En France, comment remercier d’un service ?

Le pourboire est une somme d’argent versée à une personne en remerciement d’un service ou de la qualité de celui-ci : à l’origine, comme le mot lui-même l’indique parfaitement, c’était un verre qu’on offrait en remerciement d’un service rendu ou de l’argent pour s’offrir ce verre. Dans beaucoup de pays, cet usage se traduit par la même expression : en Allemagne, pourboire se dit trinkgeld, littéralement « argent pour boire », tout comme le mot portugais gorjeta. En général, on a oublié qu’en espagnol, la propina vient d’une ancienne coutume qui consistait à boire la moitié d’un verre après avoir trinqué à la santé de quelqu’un puis offrir à cette personne la fin du verre.

Mais dans les restaurants français, depuis longtemps, les prix s’entendent taxes et service compris (15 % environ du prix total). Voilà pourquoi les Français ne laissent généralement aucun pourboire ou alors très peu. Si vous voyagez en France, ne soyez donc pas gêner de ne rien laisser –évidemment, si vous êtes très satisfait du service, rien ne s’y oppose non plus. En revanche, dans certaines situations, il est encore d’usage de laisser un pourboire. Au théâtre, parfois, un panneau indique clairement que l’ouvreuse est rémunérée au pourboire (dans le cas contraire, ne donnez rien : l’ouvreuse est salariée). Vous pouvez toujours aussi arrondir à l’euro supérieur dans les taxis et avec les livreurs.

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À l’oral, le connecteur logique « histoire de »

Il y a, dans l’enseignement du français langue étrangère, quelques mots ou expressions qui sont degrands oubliés. Pourquoi un tel oubli ? Parce qu’ils sont souvent uniquement utilisés à l’oral (et appartiennent donc au registre informel) et que la langue d’apprentissage est encore trop fréquemment la langue écrite.

C’est le cas du connecteur logique « histoire de ». À l’oral, « histoire de » concurrence fortement « pour » et « afin de » ; certains locuteurs semblent même ne connaître que lui : « histoire de » se convertit en un véritable tic de langage. Comme « pour », il introduit le but. Cependant, contrairement à lui, il ne peut être suivi d’un substantif. Vous devrez donc obligatoirement le faire suivre d’un verbe à l’infinitif.

Je les ai rappelés hier, histoire de voir s’ils se souvenaient de moi.

Nous sommes allés au parc Monceau, histoire de nous aérer un peu.

En général, le locuteur marque une brève pause juste avant le connecteur « histoire de » (ce que nous avons signalé ici par la virgule).

À l’écrit, « histoire de » n’est pratiquement jamais utilisé, ce serait trop informel. On lui préfère « pour », « afin de », « de façon que », etc.

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Une tradition à Noël : les étrennes

Si vous vous trouvez en France durant le mois de décembre, ne soyez pas surpris de voir le facteur ou un pompier en belle tenue militaire sonner à votre porte. À cette époque, il est d’usage d’offrir des étrennes à certains corps de métier travaillant pour la collectivité. Éboueurs, facteurs et pompiers passent alors dans chaque maison pour proposer généralement des calendriers de l’année qui vient. Ceux-ci sont ensuite bien vite oubliés au fond d’un tiroir ou derrière une porte tant ils sont horribles et kitschs : photos de petits chatons sur fond rose, portrait de l’adjudant-chef devant la caserne des pompiers, etc.

Même si chacun est libre d’acheter ou non le calendrier proposé, la majorité des gens se plient à la tradition. Car c’est un moyen, pour ces employés peu rémunérés, d’avoir un complément de salaire pour la fin de l’année. Quant aux concierges, les copropriétaires leur laissent en général une enveloppe dans laquelle ils ont glissé un chèque ou quelques billets.

La question qui taraude beaucoup de Français, à cette époque, est : combien donner ? Le prix d’achat du calendrier est en effet laissé à la discrétion de chacun. La réponse est simple : en fonction de vos moyens.

Tous les métiers travaillant pour la collectivité ne bénéficient pas de cette tradition. Il y a quelques années, une chaine de télévision avait organisé en caméra cachée le démarchage de policiers en uniforme qui proposaient également des calendriers : ils avaient été en général très mal reçus par la population !

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Qu’est-ce qu’un cadre d’entreprise ?

Il est souvent difficile aux étudiants de français langue étrangère de comprendre exactement ce qu’est un cadre d’entreprise. D’abord parce que cette notion ne recouvre pas la définition de l’ejecutivo espagnol. Ensuite parce que, il faut bien l’admettre, elle n’est pas très claire ou du moins qu’elle renvoie à des réalités différentes selon le point de vue envisagé.

Rappelons que le mot cadre, qui vient de l’italien quadro (c’est-à-dire carré), est une bordure entourant un tableau, une photo, etc. On pourrait déjà a priori en déduire qu’un cadre d’entreprise est une personne qui encadre, c’est-à-dire qui dirige un groupe d’employés. Ce n’est toutefois pas exact : un cadre peut très bien ne pas avoir de salariés subalternes (un ingénieur, par exemple) et un salarié dirige parfois une équipe d’ouvriers… Pour la population, un cadre est plutôt un salarié avec des responsabilités importantes au sein de l’entreprise.

