Registre familier du champ lexical du travail

 

Comme dans toutes les langues, il existe en français de nombreux mots et expressions qui se réfèrent au travail. On parle bien sûr de métier, de gagne-pain, même de turbin (même si cette dernière expression est maintenant vieillie), mais on parle plus souvent de job, de taf ou de boulot : ces trois mots, tous familiers, remplacent pratiquement systématiquement le mot travail dans une conversation spontanée entre Français.

 

Vous entendrez donc des phrases comme :

Je te laisse, je vais au taf.

Il a changé de boulot le mois dernier.

C’est un bon job.

Taf a logiquement donné le verbe taffer, c’est-à-dire travailler. Le verbe que les Français utilisent presque exclusivement est bosser (qui vient sans doute de bosse, c’est à dire être courbé sur le travail). Travailler beaucoup, s’activer sans s’arrêter se dit ne pas chômer.

En ce moment, au boulot, on (ne) chôme pas.

À l’inverse, ne rien faire, perdre son temps, c’est glander (d’où le mot glandeur, personne qui ne fait rien).

Dans l’entreprise, le supérieur hiérarchique, c’est le chef (les étudiants étrangers pensent généralement que ce titre n’est attribué qu’à celui qui dirige une cuisine et ce n’est pas du tout le cas). D’une façon familière, les employés se réfèrent souvent à lui en employant l’anglicisme le boss, voire le big boss.

En ce moment, le chef, il est vraiment de mauvaise humeur !

Le (big) boss veut tous nous réunir demain matin.

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Emplois du pronom personnel ON

En français, le pronom on est très utilisé et il est important d’en connaître la signification. Il remplace très souvent le pronom nous :

Cet été, on ira en Estrémadure = cet été, nous irons en Estrémadure.

Attention ! il faut distinguer la signification du pronom on de son modèle de conjugaison : si on signifie généralement nous, le verbe qui le suit est conjugué à la troisième personne du singulier et non à la première du pluriel.

Vous ne pourrez donc surtout pas dire :

Cet été, on irons en Estrémadure.

On peut aussi être un pronom indéfini utile pour exprimer des généralités :

On mange bien dans ce restaurant (c’est à dire : tout le monde mange bien dans ce restaurant).

Et l’inconnu :

On frappe à la porte (qui ? je ne sais pas.)

Doit-on dire on ou l’on ? La présence de l’article l’devant on n’a rien d’obligatoire et elle est plus fréquente dans l’usage soutenu que dans le registre courant. Il s’agit d’une trace de l’ancien français : on était à l’origine un nom, qui signifiait « homme» et on le faisait précéder, tout comme les autres noms, de l’article. Mais l’on est aussi très utile pour éviter l’hiatus, que les Français détestent, comme nous l’avons vu dans un précédent post :

« Si l’on veut » équivaut à « Si on veut », mais est plus « agréable » aux oreilles françaises !

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Les mots composés d’un redoublement d’une syllabe en français

Certains mots du langage enfantin ou familier sont composés d’une syllabe répétée. Parfois, le mot comporte le redoublement de la syllabe initiale du mot d’origine : cracra vient de la première syllabe de crasseux.

Laissons de côté le langage enfantin, que vous n’aurez probablement pas l’occasion d’utiliser dans un contexte professionnel ! Disons seulement que lolo est le lait, tonton et tata, l’oncle et la tante, joujou, un jouet, coco, un œuf, faire dododormir (comme dans la célèbre berceuse), et doudou, l’objet qui réconforte un enfant (probablement du redoublement du mot doux).

Le mot bonbon est un faux ami pour les hispanophones et les catalanophones. L’origine du mot est évidemment un redoublement du mot bon mais il désigne une sucrerie et non un chocolat ! Un gogo est une personne trop crédule qu’il est facile de duper ; il est fabriqué à partir du verbe familier gober : avaler mais aussi au figuré croire aveuglément. Les chichis sont une attitude maniérée ; l’expression est généralement utilisée dans une phrase à la négation : « Ne faisons pas de chichis ! », c’est-à-dire : « Faisons tout cela simplement ! ».

Il existe beaucoup de mots formés sur le même modèle et vous pourrez en trouver un liste bien remplie sur Wikipédia !

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Les faux anglicismes du français

Certains mots utilisés en français semblent venir de l’anglais alors qu’il n’en est rien !

Prenez l’exemple de pipole (avec tous ses dérivés, pipolisation, pipoliser, etc.) qui signifie en français « vedette » (qui a donné l’expression « presse pipole » pour désigner la presse qui s’intéresse à la vie privée des célébrités). Pipole trouve bien son origine dans people mais il en est le contresens puisque people signifie « les gens ».

Mais certains mots français aux consonances anglaises n’existent même pas dans la langue de Shakespeare ! Ainsi, recordman, babyfoot ou tennisman n’ont aucun sens en anglais ! Ce sont simplement des mots inventés « pour faire anglais ». Les pseudo anglicismes sont en effet parfois plein de snobisme !

