Expression de l’opposition : Bien que, Quoique et Malgré

Nous avons déjà abordé dans ce blog l’expression de l’opposition en français (voir notre post sur mais et quand même ainsi que celui sur pourtant). Il existe d’autres connecteurs logiques qui introduisent l’opposition.

Bien que et quoique sont synonymes (quoique est peut-être moins employé à l’oral que bien que, mais cela dépend du locuteur et de sa région d’origine) ; l’unique difficulté dans leur utilisation est qu’il vous faudra conjuguer le verbe qui les suit au subjonctif.

Bien que [=quoique] nous lui ayons conseillé d’appeler un réparateur, il a préféré le faire lui-même.

Attention à ne pas confondre quoique et quoi que ! Erreur commune, les deux expressions étant suivies du subjonctif. Quoi que signifie quel que soit, peu importe, comme dans :

Quoi que je fasse, elle n’est jamais contente.

C’est à dire : Peu importe ce que je fais, elle n’est pas contente.

Vous pouvez aussi introduire l’opposition avec malgré. Mais vous devez veiller à le faire suivre d’un substantif :

Malgré la pluie, le picnic est maintenu.

La locution malgré que (suivi du subjonctif) est en principe incorrecte (c’est ennuyeux pour les Catalans, parce qu’elle présente l’avantage d’être très proche du malgrat que !). Toutefois, une majorité de Français l’utilisant, on peut difficilement la refuser aux étudiants de français langue étrangère ! Malgré que est donc un synonyme de bien que et de quoique.

Malgré que nous lui ayons conseillé d’appeler un réparateur, il a préféré le faire lui-même.

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Exprimer la cause avec « d’autant… que »

Les étudiants en français langue étrangère ont traditionnellement des difficultés à utiliser (voire comprendre) la conjonction « d’autant… que ». La raison principale est qu’il n’en existe pas de traduction dans leur langue maternelle. Et pourtant, elle est très commune en français, tant à l’oral qu’à l’écrit, car c’est aussi un procédé de rhétorique. En effet, elle permet d’ajouter une autre cause à une cause première qui peut être exprimée ou sous-entendue (cas d’ailleurs très fréquent) ; on peut donc, grâce à elle, renforcer un argument.

Elle n’est jamais en tête de phrase et se place à l’intérieur de la phrase. Elle est souvent associée à des termes comparatifs :

–       d’autant plus/moins + adjectif + que
–       d’autant plus/moins de + nom + que
–       d’autant (plus/moins) que + proposition

Voici quelques exemples pour comprendre l’utilisation de cette conjonction.

Le candidat élu était d’autant plus heureux qu’il pensait ne pas pouvoir gagner.

Cause première à son bonheur (non exprimée, mais implicite) : son élection ; cause seconde : c’est une surprise pour lui, il pensait perdre.

Durant l’épreuve, le cycliste avait d’autant moins de force qu’il s’était mal alimenté la veille.

Cause première à sa fatigue (non exprimée, mais implicite) : son effort physique durant la course ; cause seconde : sa mauvaise alimentation.

Je ne vous en veux pas du tout, d’autant (plus) que personne n’est à l’abri d’une erreur.

Cause première (non exprimée, même implicitement) : je ne suis pas rancunier par nature ; cause seconde : je sais que tout le monde peut faire des erreurs.

C’est tout pour cette année. Nous continuons à travailler au mois de juillet mais le blog prend ses vacances !

Bon été à tous !

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Exprimer le but grâce au connecteur « histoire de »

Il y a, dans l’enseignement du français langue étrangère, quelques mots ou expressions qui sont de grands oubliés. Pourquoi un tel oubli ? Parce qu’ils sont souvent uniquement utilisés à l’oral (et appartiennent donc au registre informel) et que la langue d’apprentissage est encore trop fréquemment la langue écrite.

C’est le cas du connecteur logique « histoire de ». À l’oral, « histoire de » concurrence fortement « pour » ; certains locuteurs semblent même ne connaître que lui : « histoire de » se convertit en un véritable tic de langage. Comme « pour », il introduit le but. Cependant, contrairement à lui, il ne peut être suivi d’un substantif. Vous devrez donc obligatoirement le faire suivre d’un verbe à l’infinitif.

Je les ai rappelés hier, histoire de voir s’ils se souvenaient de moi.

Nous sommes allés au parc Monceau, histoire de nous aérer un peu.

En général, le locuteur marque une brève pause juste avant le connecteur « histoire de » (ce que nous avons signalé ici par la virgule).

À l’écrit, « histoire de » n’est pratiquement jamais utilisé, ce serait trop informel. On lui préfère « pour », « afin de », « de façon que », etc.

