Emplois du pronom personnel ON

En français, le pronom on est très utilisé et il est important d’en connaître la signification. Il remplace très souvent le pronom nous :

Cet été, on ira en Estrémadure = cet été, nous irons en Estrémadure.

Attention ! il faut distinguer la signification du pronom on de son modèle de conjugaison : si on signifie généralement nous, le verbe qui le suit est conjugué à la troisième personne du singulier et non à la première du pluriel.

Vous ne pourrez donc surtout pas dire :

Cet été, on irons en Estrémadure.

On peut aussi être un pronom indéfini utile pour exprimer des généralités :

On mange bien dans ce restaurant (c’est à dire : tout le monde mange bien dans ce restaurant).

Et l’inconnu :

On frappe à la porte (qui ? je ne sais pas.)

Doit-on dire on ou l’on ? La présence de l’article l’devant on n’a rien d’obligatoire et elle est plus fréquente dans l’usage soutenu que dans le registre courant. Il s’agit d’une trace de l’ancien français : on était à l’origine un nom, qui signifiait « homme» et on le faisait précéder, tout comme les autres noms, de l’article. Mais l’on est aussi très utile pour éviter l’hiatus, que les Français détestent, comme nous l’avons vu dans un précédent post :

« Si l’on veut » équivaut à « Si on veut », mais est plus « agréable » aux oreilles françaises !

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E caduc en français et assimilation régressive

Aujourd’hui, un sujet un peu technique et donc un peu délicat ! On distingue en phonétique deux types de consonnes : les sonores, qu’on produit en utilisant les cordes vocales, et les sourdes, pour lesquelles nous n’utilisons pas les cordes vocales. En général, à chaque consonne sourde correspond une version sonore et inversement.

Consonne sonore Consonne sourde
B (Banane)

D (Danemark)

V (Vous)

Z (Zanzibar)

J (Janvier)

G (Galapagos)

P (Patate)

T (Toronto)

F (France)

S (Suisse)

CH (Chanter)

K (Cameroun)

En français, il est fréquent que disparaisse à l’oral le e dit caduc ou muet (sauf dans le sud de la France) ; cette disparition met alors en contact deux consonnes.

Ex. : « Je peux » est prononcé « j’peux » ; « je veux » : « j’veux »

Mais, il est impossible de prononcer une consonne sonore suivie d’une consonne sourde ou une consonne sourde suivie d’une consonne sonore : deux consonnes de nature différente ne peuvent pas être prononcées à la suite. Il est donc nécessaire de modifier la nature d’une des deux consonnes : en français, c’est généralement la deuxième qui influence la première et qui lui donne sa nature.

  • Dans « j’peux », « j » est sonore et « p » est sourd ; il faut donc faire une modification. Le « p » va donner sa nature au « j », c’est à dire que nous devons prononcer la version sourde de « j », qui est « ch ». Phonétiquement, « j’peux » sera donc « chpeux».
  • Dans « j’veux», « j » est sonore et « v » l’est aussi. Il n’y a donc aucun problème, les deux consonnes peuvent se prononcer à la suite sans aucune modification.

 

 

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Les mots composés d’un redoublement d’une syllabe en français

Certains mots du langage enfantin ou familier sont composés d’une syllabe répétée. Parfois, le mot comporte le redoublement de la syllabe initiale du mot d’origine : cracra vient de la première syllabe de crasseux.

Laissons de côté le langage enfantin, que vous n’aurez probablement pas l’occasion d’utiliser dans un contexte professionnel ! Disons seulement que lolo est le lait, tonton et tata, l’oncle et la tante, joujou, un jouet, coco, un œuf, faire dododormir (comme dans la célèbre berceuse), et doudou, l’objet qui réconforte un enfant (probablement du redoublement du mot doux).

Le mot bonbon est un faux ami pour les hispanophones et les catalanophones. L’origine du mot est évidemment un redoublement du mot bon mais il désigne une sucrerie et non un chocolat ! Un gogo est une personne trop crédule qu’il est facile de duper ; il est fabriqué à partir du verbe familier gober : avaler mais aussi au figuré croire aveuglément. Les chichis sont une attitude maniérée ; l’expression est généralement utilisée dans une phrase à la négation : « Ne faisons pas de chichis ! », c’est-à-dire : « Faisons tout cela simplement ! ».

Il existe beaucoup de mots formés sur le même modèle et vous pourrez en trouver un liste bien remplie sur Wikipédia !

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Comment exprimer l’hypothèse en français

Les étudiants en français langue étrangère connaissent généralement l’emploi du si pour lequel on distingue trois cas :

  1. Si + présent/passé composé + présent, futur ou impératif

Si tu as le temps, tu peux venir.

Si tu as le temps, tu viendras nous voir ?

Si tu as le temps, viens nous voir.

Si tu as fini, tu peux sortir.

  1. Si + imparfait + conditionnel présent

S’il faisait beau demain, on pourrait aller pique-niquer.