Mais si tennisman n’existe pas en anglais, le mot tennis, qu’on croit anglais, ne l’est pas ! Tennis vient de l’ancien français : c’était l’exclamation qu’on criait à son adversaire au moment de lancer la balle au jeu de paume (c’est à dire : « Tenez ! »). En effet, il ne faut pas oublier que le français a longtemps été la langue de l’aristocratie anglaise (la meilleure preuve en est que l’adage de la monarchie anglaise est, en français : « Dieu et mon droit »). Une part importante du lexique anglais vient donc du français.

En somme, comme au tennis on se renvoie la balle, les Français ont lancé « tennis » aux Anglais, qui le leur ont relancé quelques siècles plus tard !

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Molière à l’origine de nombreuses expressions du français courant (2)

Il y a déjà quelques mois, nous avions vu quelques expressions françaises directement tirées de pièces de théâtre de Molière. Il en existe d’autres !

Martine, congédiée par sa maîtresse Philamine au motif qu’elle fait des fautes de grammaire, pense que cela n’est qu’un prétexte : « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage » (Les femmes savantes). Certes, l’expression proverbiale existait avant Molière sous une autre forme (« Qui bon chien veut tuer, la raige li met seure »), mais c’est bien celle de Molière qui est aujourd’hui couramment employée quand on veut laisser entendre qu’un prétexte est utilisé pour se débarrasser de quelqu’un.

Dans le Bourgeois gentilhomme, M. Jourdain se réjouit de découvrir que, tout langage étant classé soit en prose soit en vers, il fait depuis toujours de la prose sans le savoir. « Faire de la prose sans le savoir » est donc aujourd’hui une manière d’expliquer avec humour que l’on a réussi dans une activité mais par hasard et sans l’avoir voulu.

Enfin, « le petit chat est mort » révèle une naïveté excessive et une ignorance des affaires du monde. C’est la réponse d’Agnès à Arnolphe dans L’école des femmes. Ce dernier a recueilli cette jeune fille pauvre et l’a fait élever dans un couvent pour mieux l’isoler et la marier. Un jour, alors qu’il lui rend visite et lui demande ce qui s’est passé dernièrement, Agnès lui répond innocemment « Le petit chat est mort ».

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Comment prononcer le « h » en français 

Mais à quoi sert donc le en français ? On ne le prononce jamais ! La situation se complique quand on sait qu’il existe en français deux type de h : le h aspiré et le h muet.  Les Français semblent parfois bien tordus : pourquoi inventer deux variantes à un son qui n’existe pas ? C’est que, si le h ne se prononce pas, il a pourtant des conséquences sur l’élision et la liaison : un h aspiré les interdit alors qu’un h muet l’autorise :

Le hameau et Les hameaux (sans liaison).

L’heure et Les heures (avec liaison).

Comment savoir si le h est aspiré ou muet ? En général, si le mot est importé et possède un son h articulé dans sa langue d’origine (les langues germaniques, l’anglais et les langues orientales notamment), le h sera conservé dans l’orthographe française, et sera aspiré (mais ne sera plus articulé, comme on vient de le voir). Mais de nombreux mots d’origine étrangère finissent, avec l’usage, par perdre leur h aspiré. C’est le cas par exemple de handicap, qui vient de l’expression anglaise hand in cap, signifiant « main dans le chapeau ». Beaucoup de francophones prononcent aujourd’hui :

L’handicapé et Les handicapés (avec liaison).

Il n’existe donc pas de truc infaillible pour savoir si le h à l’initiale est muet ou aspiré. La meilleure solution, en français langue étrangère, c’est de le mémoriser pour chaque mot !

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La place de l’adverbe en français

Nous avions déjà vu que la langue française n’est pas aussi flexible que l’espagnol ou le catalan pour la place de ses adjectifs. Elle ne l’est pas plus pour la place de ses adverbes. Mais dans un sens, on pourrait dire qu’elle respecte strictement l’étymologie du mot : ad/verbe, c’est-à-dire qui accompagne le verbe, qui s’ajoute à lui. Voilà pourquoi sa place naturelle est après le verbe.

Les adverbes de quantité (beaucoup, trop, peu, etc.), de temps (parfois, jamais, toujours, etc.) et de manière (mal, bien, etc.) doivent être placés immédiatement après le verbe.

Je bois beaucoup quand je fais du sport.

Cette campagne est remarquablement bien réussie.

Attention : pour le temps verbaux composés, vous devez donc placer l’adverbe après l’auxiliaire (c’est lui qui subit la flexion).

Il est toujours arrivé en retard à ses rendez-vous.

De toute façon, il ne vous sera pas possible de les antéposer au verbe, à moins que cela soit un procédé stylistique comme dans le vers de Charles Baudelaire :

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

Il reste que les adverbes qui complètent une phrase entière, eux, seront placés soit en début soit en fin de phrase.