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Signification de : ailleurs, par ailleurs, d’ailleurs

De nombreux apprenants en français confondent trois expressions qui se ressemblent beaucoup, car elles sont construites à partir du même mot : ailleurs ; ce sont « ailleurs », « par ailleurs » et « d’ailleurs ».
« Ailleurs » est un adverbe qui signifie « en un autre lieu », ce qui pourrait se traduire par :

Le restaurant où nous avons l’habitude d’aller était complet, nous sommes donc allés ailleurs.

« Par ailleurs » et « d’ailleurs » sont des connecteurs logiques. « En outre » ou « d’autre part » sont des synonymes de « par ailleurs ». Cette locution introduit un complément d’information à une affirmation.

L’inscription au club de ping-pong vous permet d’accéder à toutes les installations sportives. Par ailleurs, grâce à elle, vous bénéficierez d’une réduction dans le magasin de sport du quartier.

« D’ailleurs » vient renforcer l’affirmation donnée précédemment :

Il est vrai qu’il aime écrire. D’ailleurs, c’est assez normal puisqu’il vient d’une famille d’écrivains.

Le problème tient à ce que la nuance entre ces deux derniers mots n’est pas facile : parfois les deux sont possibles !

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Le connecteur de la conséquence « aussi »

Aussi est un des premiers mots que l’apprenant rencontre et mémorise lors de la classe de français :

– J’aime la musique reggae, et toi ?
– Moi aussi.

Mais aussi a une autre signification que l’immense majorité des étudiants ignorent : c’est un connecteur logique introduisant la conséquence :

Il avait manqué son train, aussi il est arrivé en retard (ou : il avait manqué son train, aussi est-il arrivé en retard).

Ce connecteur appartient au registre de la langue soutenue et est donc peu utilisé à l’oral.

Le problème est que la signification de aussi diffère selon sa place dans la phrase : situé après le verbe, c’est un synonyme de également ; à l’attaque de la phrase, il signifie par conséquent, donc.

J’ai aussi été au supermarché = j’ai été aussi au supermarché = j’ai été au supermarché aussi.

Mais :

Aussi j’ai été au supermarché.

Une erreur des hispanophones et des catalanophones est d’imiter la syntaxe de leur langue. También et també se traduisent par aussi et peuvent être placés n’importe où dans la phrase ; il est cependant fréquent qu’ils soient situés à son commencement. L’étudiant traduisant littéralement aura donc tendance à commencer sa phrase par aussi sans se rendre compte que la signification change alors. Soyez donc vigilant au moment d’utiliser aussi !

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Cartésianisme et connecteurs logiques

Les Français sont cartésiens, histoire et tradition obligent ; même s’ils sont aussi impulsifs, histoire et révolutions obligent aussi !

En tout cas ils organisent leur pensée autour de liens logiques qu’ils verbalisent presque toujours : ce sont les fameux connecteurs logiques exprimant l’opposition, la concession, la cause, la conséquence, le but (voir notre section « Connecteurs »). Pour communiquer efficacement avec les Français dans leur langue, il convient non seulement de bien parler la langue mais aussi d’adopter au mieux leurs modes et schémas de pensée. Sinon, le risque est grand, au mieux qu’ils ne vous comprennent pas bien, au pire qu’ils se méfient d’un discours qui leur semblera être de l’amateurisme ou un bricolage plein d’approximations.

Leur pensée part toujours de ce que les choses devraient être et non de que qu’elles sont ; la théorie les intéresse parfois plus que la réalité, c’est ce qui les oppose au pragmatisme anglo-saxon (cette opposition est parfaitement illustrée par une blague anglaise : Un jour, on prouve à un Français que Dieu existe, ce à quoi le Français répond : « D’accord, il existe réellement, mais… en théorie ? »).

A chaque fois que c’est possible, semez donc votre discours en français de connecteurs logiques : votre interlocuteur vous en saura toujours gré.

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L’expression de l’opposition grâce à “pourtant”

De nombreux hispanophones et de catalanophones se trompent régulièrement sur l’usage de pourtant en français. Il est vrai que les langues semblent parfois prendre un malin plaisir à nous piéger.

Pourtant est un faux ami : ce n’est ni por lo tanto en espagnol, ni per tant en catalan, même s’il semble être leur traduction littérale. De fait, à l’origine, elle l’était : le sens ancien de pourtant est : pour cela, pour cette raison. Aujourd’hui, cette signification est tout à fait inusitée.

La confusion est d’autant plus regrettable que ces trois expressions sont toutes des connecteurs logiques dans leur langue. Mais por lo tanto et per tant continuent à introduire une conséquence alors que pourtant est devenu un connecteur logique d’opposition ; c’est un synonyme de malgré cela et néanmoins :

– Cette plante ne pousse pas ; pourtant je l’arrose.

Pourtant est très souvent associé à l’oral à et :

– Cette plante ne pousse pas, et pourtant je l’arrose.

