L’expression « N’importe quoi »

La locution « n’importe quoi », aujourd’hui si fréquente à l’oral spontané des Français, est pourtant très vieille : elle a d’ailleurs conservé la syntaxe de l’ancien français. De nos jours, on dirait plutôt, « il n’importe pas quoi ».

L’expression a deux significations. La première est la plus simple parce qu’on peut facilement la traduire en espagnol et en catalan. « N’importe quoi » veut dire « n’importe quelle chose » ; peu importe, donc, de la préciser.

Cette petite boîte est vraiment pratique, elle peut contenir n’importe quoi !

Il ferait n’importe quoi pour arriver à ses fins.

Mais la locution est beaucoup plus souvent utilisée dans sa seconde acception. C’est alors un synonyme de bête, absurde ; il s’agit en tout cas de quelque chose qui ne correspond pas à la situation.

Tu dis n’importe quoi !

Elle est parfois une réponse à elle toute seule :

– Il parait que pour se protéger du coronavirus, il faut porter cette amulette…

– N’importe quoi !

L’expression devient même un substantif dans « du n’importe quoi », comme si on cherchait à quantifier le non-sens ou la bêtise.

Mais c’est pas du tout ce qu’il fallait faire ! C’est du n’importe quoi !

Rémi Gaillard, un célèbre humoriste de la toile, l’utilise pour son adage :

C’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui !

Cette formule, par sa polyvalence, en fait un incontournable des expressions françaises !

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Le compte personnel de formation en France

Une grande réforme de la formation professionnelle est entrée en application en janvier 2019. Le principal changement a constitué en une monétisation du CPF, le Compte Personnel de Formation. Dorénavant, les salariés voient leur CPF crédité en euros et plus en heures. Chaque salarié aura son CPF crédité de 500 € par an. Le montant sera plafonné à 5 000 €. Pour les salariés sans qualification, le CPF sera majoré, il sera crédité de 800 € par an. Le montant sera plafonné à 8 000 €. Pour adapter la durée de la formation aux besoins de la personne, le CPF pourra être abondé par les entrepriseset par des accords collectifs de branches.

Le calcul pour les salariés à temps partiel se fait logiquement au prorata des heures travaillées. Il en est de même pour les demandeurs d’emploi qui, pour rappel n’accumulent pas de crédits lors de la période du chômage. Pour les salariés ayant déjà des heures de CPF au moment de l’entrée en application de la réforme, le Ministère du travail a fixé le taux de conversion de l’heure à 15€ TTC(toute taxe comprise).

Les entreprises participent au financement des actions de formation continue de leur personnel et des demandeurs d’emploi en payant une contribution annuelle appelée « cotisation formation professionnelle » et cela quel que soit le nombre de salariés, la nature de l’activité et le statut juridique (entreprise individuelle ou société). Le montant ce cette cotisation dépend du nombre de salariés.

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La locution « On va pas se mentir »

À toutes les époques, certaines expressions se convertissent soudainement en véritables tics de langage. Leur utilisation constante par une bonne partie de la population exaspère ceux qui y résistent et ne voient là que des formules creuses et vides de sens. C’est le cas, depuis une petite dizaine d’années, de  « On va pas se mentir » (la variante « Il faut pas se mentir » existe aussi) ; l’expression a même été le nom d’un programme télévisé entre 2012 et 2016.

Vous noterez d’abord l’absence de la première négation « ne » (« On ne va pas se mentir »), ce qui constitue un indice clair de l’origine orale de l’expression. Quelle en est la signification ? Elle annonce que locuteur refuse non seulement de mentir mais d’être trompé par les apparences : il va exposer les faits tels qu’ils sont. C’est donc une façon de montrer qu’on est franc et intelligent. Expression valorisante pour le locuteur qui l’utilise, « On va pas se mentir » se voit logiquement plébiscitée par la population.

Le problème est que l’expression est très souvent utilisée pour prononcer des banalités… Un article sur la qualité des produits cosmétiques pourra ainsi s’intituler « On va pas se mentir… l’industrie nous ment ! », ce qui, on l’avouera, n’est tout de même pas une grande découverte. Au quotidien, vous pourrez entendre des phrases telles que :

On va pas se mentir, je ne suis plus tout jeune.

On va pas se mentir, je suis vraiment fatiguée.

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Faire la bise en France

En France, la manière la plus habituelle de se saluer entre proches reste la bise, même entre hommes. La première fois que vous embrassez quelqu’un, deux difficultés se présentent. D’abord, il vous faudra décider par quelle joue vous commencerez : la droite ou la gauche ? Tout le monde ne commence pas par la même ! Si vous tendez la même joue que votre interlocuteur, un petit instant de confusion aura lieu, surtout que vos bouches respectives seront soudainement très proches et s’embrasser sur la bouche est réservé à ceux qui s’aiment d’amour…

La seconde difficulté est le nombre de bises. La majorité des Français en font deux ; certains, très minoritaires, n’en font qu’une ; d’autres en font trois (dans le Sud-Est) voire quatre (au nord de la Loire). Si vous ne comptez pas le même nombre de bises que votre interlocuteur, vous êtes bon pour un autre petit instant de confusion : l’un des deux, souhaitant donner une bise supplémentaire, avancera la joue tandis que l’autre, ayant terminé, éloignera sa tête. La première personne se trouvera donc momentanément un peu ridicule.

