Les Français préfèrent les phrases à la forme négative

Les Français sont-ils toujours à voir le verre à moitié vide (au lieu de le voir à moitié plein) ? En tout cas, une chose est certaine : ils s’expriment en usant très souvent la négation, et pas seulement dans le milieu professionnel !

Pensez donc : au lieu du « c’est bon marché » que les étudiants en français langue étrangère utilisent toujours, les voilà qui disent : « c’est pas cher ! » Et pourtant, « c’est bon marché » est parfaitement correct. Pourquoi alors : « c’est pas cher » ? Mystère.

Sur le même modèle, vous entendrez : « c’est pas possible », « c’est pas vrai » pour « c’est incroyable », « c’est pas bon » pour « c’est incorrect », « c’est pas grave » pour tranquilliser quelqu’un et lui dire de ne pas s’inquiéter, « c’est pas dans mon budget » pour « c’est trop cher pour moi », « il est pas grand » au lieu de « il est petit », ou « c’est pas joli » quand on pourrait dire « c’est laid » (mais on les entend dire « c’est moche »). De même, quand les températures sont fraîches voire froides, « il fait froid » serait trop simple. Non, vous devrez bien entendu dire, comme eux : « il ne fait pas chaud » ! Cette manie de s’exprimer ainsi les pousse même parfois au paroxysme et à prononcer des phrases telles que « Ce n’est pas inexact » !

Pour vous qui apprenez le français, ça peut être un avantage : au lieu de mémoriser les couples antonymes du lexique, contentez-vous de retenir une version et utilisez la négation quand c’est nécessaire. Ce n’est pas compliqué !

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Le connecteur logique “pourtant”

De nombreux hispanophones et de catalanophones se trompent régulièrement sur l’usage de pourtant en français. Il est vrai que les langues semblent parfois prendre un malin plaisir à nous piéger.

Pourtant est un faux ami : ce n’est ni por lo tanto en espagnol, ni per tant en catalan, même s’il semble être leur traduction littérale. De fait, à l’origine, elle l’était : le sens ancien de pourtant est :pour cela, pour cette raison. Aujourd’hui, cette signification est tout à fait inusitée.

La confusion est d’autant plus regrettable que ces trois expressions sont toutes des connecteurs logiques dans leur langue. Mais por lo tanto et per tant continuent à introduire une conséquence alors que pourtant est devenu un connecteur logique d’opposition ; c’est un synonyme de malgré cela et néanmoins :

Cette plante ne pousse pas ; pourtant je l’arrose.

Pourtant est très souvent associé à l’oral à et :

Cette plante ne pousse pas, et pourtant je l’arrose.

L’expression et pourtant peut même s’employer seule, sous forme exclamative :

Qu’est-ce qu’elle a ta plante ? Elle semble toute sèche.

Et pourtant ! Je l’arrose tous les jours !

Ici, entre « Et pourtant ! » et « Je l’arrose tous les jours ! », le locuteur fera naturellement une pause plus ou moins marquée selon le degré de surprise et d’incompréhension qu’il voudra souligner.

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La bûche de Noël en France

À Noël, en France, la tradition veut que le repas se termine par un gâteau appelé « bûche ». Sa forme, comme son nom, évoque d’ailleurs le morceau de bois coupé qu’on met à brûler dans la cheminée. Ce n’est pourtant qu’au 19ème siècle que ce gâteau est né, et, alors que la population cessait progressivement de se chauffer au feu de bois, cette nouvelle pâtisserie nous rattachait à une tradition millénaire : faire brûler une belle bûche au moment de Noël. Cette tradition célébrant l’arrivée du solstice d’hiver est d’ailleurs largement partagée par de nombreux peuples. Par exemple, le « Caga Tió », en Catalogne et en Aragon, est une bûche décorée d’yeux, d’un nez et d’une bouche et coiffée d’une barretina. On le nourrit et le jour de Noël, les enfants lui donnent des coups de bâton en chantant dans l’espoir qu’il défèque des cadeaux (généralement des bonbons).

Le gâteau est traditionnellement réalisé à partir d’un biscuit génoise couvert de crème au beurre et décoré de feuilles de houx. Mais, aujourd’hui, beaucoup de pâtissiers réinventent la bûche et vous pourrez la trouver sous une multitude de formes.

Deux expressions avec le mot « bûche », qui n’ont rien à voir avec les traditions dont nous venons de parler :

Dormir comme une bûche: dormir très profondément.

(se) prendre une bûche (familier) : tomber.

Nous vous souhaitons d’excellentes fêtes de fin d’année !

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Expressions françaises avec le mot « Affaire »

Il existe de nombreuses expressions autour du mot affaire ; elles sont toutes très fréquentes dans le français quotidien et… dans le français des affaires (ici mettre la traduction entre parenthèses) !

