« Convaincant » ou « convainquant » ?

Il est parfois difficile de distinguer la forme verbale de l’adjectif : les deux se prononcent exactement pareil ; en d’autres termes, ils sont homophones. Tout serait simple si leur orthographe se confondaient également… mais ce n’est malheureusement pas le cas ! Doit-on écrire convaincant ou convainquant ? Quand faut-il employer le « u » du radical verbal ou au contraire ne pas l’utiliser ? Tout dépendra de la fonction grammaticale du mot.

Distinguons d’abord participe présent et gérondif : le gérondif est la forme verbale constituée du participe présent précédent de « en ».

Les personnes naviguant en mer Méditerranée savent que cette mer est capricieuse.

Familiarisez-vous avec le format de la leçon en naviguant dans les leçons accessibles au public dans le Centre des enseignants.

Gérondif et participe présent ont des significations différentes mais désignent tous les deux une action en train de se dérouler, ce sont donc des formes verbales. Ils seront invariables et conserveront le « u » du radical verbal.

Si le mot exprime un état, une propriété, il est un adjectif verbal ; il peut être variable et perd alors son « u ».

Le personnel navigant doit assurer la sécurité des passagers.

Cette règle vous permettra de distinguer ainsi fatiguant/fatigant, intriguant/intrigant, provoquant/provocant, convainquant/convaincant, etc.

Un truc : si vous pouvez substituer le mot par un adjectif, alors le mot ne s’écrira pas avec le « u » du radical verbal.

Son raisonnement est limpide.

Son raisonnement est convaincant.

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Emplois du pronom personnel ON

En français, le pronom on est très utilisé et il est important d’en connaître la signification. Il remplace très souvent le pronom nous :

Cet été, on ira en Estrémadure = cet été, nous irons en Estrémadure.

Attention ! il faut distinguer la signification du pronom on de son modèle de conjugaison : si on signifie généralement nous, le verbe qui le suit est conjugué à la troisième personne du singulier et non à la première du pluriel.

Vous ne pourrez donc surtout pas dire :

Cet été, on irons en Estrémadure.

On peut aussi être un pronom indéfini utile pour exprimer des généralités :

On mange bien dans ce restaurant (c’est à dire : tout le monde mange bien dans ce restaurant).

Et l’inconnu :

On frappe à la porte (qui ? je ne sais pas.)

Doit-on dire on ou l’on ? La présence de l’article l’devant on n’a rien d’obligatoire et elle est plus fréquente dans l’usage soutenu que dans le registre courant. Il s’agit d’une trace de l’ancien français : on était à l’origine un nom, qui signifiait « homme» et on le faisait précéder, tout comme les autres noms, de l’article. Mais l’on est aussi très utile pour éviter l’hiatus, que les Français détestent, comme nous l’avons vu dans un précédent post :

« Si l’on veut » équivaut à « Si on veut », mais est plus « agréable » aux oreilles françaises !

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Introduire la conséquence avec « AUSSI »

Aussi est un des premiers mots que l’apprenant rencontre et mémorise lors de la classe de français :

J’aime la musique reggae, et toi ?

Moi aussi.

Mais aussi a une autre signification que l’immense majorité des étudiants ignorent : c’est un connecteur logique introduisant la conséquence :

Il avait manqué son train, aussi il est arrivé en retard (ou : il avait manqué son train, aussi est-il arrivé en retard).

Ce connecteur appartient au registre de la langue soutenue et est donc peu utilisé à l’oral.

Le problème est que la signification de aussi diffère selon sa place dans la phrase : situé après le verbe, c’est un synonyme de également ; à l’attaque de la phrase, il signifie par conséquent, donc.

J’ai aussi été au supermarché = j’ai été aussi au supermarché = j’ai été au supermarché aussi.

Mais :

Aussi, j’ai été au supermarché.

