Les affaires en français en Afrique de l’Ouest

Beaucoup de pays de l’Afrique de l’Ouest parlent français et vous pourrez y développer vos affairesdans cette langue. Il vous faudra vous adapter à la culture locale et bien intégrer ces différences interculturelles est indispensable.

Les Africains sont d’abord généralement beaucoup plus formalistes que les Français -n’oubliez pas que ces derniers sont déjà plus formalistes que les Méditerranéens ! Si un Français tolère facilement une approche informelle, c’est moins le cas pour un Africain. Ce formalisme se traduit dans la langue : le style est volontiers plus « écrit » voire livresque. Ainsi, dans le discours, la suppression de la première négation « ne » est moins fréquente : « Je ne pense pas que cela soit important » au lieu de « Je pense pas que cela soit important » ; le style familier et argotique est évacué.

Ce formalisme se traduit également dans le code vestimentaire, qui est plus strict. De manière générale, toute absence de formalisme est interprétée comme un manque de respect. Les sociétés africaines sont extrêmement hiérarchisées et associent plutôt âge et compétence.

À l’inverse des Français, les Africains recourent à une communication indirecte et implicite. Un « oui » n’est pas toujours un gage d’adhésion ni forcément l’assurance d’un début d’exécution d’une directive. De même, il n’est pas d’usage de manifester ouvertement son désaccord. Il est parfois nécessaire de bien décoder le message : certains problèmes, même graves, peuvent être communiqués à demi-mot et avec le sourire, ce qui peut prêter à confusion pour certains Occidentaux.

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Fréquence des connecteurs logiques en français

Même si, pourtant, du coup, quand même, donc, certes, orles francophones sèment naturellement leurs conversations d’un nombre impressionnant de connecteurs logiques. D’autres langues choisissent de les omettre carrément ou du moins n’en font pas un tel usage, qui peut sembler abusif. Peut-être est-ce là encore un héritage de la pensée de Descartes dont la plus célèbre phrase est, comme par hasard, « Je pense donc je suis ».

Tous les arguments d’un raisonnement s’enchaînent les uns les autres par une relation de cause à effet, d’opposition, de concession, de but. Pour les francophones, exprimer presque systématiquement toutes ces relations par un connecteur oblige le locuteur à une pensée méthodique et permet à l’auditeur de mieux suivre le raisonnement de l’autre.

Certains connecteurs permettent d’annoncer à l’avance le cheminement de sa pensée et créent des attentes chez l’auditeur. C’est par exemple le cas de certes, qui nécessite 3 étapes :

  1. Certes + affirmation
  2. Mais + objection à cette affirmation
  3. Donc + conséquence de cette objection

En commençant une phrase par certes, vous annoncez automatiquement les étapes 2 et 3 : votre interlocuteur voudra nécessairement savoir où vous voulez en venir. Avec un francophone, essayez d’utiliser certes en omettant les 2 dernières étapes. Vous remarquerez immédiatement une surprise mêlée d’incompréhension sur le visage de votre interlocuteur : il attend la suite de votre raisonnement !!

Plus le discours se veut démonstratif et formel (présentation de projets, analyse de résultats, etc.), plus les connecteurs sont proportionnellement nombreux. Savoir bien utiliser les connecteurs améliorera sensiblement votre communication avec les francophones.

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Interculturel : le poids du système éducatif

Pour mieux connaitre les caractéristiques culturelles et interactionnelles d’une communauté, il est absolument indispensable d’en connaitre le système éducatif et les valeurs qu’il véhicule indirectement. C’est en effet le système éducatif qui façonne en grande partie chez les individus la relation à l’autorité, le mode de communication, les attitudes en public ou la perception de soi. Cette méconnaissance est à l’origine de nombreuses incompréhensions interculturelles et pourtant : qui prend le temps de s’y intéresser vraiment ?

Quelles sont donc les caractéristiques du système éducatif français ? En résumant très brièvement, on pourrait dire qu’en France l’éducation a deux visées :

  • Développer l’indépendance et l’autonomie de chacun
  • Savoir exposer ses idées personnelles et pouvoir les défendre face à la contradiction

La première remarque qui s’impose est que le travail en équipe, savoir coopérer avec l’autre, négocier des buts et des moyens, n’est pas un objectif prioritaire du système éducatif français. La seconde est qu’un Français aura tendance à suivre des instructions, voire des ordres, uniquement à la condition de les comprendre et de les partager. L’impact de ces particularités sur la vie professionnelle est évident : l’autonomie puis l’esprit d’équipe, la Raison puis la hiérarchie.

Il vous faudra en tenir compte lorsque vous aurez à collaborer avec des Français si vous voulez que cela se passe au mieux !

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Associer mais et quand même pour exprimer l’opposition

Pour exprimer l’opposition à l’oral, beaucoup de Français usent et abusent du mais en l’associant à quand même.

Vous pouvez évidemment les employer séparément :

– Je lui ai dit que c’était dangereux mais il est parti.

– Je lui ai dit que c’était dangereux : il est quand même parti.