Demain, nous irons à la plage.

Nous irons à la plage demain.

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L’accent circonflexe en français

Si l’accent circonflexe est apparu à la Renaissance, il est employé systématiquement dans la langue française depuis le XVIIIème siècle. Jusqu’à cette époque, on continuait d’écrire certains s placés devant une autre consonne et ceci même s’ils ne se prononçaient plus en français. Lors de l’édition du dictionnaire de l’Académie française en 1740, il a été décidé que ces s seraient supprimés de la graphie. Mais les Français, peut-être excessivement nostalgiques, ont décidé de noter cette disparition par un accent circonflexe sur la voyelle précédente.

 

C’est donc ainsi que teste est devenu tête, hospital, hôpital, bastir, bâtir, etc. Connaitre l’origine de cet accent est donc très utile à tous les locuteurs de langues romanes qui, elles, ont conservé le s car il est encore prononcé. Si un mot possédant un accent circonflexe vous pose des difficultés de compréhension, il suffira donc d’essayer d’ajouter un s derrière la voyelle pour retrouver en principe le mot d’une langue latine. Ainsi, Pâques donne naturellement Pasques, c’est-à-dire Pascua en espagnol. Mais attention ! les s devant consonnes n’ont pas tous disparu parce que certains continuent de se prononcer… Ainsi, on écrit fête mais festin et festoyer.

Enfin, on utilise aussi l’accent circonflexe comme signe diacritique, c’est-à-dire pour distinguer des homophones : sûr et sur, et du, mûr et mur, etc.

Pour terminer, notons que, depuis la réforme de la simplification de l’orthographe officiel du français de 1990, le circonflexe a disparu du i et du u (excepté si sa disparition peut entraîner une ambigüité, comme dans / du par exemple).

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Le mot vache et ses dérivés en langue familière

Vache

 

 

La vache, comme on sait est la femelle du taureau. Cet animal paisible et indolent nous donne son lait et sa viande, n’en déplaise aux végétariens. Mais elle donne lieu à une série de mots ou d’expressions très utilisés, surtout à l’oral.

Une vache est aussi une personne méchante (on dit aussi une peau de vache) ; dans cette acception, le mot peut d’ailleurs devenir adjectif :

Mon chef, quelle vache !

Mon chef est une peau de vache.

Mon chef, il a été vache avec moi.

Cela a aussi donné le mot vacherie, c’est à dire méchanceté :

Leur relation est pour le moins particulière : ils s’aiment et pourtant ils n’arrêtent pas de se dire des vacheries !

Au pluriel et souvent dans une phrase exclamative, les vaches désigne un sujet plus ou moins déterminé dont on se plaint :

Ah ! les vaches ! ils ne m’ont pas prévenu !

Mais l’utilisation la plus fréquente revient sûrement aux expressions La vache ! et vachement. La vache ! peut exprimer tour à tour la surprise :

– (après s’être caché et apparaissant soudainement) Bouh !

– Oh ! la vache ! tu m’as fait peur !

l’indignation :

Trois heures pour obtenir une réponse à l’accueil ! La vache ! C’est pas possible !

ou l’admiration :

– Regarde ! J’ai acheté un nouveau manteau !

– La vache !

Dans la langue familière, vachement remplace très ou beaucoup :

C’est vachement important.

Depuis notre arrivée, il pleut vachement.

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Le mot Ménage et ses dérivés

Beaucoup d’étrangers connaissent et s’amusent de l’expression « ménage à trois », mais le mot ménage est à l’origine de toute une famille de mots beaucoup plus fréquents que cette locution. En voici quelques-uns seulement.

Le mot Ménage et ses dérivésMénage a deux principales acceptions ; la première est « maison, intérieur ». De là dérive notamment le groupe :

  • aménager : préparer en vue d’un usage déterminé ; par exemple, aménager sa maison, mais aussi aménager le temps de travail, etc.
  • déménager : transporter des objets d’un logement à un autre, puis, par extension, changer de logement (attention ! le verbe déménager n’est jamais pronominal !)
  • emménager : s’installer dans un nouveau logement

Cela a également donné « faire le ménage », c’est à dire nettoyer et ranger un logement, puis « femme de ménage ». La ménagère est la femme qui s’occupe du ménage, c’est à dire de la maison. Le verbe (se) ménager signifie employer avec mesure, en essayant d’épargner ses forces ou sa vie (ou celles d’un autre, comme dit le dicton : « Qui veut voyager loin ménage sa monture »)

Ménage signifie également « vie en commun d’un couple ». De cette acception viennent les expressions : « Ménage avec ou sans enfant », « scène de ménage », et… « ménage à trois », qui, comme vous l’aurez remarqué, est un oxymore puisqu’un ménage est par définition constitué de deux personnes !

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