Une erreur des hispanophones et des catalanophones est d’imiter la syntaxe de leur langue. También et també se traduisent par aussi et peuvent être placés n’importe où dans la phrase ; il est cependant fréquent qu’ils soient situés à son commencement. L’étudiant traduisant littéralement aura donc tendance à commencer sa phrase par aussi sans se rendre compte que la signification change alors. Soyez donc vigilant au moment d’utiliser aussi !

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L’accent circonflexe en français

Si l’accent circonflexe est apparu à la Renaissance, il est employé systématiquement dans la langue française depuis le XVIIIème siècle. Jusqu’à cette époque, on continuait d’écrire certains s placés devant une autre consonne et ceci même s’ils ne se prononçaient plus en français. Lors de l’édition du dictionnaire de l’Académie française en 1740, il a été décidé que ces s seraient supprimés de la graphie. Mais les Français, peut-être excessivement nostalgiques, ont décidé de noter cette disparition par un accent circonflexe sur la voyelle précédente.

 

C’est donc ainsi que teste est devenu tête, hospital, hôpital, bastir, bâtir, etc. Connaitre l’origine de cet accent est donc très utile à tous les locuteurs de langues romanes qui, elles, ont conservé le s car il est encore prononcé. Si un mot possédant un accent circonflexe vous pose des difficultés de compréhension, il suffira donc d’essayer d’ajouter un s derrière la voyelle pour retrouver en principe le mot d’une langue latine. Ainsi, Pâques donne naturellement Pasques, c’est-à-dire Pascua en espagnol. Mais attention ! les s devant consonnes n’ont pas tous disparu parce que certains continuent de se prononcer… Ainsi, on écrit fête mais festin et festoyer.

Enfin, on utilise aussi l’accent circonflexe comme signe diacritique, c’est-à-dire pour distinguer des homophones : sûr et sur, et du, mûr et mur, etc.

Pour terminer, notons que, depuis la réforme de la simplification de l’orthographe officiel du français de 1990, le circonflexe a disparu du i et du u (excepté si sa disparition peut entraîner une ambigüité, comme dans / du par exemple).

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Place de l’adjectif en français

Vous avez sûrement appris durant vos classes de français que la place naturelle de l’adjectif (comme de l’adverbe) est après le substantif.

C’est une proposition intéressante.

Découpez la forme rectangulaire.

Il existe cependant des adjectifs qui doivent être placés avant le nom ; ce sont toujours des mots courts, d’une ou deux syllabes. Grand, gros, petit, beau, joli, brave, autre, nouveau, bon, vieux, jeune, même, mauvais… seront par exemple placés à gauche du substantif.

Une grande maison et non une maison grande

Un bon livre et non un livre bon

Mais les choses se compliquent encore car certains adjectifs peuvent se placer soit à gauche, soit à droite du nom. Évidemment, vous n’êtes pas libre de choisir : dans le premier cas, la caractérisation est de nature subjective, c’est un jugement de valeur ; dans le second, l’adjectif est purement descriptif.

Mon ancienne voiture était une Peugeot.

signifie que ma précédente voiture était une Peugeot ; par contre,

Ce n’était pas une voiture ancienne.

signifie qu’elle n’était pas très vieille. Victor Hugo joue sur cette double signification lorsqu’il écrit

Charlemagne était un de ces très rares grands hommes qui sont aussi des hommes grands.

Il signifie ainsi que, selon lui, Charlemagne était non seulement un personnage illustre mais aussi grand de taille.

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Bonnes fêtes à tous !

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Le connecteur logique « d’autant… que »

Les étudiants en français langue étrangère ont traditionnellement des difficultés à utiliser (voire comprendre) la conjonction « d’autant… que ». La raison principale est qu’il n’en existe pas de traduction dans leur langue maternelle. Et pourtant, elle est très commune en français, tant à l’oral qu’à l’écrit, car c’est aussi un procédé de rhétorique. En effet, elle permet d’ajouter une autre cause à une cause première qui peut être exprimée ou sous-entendue (cas d’ailleurs très fréquent) ; on peut donc, grâce à elle, renforcer un argument.