Mais on pourra choisir de dire l’oral :

– Je lui ai dit que c’était dangereux mais il est quand même parti. (ou : mais il est parti quand même)

Dans ce cas, quand même vient renforcer le mais et l’opposition. C’est un peu comme, à l’oral, on fait parfois des reprises non nécessaires :

Paul, il est parti avec sa voisine

Le livre, tu me le rends demain, d’accord ?

Pour bien utiliser quand même, vous devez le placer après le verbe :

*Il n’a pas le permis, quand même il conduit* n’est pas possible.

Il n’a pas le permis (mais) il conduit quand même.

Cependant, quand il est associé à mais, il est possible de le rencontrer avant le verbe :

Il n’a pas le permis mais quand même il conduit !

Quand même est également utilisé pour montrer son mécontentement, pour souligner que l’autre exagère. Imaginez qu’on vous pousse un peu trop brutalement dans une queue ; vous vous retournez et dites en fronçant les sourcils à la personne derrière vous : « Quand même ! »

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L’utilisation des sigles et abréviations en français

Les Français adorent utiliser les abréviations et les sigles, tout simplement pour aller plus vite quand ils parlent (pour la même raison, ils éliminent généralement le e caduc). Les mots longs de plus de trois syllabes sont donc aussi souvent que possible impitoyablement écourtés.

Parlons des sigles. La technique consiste à former un mot à partir de lettres initiales. On prononce chaque lettre l’une après l’autre, sur la même base que la phonétique de l’alphabet. Quand on les écrit, en principe on doit placer un point après chaque lettre mais on a de moins en moins tendance à le faire, comme si, justement, le sigle devenait un mot à part entière.

Dans le domaine du lexique lié au français commercial, vous trouverez donc : PDG (Président Directeur Général), un travail en CDI (Contrat à Durée Indéterminée) ou en CDD (Contrat à Durée Déterminée), le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), DRH (Directeur des Ressources Humaines), etc.

L’abréviation se fait par la troncation du début ou de la fin du mot. Le plus souvent, on élimine lesdernières syllabes du mot (apocope) : compta (comptabilité), bac (baccalauréat), Bon app ! (Bon appétit !), la pub (publicité), À plus ! (À plus tard), aprem (après-midi), etc. Parfois, on élimine les premières syllabes (aphérèse) : en langage parlé et relâché, bonsoir devient « ‘soir », américain devient « ricain », etc.

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L’expression « N’importe quoi »

La locution « n’importe quoi », aujourd’hui si fréquente à l’oral spontané des Français, est pourtant très vieille : elle a d’ailleurs conservé la syntaxe de l’ancien français. De nos jours, on dirait plutôt, « il n’importe pas quoi ».

L’expression a deux significations. La première est la plus simple parce qu’on peut facilement la traduire en espagnol et en catalan. « N’importe quoi » veut dire « n’importe quelle chose » ; peu importe, donc, de la préciser.

Cette petite boîte est vraiment pratique, elle peut contenir n’importe quoi !

Il ferait n’importe quoi pour arriver à ses fins.

Mais la locution est beaucoup plus souvent utilisée dans sa seconde acception. C’est alors un synonyme de bête, absurde ; il s’agit en tout cas de quelque chose qui ne correspond pas à la situation.

Tu dis n’importe quoi !

Elle est parfois une réponse à elle toute seule :

– Il parait que pour se protéger du coronavirus, il faut porter cette amulette…

– N’importe quoi !

L’expression devient même un substantif dans « du n’importe quoi », comme si on cherchait à quantifier le non-sens ou la bêtise.

Mais c’est pas du tout ce qu’il fallait faire ! C’est du n’importe quoi !

Rémi Gaillard, un célèbre humoriste de la toile, l’utilise pour son adage :

C’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui !

Cette formule, par sa polyvalence, en fait un incontournable des expressions françaises !

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Le compte personnel de formation en France

Une grande réforme de la formation professionnelle est entrée en application en janvier 2019. Le principal changement a constitué en une monétisation du CPF, le Compte Personnel de Formation. Dorénavant, les salariés voient leur CPF crédité en euros et plus en heures. Chaque salarié aura son CPF crédité de 500 € par an. Le montant sera plafonné à 5 000 €. Pour les salariés sans qualification, le CPF sera majoré, il sera crédité de 800 € par an. Le montant sera plafonné à 8 000 €. Pour adapter la durée de la formation aux besoins de la personne, le CPF pourra être abondé par les entrepriseset par des accords collectifs de branches.

Le calcul pour les salariés à temps partiel se fait logiquement au prorata des heures travaillées. Il en est de même pour les demandeurs d’emploi qui, pour rappel n’accumulent pas de crédits lors de la période du chômage. Pour les salariés ayant déjà des heures de CPF au moment de l’entrée en application de la réforme, le Ministère du travail a fixé le taux de conversion de l’heure à 15€ TTC(toute taxe comprise).

Les entreprises participent au financement des actions de formation continue de leur personnel et des demandeurs d’emploi en payant une contribution annuelle appelée « cotisation formation professionnelle » et cela quel que soit le nombre de salariés, la nature de l’activité et le statut juridique (entreprise individuelle ou société). Le montant ce cette cotisation dépend du nombre de salariés.