L’expression et pourtant peut même s’employer seule, sous forme exclamative :

– Qu’est-ce qu’elle a ta plante ? Elle semble toute sèche.

Et pourtant ! Je l’arrose tous les jours !

Ici, entre « Et pourtant ! » et « Je l’arrose tous les jours ! », le locuteur fera naturellement une pause plus ou moins marquée selon le degré de surprise et d’incompréhension qu’il voudra souligner.

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Exprimer la conséquence grâce à « du coup »

Vous connaissez certainement de nombreux connecteurs logiques de conséquence : donc, alors, par conséquent, ainsi… Il en existe un autre que peu d’étudiants en français langue étrangère connaissent : c’est du coup.

Cette expression est très employée, de plus en plus employée, et même, au dire de certains, trop employée : cela devient un tic ou une manie de semer ses phrases de du coup. Vous devez faire attention à réserver son emploi aux situations informelles et essentiellement à l’oral : l’expression est familière.

C’est presqu’un synonyme de par conséquent -qui, lui, n’est pas utilisé à l’oral. On dit parfois que du coup s’emploie quand la conséquence est inattendue. Ce n’est pas tout à fait exact. En utilisant cette expression, vous faites simplement semblant de croire que la conséquence de la première proposition est unique et somme toute logique.

Dans :

Il y avait une promotion sur les portables du coup j’en ai acheté un.

il n’y a pas de relation de cause à effet entre l’affirmation et l’action : ce n’est pas parce qu’il y a une promotion qu’on achète automatiquement un portable. Et pourtant, c’est ce que vous dites, ce qui vous permet de légitimer votre action (ici votre achat) : vous avez eu raison, il était normal d’en acheter un puisqu’il y avait une promotion.

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Connecteurs : l’opposition grâce à « mais » et « quand même »

Pour exprimer l’opposition, le français possède de nombreux connecteurs mais beaucoup d’entre eux sont plus utilisés à l’écrit, comme cependant, en dépit de, toutefois… A l’oral, vous pouvez user et abuser du mais en l’associant à quand même. Très peu d’étudiants savent à quel point les Français ont recours à ces deux locutions.

Vous pouvez les employer séparément :

– Je lui ai dit que c’était dangereux mais il est parti.
– Je lui ai dit que c’était dangereux : il est quand même parti.

Elles sont souvent associées à l’oral :

– Je lui ai dit que c’était dangereux mais il est quand même parti. (ou : il est parti quand même)

Dans ce cas, quand même vient renforcer le mais et emphatise l’opposition ; un peu comme, à l’oral, on fait des reprises non nécessaires : Paul, il est parti avec sa voisine, ou : Le livre, tu me le rends demain, d’accord ?

Pour bien utiliser quand même, vous devez le placer après le verbe :

– *Il n’a pas le permis, quand même il conduit* n’est pas possible.
– Il n’a pas le permis (mais) il conduit quand même.

Quand même est également utilisé pour montrer son mécontentement. Imaginez qu’on vous pousse un peu trop brutalement dans une queue ; vous vous retournez et dites en fronçant les sourcils à la personne derrière vous : « Quand même ! »

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Utilisation des connecteurs en français

Même si, pourtant, du coup, quand même, donc, certes, orles francophones sèment naturellement leurs conversations d’un nombre impressionnant de connecteurs logiques (VOIR notre Section CONNECTEURS). D’autres langues choisissent de les omettre carrément ou du moins n’en font pas un tel usage, qui peut sembler abusif. Peut-être est-ce là encore un héritage de la pensée de Descartes dont la plus célèbre phrase est, comme par hasard, «Je pense donc je suis».

Tous les arguments d’un raisonnement s’enchaînent les uns les autres par une relation de cause à effet, d’opposition, de concession, de but. Pour les francophones, exprimer presque systématiquement toutes ces relations par un connecteur oblige le locuteur à une pensée méthodique et permet à l’auditeur de mieux suivre le raisonnement de l’autre.

Certains connecteurs permettent d’annoncer à l’avance le cheminement de sa pensée et créent des attentes chez l’auditeur. C’est par exemple le cas de certes, qui nécessite 3 étapes:

1. Certes + affirmation
2. Mais + objection à cette affirmation
3. Donc + conséquence de cette objection

En commençant une phrase par certes, vous annoncez automatiquement les étapes 2 et 3 et votre interlocuteur voudra nécessairement savoir où vous voulez en venir. Avec un francophone, essayez d’utiliser certes en omettant les 2 dernières étapes et attendez. Vous remarquerez immédiatement une surprise mêlée d’incompréhension sur le visage de votre interlocuteur: il attend la suite!!

Plus le discours se veut démonstratif et formel (présentation de projets, analyse de résultats, etc.), plus les connecteurs sont proportionnellement nombreux. Savoir bien utiliser les connecteurs améliore sensiblement votre communication avec les francophones.

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