La famille lexicale du mot « Affaire » (2)

Nous continuons aujourd’hui à voir ensemble les nombreuses expressions autour du mot affaire. Lorsque le mot est utilisé au pluriel, il renvoie presque toujours au commerce, au négoce, aux contrats qui lient une entreprise à une autre.

Nous faisons des affaires avec l’entreprise X depuis bientôt vingt ans (nous avons des relations commerciales client-fournisseur avec l’entreprise X).

(Il faudra donc distinguer cette expression de « faire affaire avec », voir notre précédent article).

Très souvent l’agent commercial doit faire un « voyage pour affaires » ou un « voyage d’affaires » afin de « parler affaires » (noter l’absence d’article dans l’expression), c’est à dire entreprendre des négociations. Ce sera pour lui l’occasion d’établir ou de consolider une « relation d’affaires ».

Le chiffre d’affaires (ou CA) est la somme des ventes de biens ou de services d’une entreprise sur un exercice comptable.

Les affaires renvoient aussi à toute chose concernant l’intérêt public : Le ministère des affaires étrangères, les affaires de l’État, etc.

Enfin, affaires au pluriel désigne également les effets personnels ; il est généralement introduit par un article possessif :

Il n’aime pas prêter ses affaires (il n’aime pas prêter les objets qui lui appartiennent).

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La famille lexicale du mot « Affaire » (1)

Il existe de nombreuses expressions autour du mot affaire ; elles sont toutes très fréquentes dans le français quotidien et… dans le français des affaires (ici mettre la traduction entre parenthèses) !

Lorsque le mot affaire est utilisé au singulier, il faut d’abord distinguer « faire affaire avec » de « faire l’affaire » :

Nous avons finalement fait affaire avec la société X (nous avons finalement négocié et conclu un accord avec la société X).

Si vous n’avez pas d’agrafeuse, du scotch fera l’affaire (c’est à dire qu’il conviendra).

La locution « avoir affaire à » signifie que vous avez eu une relation, un contact avec une personne en vue de négocier par exemple :

Pour négocier le renouvellement du contrat, j’ai eu affaire à l’adjoint du directeur financier.

Une affaire peut être, selon le contexte, un ennui, une situation délicate voire un scandale (pensez à l’affaire Dreyfus à la fin du XIXème siècle ou à l’affaire Gürtel par exemple), ou une opportunité (acheter un objet pour la moitié de sa valeur est donc une affaire). En cas de problème, vous pourrez d’ailleurs en faire votre affaire, c’est à dire vous en charger personnellement.

Ne soyez donc pas influencé par l’anglais, qui utilise le mot français affaire pour les relations extraconjugales : ce n’est pas du tout le cas en français (on parlerait plutôt d’une aventure, ce qui, convenons-en, est beaucoup plus romantique…).

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Les pseudo anglicismes en français

Certains mots utilisés en français semblent venir de l’anglais alors qu’il n’en est rien !

Prenez l’exemple de pipole (avec tous ses dérivés, pipolisation, pipoliser, etc.) qui signifie en français « vedette » (qui a donné l’expression « presse pipole » pour désigner la presse qui s’intéresse à la vie privée des célébrités). Pipole trouve bien son origine dans people mais il en est le contresens puisque people signifie « les gens ».

Mais certains mots français aux consonances anglaises n’existent même pas dans la langue de Shakespeare ! Ainsi, recordman, babyfoot ou tennisman n’ont aucun sens en anglais ! Ce sont simplement des mots inventés « pour faire anglais ». Les pseudo anglicismes sont en effet parfois plein de snobisme !

Un bon bonbonMais si tennisman n’existe pas en anglais, le mot tennis, qu’on croit anglais, ne l’est pas ! Tennis vient de l’ancien français : c’était l’exclamation qu’on criait à son adversaire au moment de lancer la balle au jeu de paume (c’est à dire : « Tenez ! »). En effet, il ne faut pas oublier que le français a longtemps été la langue de l’aristocratie anglaise (la meilleure preuve en est que l’adage de la monarchie anglaise est, en français : « Dieu et mon droit »). Une part importante du lexique anglais vient donc du français.

En somme, comme au tennis on se renvoie la balle, les Français ont lancé « tennis » aux Anglais, qui le leur ont relancé quelques siècles plus tard !

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La légende de l’interdiction des courriels professionnels après 18 heures en France

En avril dernier, le quotidien Le Monde révélait que, selon The Guardian, une nouvelle loi française interdisait les courriels professionnels en dehors des heures de travail ! Cette nouvelle était totalement fausse !

« Les Français ont rendu le travail après 18 heures illégal. Après s’être rendu compte que leurs patrons parvenaient à envahir leur vie privée grâce aux smartphones à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, faisant exploser le nombre d’heures travaillées bien au-delà des trente-cinq heures introduites en 1999, les syndicats contre-attaquent. » L’article du Guardian était en fait une chronique de Lucy Mangan, qui n’avait pas fait d’enquête et reprenait, en le déformant, un article des Échos.

Siroter un verre de Sancerre« Pendant que nous voyons arriver de nouvelles heures supplémentaires ou nuits de boulot, de l’autre côté de la Manche ils sirotent du Sancerre et se préparent à profiter au moins de la seconde moitié d’un cinq à sept avant de rentrer chez eux savourer leur semaine de cent trente-trois heures… de vie personnelle. »

En réalité, il s’agissait d’un accord syndical de la branche des sociétés d’ingénierie et de conseil et des bureaux d’études. Les salariés concernés ne sont pas soumis aux durées légales maximales quotidiennes (dix heures) et hebdomadaires (trente-cinq heures) de temps de travail. Ils sont sous le régime du forfait jours, ces contrats appliqués aux salariés autonomes décomptant le temps de travail non en heures mais en jours. Au final, seuls 200 000 à 250 000 salariés (26 % de la branche) sont visés par cet accord !

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Apprendre le français pour améliorer son anglais !

On le sait peu : au moins 40% du lexique anglais vient du français. Quand Guillaume le Conquérant envahit l’Angleterre en 1066, le français devient la langue de la cour, de l’administration et des élites ; il restera la langue officielle jusqu’au milieu du XVème siècle.

De « to pay » (payer) à « debt » (dette) en passant par « enterprise » (entreprise) et « entrepreneur » ou « money » (argent, de « monoie » puis « monnaie »), même dans le lexique économique et financier, l’influence du français sur l’anglais se fait sensible.

Français AnglaisLes Français croient même parfois emprunter un mot anglais alors que c’est un mot d’origine française ! C’est le cas de « bacon » ou de « tennis ». « Bacon » signifiait en ancien français « viande de porc » ; dans l’ancien jeu de paume (l’ancêtre du tennis), le serveur avait pour habitude d’annoncer son envoi en prononçant « Tenez ! », prononcé alors « tenets ». Les Anglais l’ont ensuite légèrement déformé pour dire finalement « tennis ».

On met souvent en concurrence l’anglais et le français alors qu’ils sont finalement plus proches qu’ils n’en ont l’air (phonétiquement ils sont, c’est vrai, à l’opposé l’un de l’autre). En somme, et ce n’est pas du tout une exagération : apprendre le français aide à améliorer son anglais !

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