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La locution « On va pas se mentir »

À toutes les époques, certaines expressions se convertissent soudainement en véritables tics de langage. Leur utilisation constante par une bonne partie de la population exaspère ceux qui y résistent et ne voient là que des formules creuses et vides de sens. C’est le cas, depuis une petite dizaine d’années, de  « On va pas se mentir » (la variante « Il faut pas se mentir » existe aussi) ; l’expression a même été le nom d’un programme télévisé entre 2012 et 2016.

Vous noterez d’abord l’absence de la première négation « ne » (« On ne va pas se mentir »), ce qui constitue un indice clair de l’origine orale de l’expression. Quelle en est la signification ? Elle annonce que locuteur refuse non seulement de mentir mais d’être trompé par les apparences : il va exposer les faits tels qu’ils sont. C’est donc une façon de montrer qu’on est franc et intelligent. Expression valorisante pour le locuteur qui l’utilise, « On va pas se mentir » se voit logiquement plébiscitée par la population.

Le problème est que l’expression est très souvent utilisée pour prononcer des banalités… Un article sur la qualité des produits cosmétiques pourra ainsi s’intituler « On va pas se mentir… l’industrie nous ment ! », ce qui, on l’avouera, n’est tout de même pas une grande découverte. Au quotidien, vous pourrez entendre des phrases telles que :

On va pas se mentir, je ne suis plus tout jeune.

On va pas se mentir, je suis vraiment fatiguée.

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Faire la bise en France

En France, la manière la plus habituelle de se saluer entre proches reste la bise, même entre hommes. La première fois que vous embrassez quelqu’un, deux difficultés se présentent. D’abord, il vous faudra décider par quelle joue vous commencerez : la droite ou la gauche ? Tout le monde ne commence pas par la même ! Si vous tendez la même joue que votre interlocuteur, un petit instant de confusion aura lieu, surtout que vos bouches respectives seront soudainement très proches et s’embrasser sur la bouche est réservé à ceux qui s’aiment d’amour…

La seconde difficulté est le nombre de bises. La majorité des Français en font deux ; certains, très minoritaires, n’en font qu’une ; d’autres en font trois (dans le Sud-Est) voire quatre (au nord de la Loire). Si vous ne comptez pas le même nombre de bises que votre interlocuteur, vous êtes bon pour un autre petit instant de confusion : l’un des deux, souhaitant donner une bise supplémentaire, avancera la joue tandis que l’autre, ayant terminé, éloignera sa tête. La première personne se trouvera donc momentanément un peu ridicule.

Ces deux difficultés ne sont pas propres aux étrangers qui connaissent mal les coutumes françaises : les Français eux-mêmes sont habitués à gérer ce type de situations. Comment résoudre ces situations d’autant plus délicates que vous ne connaissez pas ou pas bien l’autre personne (sinon vous sauriez par quelle joue elle commence et le nombre de bises qu’elle fait) ? Dans les deux cas, les Français ont la même réaction : ils rient (afin de diminuer l’embarras) et commentent la situation : « Ah !? Vous commencez / tu commences par la droite ? » « Ah !? Vous en faites / tu en fais trois ? ». On rit et chacun mémorise la façon de faire de l’autre : la prochaine fois, avant de se faire la bise, toujours en riant on dira « Alors ? on commence par quoi ? la gauche ou la droite ? » « On en fait combien ? ». De cette façon, on trouvera un terrain d’entente et nous aurons fixé nos salutations pour l’avenir.

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L’emploi du mot juste en français

 

Le mot juste est d’abord un adjectif qui signifie « qui est conforme à la justice, à l’équité » :

Donner plus à l’un qu’à l’autre n’est pas juste.

Il exprime également une idée de justesse, dans le sens où une chose est parfaitement adéquate, qu’elle convient bien :

Parfois, trouver le mot juste est difficile.

Paradoxalement, il renvoie aussi à une idée d’insuffisance, c’est-à-dire à quelque chose qui ne convient pas :

Ce vêtement est trop juste = ce vêtement est trop petit.

 

 

Mais le mot juste est également un adverbe : c’est un synonyme de « avec exactitude » ou « exactement » :

Il a deviné juste.

Il est midi juste.

C’est enfin un synonyme de « seulement » :

Je voudrais acheter juste trois exemplaires.

Depuis de nombreuse années, l’utilisation du mot juste, sous l’influence de l’anglais est cependant modifiée, spécialement lorsque le temps verbal est composé ou s’organise autour un semi-auxiliaire (vouloir, pouvoir, devoir, etc.). Ainsi, dans :

Je voudrais juste acheter trois exemplaires

La restriction ne porte plus sur le complément mais sur l’action du verbe : Je voudrais seulement acheter trois exemplaires, je ne veux rien faire de plus, seulement acheter (parce que je ne veux pas vous déranger, parce que cela ne m’intéresse pas de les louer, etc. peu importe la raison). Le parallèle avec l’anglais « I just want to buy three copies » est évident. Il reste que cette utilisation est un anglicisme qui hérisse certains Français : il va cependant falloir qu’ils s’y habituent parce que cet usage bien ancré dans la langue n’est pas juste une mode !

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