Ces deux difficultés ne sont pas propres aux étrangers qui connaissent mal les coutumes françaises : les Français eux-mêmes sont habitués à gérer ce type de situations. Comment résoudre ces situations d’autant plus délicates que vous ne connaissez pas ou pas bien l’autre personne (sinon vous sauriez par quelle joue elle commence et le nombre de bises qu’elle fait) ? Dans les deux cas, les Français ont la même réaction : ils rient (afin de diminuer l’embarras) et commentent la situation : « Ah !? Vous commencez / tu commences par la droite ? » « Ah !? Vous en faites / tu en fais trois ? ». On rit et chacun mémorise la façon de faire de l’autre : la prochaine fois, avant de se faire la bise, toujours en riant on dira « Alors ? on commence par quoi ? la gauche ou la droite ? » « On en fait combien ? ». De cette façon, on trouvera un terrain d’entente et nous aurons fixé nos salutations pour l’avenir.

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L’emploi du mot juste en français

 

Le mot juste est d’abord un adjectif qui signifie « qui est conforme à la justice, à l’équité » :

Donner plus à l’un qu’à l’autre n’est pas juste.

Il exprime également une idée de justesse, dans le sens où une chose est parfaitement adéquate, qu’elle convient bien :

Parfois, trouver le mot juste est difficile.

Paradoxalement, il renvoie aussi à une idée d’insuffisance, c’est-à-dire à quelque chose qui ne convient pas :

Ce vêtement est trop juste = ce vêtement est trop petit.

 

 

Mais le mot juste est également un adverbe : c’est un synonyme de « avec exactitude » ou « exactement » :

Il a deviné juste.

Il est midi juste.

C’est enfin un synonyme de « seulement » :

Je voudrais acheter juste trois exemplaires.

Depuis de nombreuse années, l’utilisation du mot juste, sous l’influence de l’anglais est cependant modifiée, spécialement lorsque le temps verbal est composé ou s’organise autour un semi-auxiliaire (vouloir, pouvoir, devoir, etc.). Ainsi, dans :

Je voudrais juste acheter trois exemplaires

La restriction ne porte plus sur le complément mais sur l’action du verbe : Je voudrais seulement acheter trois exemplaires, je ne veux rien faire de plus, seulement acheter (parce que je ne veux pas vous déranger, parce que cela ne m’intéresse pas de les louer, etc. peu importe la raison). Le parallèle avec l’anglais « I just want to buy three copies » est évident. Il reste que cette utilisation est un anglicisme qui hérisse certains Français : il va cependant falloir qu’ils s’y habituent parce que cet usage bien ancré dans la langue n’est pas juste une mode !

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En France, comment remercier d’un service ?

Le pourboire est une somme d’argent versée à une personne en remerciement d’un service ou de la qualité de celui-ci : à l’origine, comme le mot lui-même l’indique parfaitement, c’était un verre qu’on offrait en remerciement d’un service rendu ou de l’argent pour s’offrir ce verre. Dans beaucoup de pays, cet usage se traduit par la même expression : en Allemagne, pourboire se dit trinkgeld, littéralement « argent pour boire », tout comme le mot portugais gorjeta. En général, on a oublié qu’en espagnol, la propina vient d’une ancienne coutume qui consistait à boire la moitié d’un verre après avoir trinqué à la santé de quelqu’un puis offrir à cette personne la fin du verre.

Mais dans les restaurants français, depuis longtemps, les prix s’entendent taxes et service compris (15 % environ du prix total). Voilà pourquoi les Français ne laissent généralement aucun pourboire ou alors très peu. Si vous voyagez en France, ne soyez donc pas gêner de ne rien laisser –évidemment, si vous êtes très satisfait du service, rien ne s’y oppose non plus. En revanche, dans certaines situations, il est encore d’usage de laisser un pourboire. Au théâtre, parfois, un panneau indique clairement que l’ouvreuse est rémunérée au pourboire (dans le cas contraire, ne donnez rien : l’ouvreuse est salariée). Vous pouvez toujours aussi arrondir à l’euro supérieur dans les taxis et avec les livreurs.

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À l’oral, le connecteur logique « histoire de »

Il y a, dans l’enseignement du français langue étrangère, quelques mots ou expressions qui sont degrands oubliés. Pourquoi un tel oubli ? Parce qu’ils sont souvent uniquement utilisés à l’oral (et appartiennent donc au registre informel) et que la langue d’apprentissage est encore trop fréquemment la langue écrite.

C’est le cas du connecteur logique « histoire de ». À l’oral, « histoire de » concurrence fortement « pour » et « afin de » ; certains locuteurs semblent même ne connaître que lui : « histoire de » se convertit en un véritable tic de langage. Comme « pour », il introduit le but. Cependant, contrairement à lui, il ne peut être suivi d’un substantif. Vous devrez donc obligatoirement le faire suivre d’un verbe à l’infinitif.