  1. Si + plus-que-parfait + conditionnel passé

Si tu étais venu, tu aurais pu rencontrer Mario. (mais tu n’es pas venu et c’est maintenant trop tard)

Mais il existe d’autres manières d’exprimer la condition et l’hypothèse, que les étudiants oublient souvent :

  • Au cas où + conditionnel (présent ou passé)

La principale difficulté, ici, pour les hispanophones et les catalanophones est d’employer le conditionnel et non le subjonctif, comme ils ont tendance à le faire (influence de leur langue maternelle) :

Au cas où tu aurais perdu mon adresse, je te redonne mes coordonnées.

  • A condition que, pourvu que + subjonctif

Je veux bien te prêter ma voiture à condition que tu sois prudent.

La conjonction à condition que se transforme en à condition de si le sujet des verbes des deux propositions est le même :

Pierre fera ce travail à condition d’avoir le temps. (le sujet à « faire ce travail » et à « avoir le temps », c’est Pierre).

  • Le gérondif

On utilise aussi très souvent le gérondif :

En cherchant bien, tu la retrouveras, cette bague !

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Le discours indirect en français (1)

Il est fréquent de répéter les propos de quelqu’un, c’est ce qu’on appelle en grammaire le discours indirect. Celui-ci pose généralement un problème au locuteur : il lui faut modifier la syntaxe de la phrase originelle.

Une première transformation concerne le type de phrase. Pour introduire une phrase déclarative, on utilise « que ».

Je vous remettrai le dossier demain matin.

Je lui ai dit que je lui remettrais le dossier demain matin.

Pour introduire une question fermée, on utilise « si ».

Vous pouvez m’envoyer le devis avant mardi ?

Je lui demande s’il peut m’envoyer le devis avant mardi.

Pour introduire une question ouverte, on reprend le mot interrogatif.

Où achetez-vous ces produits ?

Je lui ai demandé où elle achetait ces produits.

Pour introduire une question avec « quoi », « que » ou « qu’est-ce que » on utilise « ce que ».

Tu fais quoi ?

Il lui demande ce qu’elle fait.

Que voulez-vous dire ? Qu’est-ce que vous voulez dire ?

Je vous demande ce que vous voulez dire.

Enfin, pour introduire une phrase à l’impératif, on utilise la préposition « de ».

Asseyez-vous !

Il m’a demandé de m’asseoir.

À cette première transformation, il faudra ajouter celle des marqueurs temporels (par exemple, ce jour-là pour aujourd’hui, la veille pour hier ou le lendemain pour demain) et les pronoms sujets ainsi que les adjectifs possessifs et démonstratifs.

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Les expressions avec « ailleurs »

De nombreux d’apprenants en français confondent trois expressions qui se ressemblent beaucoup, car elles sont construites à partir du même mot : ailleurs ; ce sont « ailleurs », « par ailleurs » et « d’ailleurs ».

« Ailleurs » est un adverbe qui signifie « en un autre lieu », ce qui pourrait se traduire par :

Le restaurant où nous avons l’habitude d’aller était complet, nous sommes donc allés ailleurs.

« Par ailleurs » et « d’ailleurs » sont des connecteurs logiques. Ce sont ces deux expressions qui posent le plus de difficultés.« En outre » ou « d’autre part » sont des synonymes de « par ailleurs ». Cette locution introduit un complément d’information à une affirmation.

L’inscription au club de ping-pong vous permet d’accéder à toutes les installations sportives. Par ailleurs, grâce à elle, vous bénéficierez d’une réduction dans le magasin de sport du quartier.

« D’ailleurs », lui, vient renforcer l’affirmation donnée précédemment :

Il est vrai qu’il aime écrire. D’ailleurs, c’est assez normal puisqu’il vient d’une famille d’écrivains.

Bien que nous continuions à travailler durant le mois de juillet, les vacances de notre blog commencent dès aujourd’hui. Nous vous souhaitons à tous et à toutes un excellent été et espérons vous retrouver dès le début du mois de septembre !

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Les faux anglicismes du français

Certains mots utilisés en français semblent venir de l’anglais alors qu’il n’en est rien !

Prenez l’exemple de pipole (avec tous ses dérivés, pipolisation, pipoliser, etc.) qui signifie en français « vedette » (qui a donné l’expression « presse pipole » pour désigner la presse qui s’intéresse à la vie privée des célébrités). Pipole trouve bien son origine dans people mais il en est le contresens puisque people signifie « les gens ».

Mais certains mots français aux consonances anglaises n’existent même pas dans la langue de Shakespeare ! Ainsi, recordman, babyfoot ou tennisman n’ont aucun sens en anglais ! Ce sont simplement des mots inventés « pour faire anglais ». Les pseudo anglicismes sont en effet parfois plein de snobisme !