Elle n’est jamais en tête de phrase et se place à l’intérieur de la phrase. Elle est souvent associée à des termes comparatifs :

  • d’autant plus/moins + adjectif + que
  • d’autant plus/moins de + nom + que
  • d’autant (plus/moins) que + proposition

Voici quelques exemples pour comprendre l’utilisation de cette conjonction.

Le candidat élu était d’autant plus heureux qu’il pensait ne pas pouvoir gagner.

Cause première à son bonheur (non exprimée, mais implicite) : son élection ; cause seconde : c’est une surprise pour lui, il pensait perdre.

Durant l’épreuve, le cycliste avait d’autant moins de force qu’il s’était mal alimenté la veille.

Cause première à sa fatigue (non exprimée, mais implicite) : son effort physique durant la course ; cause seconde : sa mauvaise alimentation.

Je ne vous en veux pas du tout, d’autant (plus) que personne n’est à l’abri d’une erreur.

Cause première (non exprimée, même implicitement) : je ne suis pas rancunier par nature ; cause seconde : je sais que tout le monde peut faire des erreurs. Dans ce dernier exemple, le mot « plus » est facultatif et ne sera ici d’ailleurs généralement pas exprimé.

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Les prépositions après les verbes français

Aujourd’hui, voici un petit conseil qui n’a l’air de rien mais qui vous sera très utile ! Les étudiants de cours en Français Langue Étrangère se compliquent parfois inutilement la tâche. Beaucoup d’entre eux pourraient s’éviter un double effort de mémorisation et mémoriser directement les verbes avec la ou les prépositions qui les suivent. Il s’agirait, en somme, de les mémoriser un peu comme des phrasal verbs en anglais.

Faute de l’avoir fait, un grand nombre de doutes risquent d’apparaître au moment, notamment, d’utiliser les pronoms personnels compléments et les pronoms relatifs.

Comment savoir si on dira :

*Je l’ai besoin* *j’y ai besoin* ou j’en ai besoin

ou encore *la chose que j’ai besoin* ou la chose dont j’ai besoin

si on ne sait pas que la locution verbale est : avoir besoin DE ?

Dans ce cas précis, la majorité des étudiants mémorisera en général une première fois la locution « avoir besoin », puis, s’apercevant que c’est insuffisant à l’heure d’utiliser certains pronoms, finira par mémoriser la locution « avoir besoin de ».

D’où l’utilité de dresser une liste personnelle des principaux verbes français avec leur(s) préposition(s) :

Donner quelque chose À quelqu’un

Obliger quelqu’un À faire quelque chose

Avoir envie DE

Parler DE quelque chose À quelqu’un

Etc.

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Les abréviations et les sigles en français

Les Français adorent utiliser les abréviations et les sigles, tout simplement pour aller plus vite quand ils parlent. Les mots longs de plus de trois syllabes sont donc aussi souvent que possible impitoyablement écourtés.

Parlons des sigles. La technique consiste à former un mot à partir de lettres initiales. On prononce chaque lettre l’une après l’autre, sur la même base que la phonétique de l’alphabet. Quand on les écrit, en principe on doit placer un point après chaque lettre mais on a de moins en moins tendance à le faire, comme si, justement, le sigle devenait un mot à part entière.

abréviation en françaisDans le domaine du lexique lié au français commercial, vous trouverez donc : PDG (Président Directeur Général), un travail en CDI (Contrat à Durée Indéterminée) ou en CDD (Contrat à Durée Déterminée), le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), DRH (Directeur des Ressources Humaines), etc.