Lorsque le mot affaire est utilisé au singulier, il faut d’abord distinguer « faire affaire avec » de « faire l’affaire » :

Nous avons finalement fait affaire avec la société X (nous avons finalement négocié et conclu un accord avec la société X).

Si vous n’avez pas d’agrafeuse, du scotch fera l’affaire (c’est à dire qu’il conviendra).

La locution « avoir affaire à » signifie que vous avez eu une relation, un contact avec une personne en vue de négocier par exemple :

Pour négocier le renouvellement du contrat, j’ai eu affaire à l’adjoint du directeur financier.

Une affaire peut être, selon le contexte, un ennui, une situation délicate voire un scandale (pensez à l’affaire Dreyfus à la fin du XIXème siècle ou à l’affaire Gürtel par exemple), ou une opportunité (acheter un objet pour la moitié de sa valeur est donc une affaire). En cas de problème, vous pourrez d’ailleurs en faire votre affaire, c’est à dire vous en charger personnellement.

Ne soyez donc pas influencé par l’anglais, qui utilise le mot français affaire pour les relations extraconjugales : ce n’est pas du tout le cas en français (on parlerait plutôt d’une aventure, ce qui, convenons-en, est beaucoup plus romantique…).

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Connecteur logique « cela étant »

Le nombre de connecteurs logiques utilisés par les Français, tant à l’écrit qu’à l’oral, est habituellement très important. Parmi eux, un articulateur logique de concession est peu ou pas connu des apprenants de français langue étrangère ; il s’agit de cela étant. Placé en début de phrase ou de proposition, il signifie « malgré ce qui a été dit ou fait » et c’est un synonyme de néanmoins, cependant. Vous pourrez donc l’utiliser pour nuancer vos propos. Dans cette locution, étant trouve son origine dans le participe présent du verbe être.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 12 avril. Cela étant, compte tenu de votre situation particulière, nous vous permettons exceptionnellement de vous inscrire jusqu’au 15 inclus.

On trouve également ceci étant, cela dit, ceci dit, voire un mélange avec cela (ceci) étant dit.

Comme pour pratiquement tous les connecteurs logiques, en français comme dans les autres langues, il est possible de ne pas formuler la seconde partie de la proposition qu’ils introduisent.

J’ai décidé de partir le 23 au matin. Ceci dit

Dans ce dernier exemple, l’interlocuteur comprend parfaitement que la personne est prête à reconsidérer sa décision et donc à avancer ou retarder son départ. Il n’est pas nécessaire de le verbaliser. Bien parler une langue étrangère, c’est aussi parfois savoir se taire !

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Mots français utilisés en espagnol

Les mots voyagent et toutes les langues du monde empruntent des vocables à d’autres langues. Quand le français emprunte à l’espagnol, on parle d’un hispanisme ; c’est le cas, par exemple, du mot patio, qui est cependant prononcé en France « pasio ». En toute logique, l’espagnol emprunte également au français : ce sont les gallicismes.

Comme dans le dernier exemple, le mot est parfois repris tel quel : menú, hotel, restaurant et jardín trouvent ainsi leur origine dans les mots menu, hôtel, restaurant et jardin. Dans d’autres cas, comme dans peaje, garaje et bricolaje, le mot est légèrement modifié : péage, garage et bricolage. Il est facile de comprendre que le suffixe –age est alors systématiquement transformé en –aje.

Certains mots français ont subi une transformation orthographique plus importante quand ils sont passés en espagnol : chófer ou cruasán viennent de chauffeur et croissant (encore que des Espagnols, plus « puristes » continuent de l’écrire comme les Français). Moins transparents sont d’autres vocables comme esqui, ducha et botella, qui dérivent du français ski, douche et bouteille.

Parfois même, un mot qui semble pourtant si espagnol – au point de désigner une spécialité culinaire célèbre dans le monde entier– est d’origine française ! C’est le cas de jamón qui vient du mot français jambon !

Si cela vous intéresse, vous pourrez compléter cette liste sur ce site.

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Dire « Bonjour » en France

En montant dans le bus, un Espagnol ne salue pas automatiquement le chauffeur d’un « Bonjour ! ». Il ne s’agit pas là de mépris ni d’un manque de respect, c’est la manière de faire, c’est culturel. L’Espagnol monte et va s’asseoir ; même s’il a demandé et payé son ticket, il est peu probable qu’il ait salué son interlocuteur au préalable.

Les Espagnols qui auront voyagé en France et se seront retrouvés dans la même situation auront certainement été surpris de la réaction du chauffeur dans pareille situation (réaction plus ou moins aimable d’ailleurs).

– Un ticket, s’il vous plaît !

– Bonjour Madame ! (Bonjour Monsieur !)

Et vous voilà obligé(e) de répondre à son salut avant qu’il ne reformule votre demande, ce qui donnera l’échange suivant :

– Un ticket, s’il vous plaît !

– Bonjour Madame ! (Bonjour Monsieur !)