Mais si tennisman n’existe pas en anglais, le mot tennis, qu’on croit anglais, ne l’est pas ! Tennis vient de l’ancien français : c’était l’exclamation qu’on criait à son adversaire au moment de lancer la balle au jeu de paume (c’est à dire : « Tenez ! »). En effet, il ne faut pas oublier que le français a longtemps été la langue de l’aristocratie anglaise (la meilleure preuve en est que l’adage de la monarchie anglaise est, en français : « Dieu et mon droit »). Une part importante du lexique anglais vient donc du français.

En somme, comme au tennis on se renvoie la balle, les Français ont lancé « tennis » aux Anglais, qui le leur ont relancé quelques siècles plus tard !

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Molière à l’origine de nombreuses expressions du français courant (2)

Il y a déjà quelques mois, nous avions vu quelques expressions françaises directement tirées de pièces de théâtre de Molière. Il en existe d’autres !

Martine, congédiée par sa maîtresse Philamine au motif qu’elle fait des fautes de grammaire, pense que cela n’est qu’un prétexte : « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage » (Les femmes savantes). Certes, l’expression proverbiale existait avant Molière sous une autre forme (« Qui bon chien veut tuer, la raige li met seure »), mais c’est bien celle de Molière qui est aujourd’hui couramment employée quand on veut laisser entendre qu’un prétexte est utilisé pour se débarrasser de quelqu’un.

Dans le Bourgeois gentilhomme, M. Jourdain se réjouit de découvrir que, tout langage étant classé soit en prose soit en vers, il fait depuis toujours de la prose sans le savoir. « Faire de la prose sans le savoir » est donc aujourd’hui une manière d’expliquer avec humour que l’on a réussi dans une activité mais par hasard et sans l’avoir voulu.

Enfin, « le petit chat est mort » révèle une naïveté excessive et une ignorance des affaires du monde. C’est la réponse d’Agnès à Arnolphe dans L’école des femmes. Ce dernier a recueilli cette jeune fille pauvre et l’a fait élever dans un couvent pour mieux l’isoler et la marier. Un jour, alors qu’il lui rend visite et lui demande ce qui s’est passé dernièrement, Agnès lui répond innocemment « Le petit chat est mort ».

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Comment prononcer le « h » en français 

Mais à quoi sert donc le en français ? On ne le prononce jamais ! La situation se complique quand on sait qu’il existe en français deux type de h : le h aspiré et le h muet.  Les Français semblent parfois bien tordus : pourquoi inventer deux variantes à un son qui n’existe pas ? C’est que, si le h ne se prononce pas, il a pourtant des conséquences sur l’élision et la liaison : un h aspiré les interdit alors qu’un h muet l’autorise :

Le hameau et Les hameaux (sans liaison).

L’heure et Les heures (avec liaison).

Comment savoir si le h est aspiré ou muet ? En général, si le mot est importé et possède un son h articulé dans sa langue d’origine (les langues germaniques, l’anglais et les langues orientales notamment), le h sera conservé dans l’orthographe française, et sera aspiré (mais ne sera plus articulé, comme on vient de le voir). Mais de nombreux mots d’origine étrangère finissent, avec l’usage, par perdre leur h aspiré. C’est le cas par exemple de handicap, qui vient de l’expression anglaise hand in cap, signifiant « main dans le chapeau ». Beaucoup de francophones prononcent aujourd’hui :

L’handicapé et Les handicapés (avec liaison).

Il n’existe donc pas de truc infaillible pour savoir si le h à l’initiale est muet ou aspiré. La meilleure solution, en français langue étrangère, c’est de le mémoriser pour chaque mot !

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Introduire la conséquence avec « AUSSI »

Aussi est un des premiers mots que l’apprenant rencontre et mémorise lors de la classe de français :

J’aime la musique reggae, et toi ?

Moi aussi.

Mais aussi a une autre signification que l’immense majorité des étudiants ignorent : c’est un connecteur logique introduisant la conséquence :

Il avait manqué son train, aussi il est arrivé en retard (ou : il avait manqué son train, aussi est-il arrivé en retard).

Ce connecteur appartient au registre de la langue soutenue et est donc peu utilisé à l’oral.

Le problème est que la signification de aussi diffère selon sa place dans la phrase : situé après le verbe, c’est un synonyme de également ; à l’attaque de la phrase, il signifie par conséquent, donc.

J’ai aussi été au supermarché = j’ai été aussi au supermarché = j’ai été au supermarché aussi.

Mais :

Aussi, j’ai été au supermarché.

Une erreur des hispanophones et des catalanophones est d’imiter la syntaxe de leur langue. También et també se traduisent par aussi et peuvent être placés n’importe où dans la phrase ; il est cependant fréquent qu’ils soient situés à son commencement. L’étudiant traduisant littéralement aura donc tendance à commencer sa phrase par aussi sans se rendre compte que la signification change alors. Soyez donc vigilant au moment d’utiliser aussi !

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