Il serait sans doute plus juste de dire qu’un cadre d’entreprise est un employé ayant un statut reconnu dans les conventions collectives. C’est l’entreprise qui reconnait à l’employé ce statut. Celui-ci est notamment associé à une caisse de retraite complémentaire spécifique et présente des avantages pour la couverture sociale et en cas de licenciement.

La charge symbolique de la fonction de cadre reste très importante : pour le salarié, le statut représente en somme un rang dans la hiérarchie de l’entreprise et devenir cadre par promotion interne est toujours vécu comme un rite de passage.

Enfin, pour être complet, il reste à dire qu’il existe une hiérarchie parmi les cadres : on distingue les cadres moyens (ou intermédiaires) des cadres supérieurs (ou dirigeants).

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Le lien logique « histoire de »

Les connecteurs logiques introduisant le but traditionnellement enseignés en classe de français langue étrangère sont connus : pour (pour que), afin de (afin que), dans le but de. On ajoute parfois une série de locutions plus formelles exprimant un but à éviter : de peur de (de peur que) et de crainte de (de crainte que). C’est en général à peu près tout.

Comparé aux autres articulations logiques (notamment celles de la cause, de la conséquence, de l’opposition et de la concession), la langue française semble assez pauvre pour introduire le but. Surtout quand on connait l’amour des Français pour les liens logiques.

Il existe pourtant une autre locution, rarement étudiée en classe et presque jamais présentée dans les manuels, familière et très utilisée à l’oral par tous les francophones (au point même d’évacuer parfois toutes les autres). C’est histoire de :

Tu ne veux pas qu’on s’arrête un peu, histoire de manger quelque chose ?

La locution histoire de peut se décliner en histoire que + subjonctif quand le sujet des deux phrases est différent :

Il leur a envoyé un plan de la région histoire qu’elles puissent trouver la maison sans problème.

Pour sa fréquence d’utilisation à l’oral, histoire de serait un peu le pendant de du coup (qui introduit la conséquence).

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Comment les Français expriment leur satisfaction

Nous avons déjà vu que les Français préfèrent souvent s’exprimer à la négation : ils disent peut-être plus souvent « Il ne fait pas chaud » que « Il fait froid ». On en arrive parfois à certaines phrases un peu surprenantes : une chose fréquente et habituelle devient une chose qui « n’est pas rare » ; au lieu de dire toute simplement « C’est vrai ! », beaucoup de Français préfèrent dire « C’est pas faux !» ; et, quand une chose fait consensus, on dit qu’elle « ne suscite guère de polémique » !

Il reste que cette manière de s’exprimer peut également blesser l’interlocuteur quand elle traduit une évaluation ou un sentiment. Répondre « Pourquoi pas ? » à une proposition ne semble pas faire montre d’un grand enthousiasme ; c’est pourtant la forme de répondre la plus habituelle…

Mais que dire du « C’est pas mal ! », employé à tort et à travers ? Eh bien c’est la manière française la plus fréquente d’évaluer positivement et d’exprimer sa satisfaction ! Un client qui répond « C’est pas mal ! » semble peu voire pas satisfait du tout : en réalité, il n’y a souvent aucun problème ! (en réalité, cela dépendra beaucoup de la prosodie employée, et notamment de l’intonation)

Pourquoi donc évaluer de cette façon ? Les Français semblent avoir dans l’esprit qu’il existe une perfection à partir de laquelle ils évaluent toute production : celle-ci est nécessairement plus ou moins éloignée de cette perfection. C’est un peu l’histoire du verre à moitié plein : les Français y voient toujours, eux, un verre à moitié vide !

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Erreurs fréquentes au discours indirect

Deux grandes erreurs guettent l’étudiant de français langue étrangère au moment de passer au discours indirect. Rappelons d’abord que le discours indirect est employé pour rapporter des paroles. Comme nous l’avons déjà vu, le style indirect entraine des modifications syntaxiques. C’est quand il s’agit de reformuler les questions que surviennent les erreurs.

Il existe trois formes de phrases interrogatives en français. Les deux premières sont les plus utilisées :

  • L’intonation

La phrase a la même structure qu’une phrase affirmative, c’est l’intonation ascendante qui indiquera que le locuteur formule une interrogation.

Tu viens demain comme prévu ?

  • L’utilisation de la formule « est-ce que »

L’ajout de cette formule à la structure de la phrase affirmative la transforme en interrogative.

Est-ce que tu viens demain comme prévu ?

La troisième, plus formelle, presque jamais utilisée à l’oral, consiste à inverser la syntaxe de la phrase affirmative et à faire précéder le verbe du sujet :

Viens-tu demain comme prévu ?

Dans ce dernier cas, il est impossible de garder la phrase telle quelle quand vous la passerez au style indirect :

Il me demande viens-tu demain comme prévu.