Je les ai rappelés hier, histoire de voir s’ils se souvenaient de moi.

Nous sommes allés au parc Monceau, histoire de nous aérer un peu.

En général, le locuteur marque une brève pause juste avant le connecteur « histoire de » (ce que nous avons signalé ici par la virgule).

À l’écrit, « histoire de » n’est pratiquement jamais utilisé, ce serait trop informel. On lui préfère « pour », « afin de », « de façon que », etc.

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Une tradition à Noël : les étrennes

Si vous vous trouvez en France durant le mois de décembre, ne soyez pas surpris de voir le facteur ou un pompier en belle tenue militaire sonner à votre porte. À cette époque, il est d’usage d’offrir des étrennes à certains corps de métier travaillant pour la collectivité. Éboueurs, facteurs et pompiers passent alors dans chaque maison pour proposer généralement des calendriers de l’année qui vient. Ceux-ci sont ensuite bien vite oubliés au fond d’un tiroir ou derrière une porte tant ils sont horribles et kitschs : photos de petits chatons sur fond rose, portrait de l’adjudant-chef devant la caserne des pompiers, etc.

Même si chacun est libre d’acheter ou non le calendrier proposé, la majorité des gens se plient à la tradition. Car c’est un moyen, pour ces employés peu rémunérés, d’avoir un complément de salaire pour la fin de l’année. Quant aux concierges, les copropriétaires leur laissent en général une enveloppe dans laquelle ils ont glissé un chèque ou quelques billets.

La question qui taraude beaucoup de Français, à cette époque, est : combien donner ? Le prix d’achat du calendrier est en effet laissé à la discrétion de chacun. La réponse est simple : en fonction de vos moyens.

Tous les métiers travaillant pour la collectivité ne bénéficient pas de cette tradition. Il y a quelques années, une chaine de télévision avait organisé en caméra cachée le démarchage de policiers en uniforme qui proposaient également des calendriers : ils avaient été en général très mal reçus par la population !

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Qu’est-ce qu’un cadre d’entreprise ?

Il est souvent difficile aux étudiants de français langue étrangère de comprendre exactement ce qu’est un cadre d’entreprise. D’abord parce que cette notion ne recouvre pas la définition de l’ejecutivo espagnol. Ensuite parce que, il faut bien l’admettre, elle n’est pas très claire ou du moins qu’elle renvoie à des réalités différentes selon le point de vue envisagé.

Rappelons que le mot cadre, qui vient de l’italien quadro (c’est-à-dire carré), est une bordure entourant un tableau, une photo, etc. On pourrait déjà a priori en déduire qu’un cadre d’entreprise est une personne qui encadre, c’est-à-dire qui dirige un groupe d’employés. Ce n’est toutefois pas exact : un cadre peut très bien ne pas avoir de salariés subalternes (un ingénieur, par exemple) et un salarié dirige parfois une équipe d’ouvriers… Pour la population, un cadre est plutôt un salarié avec des responsabilités importantes au sein de l’entreprise.

Il serait sans doute plus juste de dire qu’un cadre d’entreprise est un employé ayant un statut reconnu dans les conventions collectives. C’est l’entreprise qui reconnait à l’employé ce statut. Celui-ci est notamment associé à une caisse de retraite complémentaire spécifique et présente des avantages pour la couverture sociale et en cas de licenciement.

La charge symbolique de la fonction de cadre reste très importante : pour le salarié, le statut représente en somme un rang dans la hiérarchie de l’entreprise et devenir cadre par promotion interne est toujours vécu comme un rite de passage.

Enfin, pour être complet, il reste à dire qu’il existe une hiérarchie parmi les cadres : on distingue les cadres moyens (ou intermédiaires) des cadres supérieurs (ou dirigeants).

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Le lien logique « histoire de »

Les connecteurs logiques introduisant le but traditionnellement enseignés en classe de français langue étrangère sont connus : pour (pour que), afin de (afin que), dans le but de. On ajoute parfois une série de locutions plus formelles exprimant un but à éviter : de peur de (de peur que) et de crainte de (de crainte que). C’est en général à peu près tout.

Comparé aux autres articulations logiques (notamment celles de la cause, de la conséquence, de l’opposition et de la concession), la langue française semble assez pauvre pour introduire le but. Surtout quand on connait l’amour des Français pour les liens logiques.

Il existe pourtant une autre locution, rarement étudiée en classe et presque jamais présentée dans les manuels, familière et très utilisée à l’oral par tous les francophones (au point même d’évacuer parfois toutes les autres). C’est histoire de :

Tu ne veux pas qu’on s’arrête un peu, histoire de manger quelque chose ?

La locution histoire de peut se décliner en histoire que + subjonctif quand le sujet des deux phrases est différent :

Il leur a envoyé un plan de la région histoire qu’elles puissent trouver la maison sans problème.

Pour sa fréquence d’utilisation à l’oral, histoire de serait un peu le pendant de du coup (qui introduit la conséquence).

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