et décontractée de l’entreprise : les start-up ont semble-t-il adopté le babyfoot et les tables de pingpong en même temps que le tutoiement !

Certes, certains secteurs, notamment l’administration publique, présentent des signes résistance à l’émergence du « tu ». Mais surtout, comme l’explique Alex Alber de l’Université de Tours, « c’est d’abord une pratique d’hommes et de cadres du secteur privé. Seule une femme sur dix tutoie son chef. C’est pourtant le cas de sept hommes sur dix ». Loin d’indiquer réellement une quelconque proximité, le tutoiement semble bien plutôt être un subtil marqueur social. Un(e) employé(e) préfèrera en principe vouvoyer son supérieur. La généralisation du « tu » n’est donc pas aussi systématique qu’elle en a l’air…

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Classes de français en entreprise

Jusqu’à la crise de 2007-2008, les PME espagnoles et singulièrement catalanes ont souvent négligé ou même ignoré leurs voisins du Nord et du Sud. Mais, le marché intérieur s’étant soudainement effondré, celles-ci ont cherché de nouveaux marchés pour exporter ce qu’elles n’arrivaient plus à vendre en Espagne.

Elles ont alors logiquement redécouvert leur voisin du Nord, la France, qui représentait souvent un marché immense. Le problème auquel elles devaient immédiatement faire face était bien souvent que leurs salariés ne parlaient pas français : durant des années, les entreprises avaient privilégié la formation en anglais de leurs collaborateurs. Or on sait que si la connaissance de l’anglais est nécessaire, elle n’est aujourd’hui absolument plus suffisante. Il est et il sera toujours beaucoup plus facile, commercialement parlant, de vendre un produit dans la langue du client.

Au début des années 2010, certaines PME ont donc commencé à proposer des cours de français à leurs collaborateurs, notamment à leurs commerciaux. Ceux-ci ayant acquis les bases de langue et commençant à prospecter en France, ces entreprises se sont vite rendu compte qu’il était relativement facile de faire des affaires avec des entreprises françaises et cela pour deux raisons.

  1. En dépit des a priori communément répandus, une entreprise française n’a pas de suspicion, voire de mépris, vis-à-vis de la qualité espagnole d’un produit ou d’un service.
  2. Une entreprise française satisfaite par son fournisseur cherche généralement à établir avec lui une véritable relation de confiance, c’est-à-dire que celui-ci ne se verra jamais concourir systématiquement avec l’ensemble de ses concurrents pour chaque nouvelle offre.

Nos cours de français ont été extraordinairement positifs pour tous nos clients. Les résultats ont parfois été spectaculaires. Nous avons commencé à former les collaborateurs de Bundó Display en 2013. À l’époque, 10% du CA de l’entreprise se faisait à l’export en France. Six ans plus tard, cette part dépasse les 50% !

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Ponctualité à la française : le quart d’heure de politesse

On a parfois parlé de « quart d’heure bordelais », de « quart d’heure toulousain », de « quart d’heure rémois », de « quart d’heure charentais »… tous ces quarts d’heure, semblent être des spécificités régionales. Ils renvoient cependant tous à la même réalité sur la totalité du territoire français : il serait plus judicieux et plus juste de parler de « quart d’heure français » !

À quoi correspond ce qu’on appelle aussi le quart d’heure de politesse ? C’est la marge communément admise pour être ponctuel en France : si vous avez rendez-vous avec un ami dans un café à 16h, vous saurez tous les deux tacitement que vous pourrez arriver entre 16h et 16h15. À partir de cette heure, chacun pourra commencer à s’inquiéter ou à s’énerver ! Ce quart d’heure de politesse est parfois même obligatoire. Si l’invitation est un peu plus formelle, disons qu’un couple d’amis vous invite chez eux, on attendra de vous de ne pas arriver avant l’écoulement de ce quart d’heure. Concrètement, si on vous a invité à 13h, se présenter avant 13h15 vous fera arriver avant l’heure (ce qui surprendra votre hôte).

Attention toutefois, dans le milieu professionnel, le quart d’heure de politesse ne s’applique pas : en général, l’heure de la réunion ou du déjeuner d’affaires est bien celle qu’on vous aura communiquée et n’y ajoutez donc pas 15 minutes en croyant arriver à l’heure : cette fois-ci, vous serez en retard !

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L’approche théorique des Français

La démonstration théorique prime toujours pour les Français. Il est peu probable qu’ils tentent de mettre en pratique un projet qui n’aura pas été conceptualisé a priori. Le pendant est qu’ils comprennent difficilement qu’on puisse essayer de réaliser un projet sans l’avoir au préalable rationnellement défini. On peut imaginer les malentendus possibles avec des personnes plus pragmatiques comme les Anglo-saxons ou les Japonais ; Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, explique dans son livre Citoyen du monde : « Les Japonais ne sont pas des champions de la théorie. Leur point fort, c’est de partir d’une observation pragmatique, simple, et d’essayer de construire une solution. Je n’ai pas vu d’essais très théoriques produits au Japon. »

L’effort de définition est ainsi, pour les Français, toujours capital et nécessaire, et n’importe quelle réunion de travail avec eux est sur ce point édifiante. Ce n’est pas étonnant : en France, le système éducatif transmet l’idée qu’une réponse à un problème n’est trouvée qu’en en définissant ses termes et qu’il existe donc autant de solutions que de définitions.

Cet attachement à la théorie fait leur force (et peut-être explique-t-elle l’excellence des théoriciens français, des mathématiques en passant par toutes les sciences sociales) ; elle fait aussi parfois leur faiblesse. C’est ce que pointe une célèbre –et vieille- blague anglaise. Un jour, un Anglais parvient à montrer à un Français, preuves matérielles à l’appui, que Dieu existe bel et bien. Le Français l’écoute, reste en silence durant un moment et finit par lui répondre : « D’accord, dans les faits, Dieu existe, mais en théorie ? » On leur reproche donc (et les Français eux-mêmes se le reprochent) de ne pas être assez pragmatiques. Ce reproche est parfois excessif : si tous, sous l’influence principalement anglo-saxonne, devenions pragmatiques, la compréhension du monde n’en serait-elle pas diminuée ? C’est sans aucun doute la diversité des approches qui nous permet de comprendre un phénomène.

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