Il me demande si tu viens demain comme prévu.

Mais l’erreur la plus fréquente à continuer à utiliser la formule « est-ce que » :

Il demande est-ce que tu viens demain comme prévu.

Il me demande si tu viens demain comme prévu.

Attention aussi lorsque vous dites « qu’est-ce que… » : au style indirect, cela sera transformé en « ce que ».

Il me demande qu’est-ce que je fais.

Il me demande ce que je fais.

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Bien prononcer b, v et z

Beaucoup d’étudiants hispanophones ont des difficultés à bien reproduire certains phonèmes du français. Il existe pourtant quelques « trucs » relativement simples pour en faciliter la prononciation. Prenons le cas de [b], [v] et [z]. Le [b], orthographié b, est un son beaucoup plus dur et percutant que ce que les hispanophones produisent généralement. Pour mieux le prononcer, il faut simplement tenter, dans un premier temps, de le placer en début de séquence, voyez plutôt :

Bouteille, Bravo, Barbe, Bis

De manière générale, vous devrez employer un surcroît d’énergie pour améliorer votre prononciation (comme si vous étiez tendu).

J’ai beaucoup bu d’eau au bar.

Il est difficile voire impossible de bien parler arabe.

Pour mieux reproduire [v], orthographié v, et [z], orthographié z ou s (quand il est intervocalique), c’est exactement le contraire ! Il est plus facile de prononcer ces deux phonèmes lorsqu’ils sont en position finale. Voyez plutôt :

Rêve, Mauve, Treize, Chose

Vous devrez donc diminuer l’énergie employée (comme si vous étiez soudainement fatigué) pour produire ces deux phonèmes afin d’améliorer votre prononciation.

Les enfants vont en vélo à Zanzibar.

Je vois que vous hésitez.

Résumons : beaucoup d’énergie pour le [b], une grosse fatigue pour [v] et [z] !

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Reprise des cours à VOILÀ : 10 ans déjà !

Comme chaque année en septembre, vous reprenons nos classes de français en entreprises. Il n’y a là rien de bien particulier si ce n’est que nous sommes très heureux de compter deux nouveaux clients : Mailjet et Koedia, deux entreprises à capital français installées à Barcelone. Nos clients nous refont confiance pour cette nouvelle année et nous développons même notre collaboration avec certains, notamment le groupe Leroy Merlin puisque le personnel du magasin situé à Figueras, c’est-à-dire largement en dehors de notre zone habituelle, suivra également une formation en français.

Mais septembre marque aussi, pour nous, un heureux anniversaire : VOILÀ est né il y a tout juste 10 ans ! L’objectif alors était simple : offrir des cours de français de qualité pour les entreprises de Barcelone et de sa proche banlieue. Force est de constater que nous avons tenu notre pari et s’il est vrai que, on vient de le voir, nous travaillons parfois, aujourd’hui, avec des entreprises loin de notre siège et de Barcelone, nous n’y voyons que la rançon de notre succès ! Avec un peu plus de cent étudiants en cette rentrée 2019, nous avons peu à peu grandi au long de ces dix années tout en restant, et cela est très important pour nous, un centre de langue à taille humaine. À nos yeux, c’est la condition indispensable pour rester vraiment à l’écoute de nos partenaires.

Cette année, nous espérons mettre en place de nouveaux projets, principalement pour proposer des formules qui viendront compléter notre offre de cours auprès de nos partenaires habituels. Nous vous tiendrons au courant !

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Atelier de formation en phonétique verbo-tonale

Comme chaque année, notre équipe de professeurs a suivi une formation continue en phonétique verbo-tonale avec notre coordinateur pédagogique Philippe Mijon. Cette méthode, née dans les années 50 et d’abord destinée aux malentendants a ensuite été déclinée pour les étudiants de français langue étrangère. Elle part du principe que l’étudiant prononce mal car il entend mal : la méthode se centre donc sur l’étudiant et ses erreurs. Elle s’attache à donner la priorité à la prosodie, c’est-à-dire principalement au rythme et à l’intonation. Pour corriger les erreurs phonétiques de l’étudiant, elle dispose d’une multitude d’instruments qui permettront au verbo-tonaliste de proposer une « optimale de correction ». Cette optimale a pour objectif de mieux faire percevoir à l’étudiant la matière sonore pour, in fine, améliorer sa prononciation.

Durant toute l’année, toute notre équipe de professeurs s’est donc régulièrement réunie pour des séances de formation afin d’appréhender les techniques de la méthode verbo-tonale. Mais, pour être acquise, cette méthode doit également être mise en pratique. Cela a donc été l’objet de notre premier atelier au mois de juin. Il sera suivi d’autres ateliers pratiques durant toute l’année 2019-2020. Merci à nos étudiants qui ont bien voulu se prêter au jeu pour que nos professeurs complètent ainsi leur formation !

Comme chaque année à cette époque, le blog de VOILÀ part en vacances. Nos cours, eux, se poursuivent durant tout le mois de juillet. Bon été à tous !

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