– Bonjour Monsieur !

– Alors, vous m’avez dit un ticket, c’est ça ?

En France, le salut est indispensable à toute interaction verbale ; vous pourrez rarement en faire l’économie. Ne pas respecter cette habitude vous expose à initier une conversation, même très courte, dans de mauvaises conditions. Mais il existe des situations où, même sans aucun échange verbal, on attend de vous que vous saluiez l’autre.

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La réunion de travail en France

Une enquête de 2020 a montré qu’une large majorité des salariés français estiment que les réunions de travail ne sont pas productives. Ce sujet est d’autant plus sensible qu’ils passent en moyenne 4 heures par semaine en réunion (il a d’ailleurs été montré que plus l’entreprise est importante, plus les réunions sont nombreuses). Selon certains, des sociétés souffrent ainsi de « réunionite » aigüe.

Mais c’est oublier qu’en France la réunion est plus un lieu de débat que de décision. Voilà pourquoi, même s’il est en principe impoli d’interrompre un interlocuteur, cela reste relativement habitueldurant une réunion professionnelle. Chacun cherche avant tout à convaincre l’assemblée, à expliquer et à justifier chaque élément mentionné. Les questions sont nombreuses et les digressionspar rapport à l’ordre du jour sont fréquentes. De même, afin de faciliter le débat, il est généralement déconseillé de stopper les apartés entre collègues durant la réunion : ceux-ci ne discutent pas forcément de leurs prochaines vacances, ils échangent sans doute aussi des idées intéressantes sur le sujet en cours.

Les Français adoptent souvent un raisonnement déductif : ils s’appuient sur un contexte général pour arriver à des propositions particulières. Un discours structuré (où les connecteurs sont presque systématiquement exposés) vient appuyer ce raisonnement. On a également tendance à personnaliser les problèmes, ce qui peut renvoyer au second plan la recherche d’une solution.

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Les congés pour convenances personnels en France

Certains congés spéciaux sont dits de « convenances personnelles ». Le salarié qui souhaite interrompre son activité professionnelle pendant plusieurs mois pour motifs personnels peut bénéficier :

– d’un congé légal : le congé sabbatique. Seuls les salariés qui remplissent certaines conditions d’ancienneté y ont droit. Le salarié ne doit pas avoir bénéficié depuis une durée minimale, dans la même entreprise, d’un congé sabbatique ou d’un congé pour création d’entreprise. La durée, fixée par la convention collective, ne peut être inférieure à 6 mois ni supérieure à 11. Dans les entreprises de moins de 300 salariés, l’employeur peut refuser la demande du salarié s’il estime que ce congé aura des conséquences préjudiciables à la bonne marche de l’entreprise.

– d’un autre congé sans solde. Contrairement aux cas du congé sabbatique, ce type de congé n’est pas encadré par la loi : les modalités d’exercice sont fixées par convention collective ou par accord direct avec l’employeur.

Dans les deux cas, le contrat de travail du salarié est suspendu. Aucune rémunération n’est donc due par l’employeur.

Il existe d’autres congés spéciaux, liés à une formation ou pour activités civiques et sociales ; ils sont dans tous les cas très encadrés par la loi et ne laissent que peu ou pas de marge à la convention collective.

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Erreurs habituelles des hispanophones et des catalanophones en français

De la même façon qu’une même communauté linguistique aura tendance à répéter les mêmes erreurs en lexique, les hispanophones et les catalanophones reproduisent généralement les mêmes erreurs en syntaxe. Ces difficultés sont dues aux interférences entre la langue d’apprentissage, ici le français, et la ou les langues maternelles ; lorsque les langues sont proches, comme c’est le cas entre le français, l’espagnol et le catalan, la tentation est grande de reproduire des structures qui peuvent pourtant être incorrectes dans la langue d’apprentissage !

À l’inverse de l’espagnol et du catalan, les pourcentages ne sont pas précédés d’un article en français (sauf cas très rares) :

Un 52% des votants se sont abstenus.

Sauf dans les expressions héritées du Moyen-Âge, les substantifs sont toujours précédés en français d’un article : les hispanophones et catalanophones oublient régulièrement l’article partitif :

J’ai chance.

J’ai de la chance.

La négation s’exprime en français grâce à la locution disjointe ne… pas. À l’oral, cependant, seul « pas » est exprimé, or c’est précisément celui que les apprenants ont tendance à supprimer !

Je ne pars en vacances.

Je pars pas en vacances.

Toujours dans la négation, souvenez-vous qu’avec « jamais », « personne », « aucun », « rien », vous devez supprimer le « pas » :

Il (ne) boit pas jamais d’alcool.

Il ne boit jamais d’alcool.

Enfin, dans la structure Il/elle/c’est + adjectif + DE + verbe infinitif, la préposition de est presque systématiquement oubliée :

C’est important partir à l’heure.

C’est important de partir à l’heure.

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