Mais cette folie du sigle a même gagné les noms propres, la ministre des Affaires Étrangères de Sarkozy, qui a dû démissionner en février dernier, s’appelle Michèle Alliot-Marie : trop long ! tout le monde l’appelle donc MAM. Idem pour l’ancien Président de la République, VGE, Valéry Giscard d’Estaing, ou pour désormais le mondialement célèbre, Dominique Strauss-Kahn, DSK !

L’abréviation se fait parfois par la troncation du début ou de la fin du mot. Le plus souvent, on élimine les dernières syllabes du mot (apocope) : compta pour comptabilité, bac pour baccalauréat, bon app pour bon appétit, la pub pour la publicité, à plus pour à plus tard, aprem pour après-midi, etc. Parfois, on élimine les premières syllabes (aphérèse) : en langage parlé et relâché, bonsoir devient ‘soir, américain devient ricain, etc.

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Envoyer ses cartes de vœux pour la Nouvelle Année

Et voila ! Les fêtes sont terminées et après vous être laissés aller à quelques excès vous vous préparez à commencer la nouvelle année plein de bonnes résolutions. Pas vraiment, pour le moment, de grosses différences interculturelles entre la France, l’Espagne ou la Catalogne ! Mais, en France, ce début d’année est aussi un moment important de votre correspondance.

Meilleurs voeux 2016Premiers jours de janvier en France : jusqu’à présent, vous n’avez envoyé aucune carte à vos clients ou fournisseurs : c’est normal. Dans de nombreux pays, en Espagne entre autres, l’envoi d’une carte pour Noël est habituel. En France, tradition athée ou pas, c’est à la Nouvelle Année qu’on prend la plume. Jamais expédiée avant le commencement de l’année, votre lettre devra parvenir à son destinataire avant la fin janvier (l’idéal étant qu’il la reçoive durant les deux premières semaines du mois).

Souhaiter la bonne année a gardé dans le monde de l’entreprise beaucoup de ses traditions ; il est encore d’usage de le faire par écrit et par courrier postal plus que par courriel. Les cartes sont imprimées d’une formule qui dépend bien évidemment du destinataire ; « (Recevez) (nos) meilleurs vœux pour (l’année) 2016 » est cependant assez large pour pouvoir être employé dans toutes les situations. Dans certains cas, vous prendrez soin d’ajouter quelques mots à la main afin de personnaliser votre envoi.

Et puisque nous sommes aujourd’hui le 5 janvier, c’est le moment pour nous de vous souhaiter à tous une excellente année 2016 !

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Les principales erreurs lexicales des hispanophones / des catalanophones en français (3)

Comme nous l’avons déjà vu dans de précédents articles, les hispanophones et les catalanophones répètent souvent les mêmes erreurs lexicales qui sont pourtant faciles à éviter.

1. La confusion entre « d’ailleurs » et « par ailleurs »

« Par ailleurs » et « d’ailleurs » sont des connecteurs logiques. « En outre » ou « d’autre part » sont des synonymes de « par ailleurs ». Cette locution introduit un complément d’information à une affirmation.

L’inscription au club de ping-pong vous permet d’accéder à toutes les installations sportives. Par ailleurs, grâce à elle, vous bénéficierez d’une réduction dans le magasin de sport du quartier.

« D’ailleurs » vient renforcer l’affirmation donnée précédemment :

Il est vrai qu’il aime écrire. D’ailleurs, c’est assez normal puisqu’il vient d’une famille d’écrivains.

2. La confusion entre « magazine » et « magasin ». Le premier est un synonyme de revue et se prononce [magazin] ; le deuxième désignait à l’origine un lieu d’entrepôt et signifie aujourd’hui boutique : il se prononce [magazɛ̃], il faut donc bien veiller à nasaliser la dernière voyelle.

3. La confusion entre « champagne » et « campagne ». La Champagne est une région (où est d’ailleurs produit un vin d’appellation contrôlée : le vin de champagne). La campagne désigne une zone rurale, par opposition aux zones urbaines ; il est vrai que les terrains cultivés dans la campagne s’appellent des champs !

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